VIDEO - Université bloquée : incidents à Tolbiac, six personnes toujours en garde à vue

DirectLCI
TENSIONS - Des jets de fumigènes et de torches ont eu lieu devant l’Université de Tolbiac, dans le 13e arrondissement, dans la nuit de vendredi à samedi. Six personnes ont été interpellées et placées en garde à vue. La faculté est bloquée depuis le 26 mars.

Des cris, des fumigènes... Dans la nuit de vendredi à samedi, des échauffourées ont eu lieu près de la fac de Tolbiac, dans le 13e arrondissement de Paris, déclenchées par des jeunes casqués qui ont lancé des projectiles contre des étudiants occupant ce site.  Six personnes ont été interpellées et placées en garde à vue.  Garde à vue qui ont été prolongées samedi soir. L'enquête pour violences volontaires en réunion et participation à un groupement préparant des violences ou des dégradations a été confiée au service de l'accueil et de l'investigation de proximité (SAIP) du XIIIe arrondissement.


Ces échauffourées, qui ont duré moins de 15 minutes et n'ont pas fait de blessé, ont eu lieu peu après 23 h , selon une source policière et la présidence de l'université de Paris-1 Panthéon Sorbonne.  La vidéo d’une journaliste des Echos, postée sur Twitter, montre des nuages de fumée et des hurlements. Dans son tweet, la journaliste indique que des "jeunes avec des casques de scooter balancent des torches et fusées de détresse sur les étudiants dans la fac".

"Entre 20 et 30 personnes anti-blocage se sont présentées devant le centre Tolbiac-Pierre-Mendès-France, avec des bâtons, des battes de base-ball et des fumigènes", a expliqué un responsable de l'université. "Ils ont lancé des bouteilles en verre et des fumigènes dans le centre dont les grilles étaient fermées. Beaucoup d'étudiants et d'étudiantes ont été choqués par cette situation". 


"L'université condamne très fermement ces actes de violence venus de l'extérieur et regrette la situation au site Pierre-Mendès-France qui dépasse le cadre d'une mobilisation étudiante classique", a dit la présidence de l'université, qui se dit "très inquiète". Environ 300 personnes se trouvaient vendredi soir sur le site de Tolbiac.

Sur Twitter, des étudiants mobilisés ont rapidement fait le parallèle avec les incidents survenus il y a quelques jours à Montpellier, où des militants d'extrême-droite s'en étaient pris physiquement à des étudiants de la fac de droit qui occupaient un amphithéâtre.

Selon Louis, un étudiant de Tolbiac, qui occupe l'université depuis deux semaines, "ces jeunes casqués voulaient vraiment rentrer dans la fac". Interrogé par l'AFP, il pointe du doigt "des membres de groupuscules d'extrême droite". Ils sont partis à l'arrivée de la police et parce qu'ils étaient "à cours de projectiles".

L’université de Tolbiac, tout comme celle de Clignancourt (Paris-4) est bloquée depuis plusieurs jours, par des étudiants et de militants opposés à la loi sur les nouvelles modalités d'accès à l'université, qui instaure selon eux "la sélection". Dans un entretien au Parisien, le président de Paris 1 Georges Haddad s’est dit "inquiet" face à l’occupation de Tolbiac et craint que la faculté ne se transforme en "ZAD universitaire".  Cette faculté a voté mardi en assemblée générale le "blocage illimité" dans le cadre du mouvement contre la loi sur l'entrée à l'université, accusée par ses opposants d'instaurer un système de sélection. Selon la présidence, ces 300 personnes ne sont cependant pas toutes des étudiants de Paris-1: "certaines viennent d'autres universités, voire ne seraient pas étudiants". 

Jeudi, des étudiants ont suscité un petit "buzz", en diffusant la "première auto-conférence de l'auto-média de la commune libre de Tolbiac". Scène un peu surréaliste, où trois étudiants, masqués, et un chien, ont pris la parole, pour expliquer les raisons de l’occupation de la fac. 

Pêle-mêle, ils demandent "la démission de Macron, le retrait de la loi ORE [Orientation et réussite des étudiants]", ou annoncent encore le "soutien au peuple kurde." Ils expliquent aussi le pourquoi des masques qu'ils portent : "Nous avons décidé de ne pas avoir de porte-parole, de ne pas avoir d'individualité qui pourrait se dégager de Tolbiac, pour pouvoir porter une parole commune".

En vidéo

Comment se passe le blocage de Tolbiac

Pour la Fage, premier syndicat étudiant, le mouvement de contestation en cours dans une dizaine de facs de France relève d'une certaine "instrumentalisation". C’est ce qu’a affirmé vendredi soir sur BFM Jimmy Losfeld, le président du syndicat. Pour lui, la contestation ne procède pas d'"un rassemblement spontané" et relève d'une "instrumentalisation parce qu'il y a un contexte politique qui n'est pas anodin". Il a évoqué une volonté d'organisations d'extrême gauche de parvenir à une "convergence des luttes" sociales en France.

Plus d'articles

Sur le même sujet

Lire et commenter