Viol présumé au 36, quai des Orfèvres : la Canadienne qui accuse les policiers témoigne face caméra

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FAIT DIVERS – Emily Sponton, touriste canadienne de 34 ans, affirme avoir été violée au printemps 2014 par deux policiers de la Brigade de recherche et d’Intervention dans les locaux du 36, quai des Orfèvres. Elle a, pour la première fois, livré son témoignage face caméra à la télévision française mardi soir. Les policiers, eux, seront jugés prochainement par une cour d'assises.

C’est à Toronto que nos confrères de France 3 sont allés interviewer la jeune femme. Un peu plus de trois ans après les faits, Emily Sponton, 37 ans aujourd’hui, a accepté pour la première fois de raconter son histoire. La trentenaire accuse deux policiers de la Brigade de recherche et d’Intervention de l’avoir violée à plusieurs reprises dans les mythiques locaux du 36 quai des Orfèvres le 22 avril 2014. Son témoignage est accablant. 


Photographe pour une agence de communication, Emily Sponton se trouve au printemps 2014 à Paris. Appareil photo à la main, elle cumule les clichés de la plus belle ville du monde et profite pleinement de ce voyage… Jusqu’au 22 avril 2014. En début de soirée, elle rencontre trois policiers du 36 au Galway Irish pub, situé à Saint-Michel, face à l’île de La Cité. "Ce soir-là, on a parlé de leur boulot à la BRI, du lieu mythique où ils travaillaient, raconte la jeune femme, carré court et lunettes de vue sur le nez. Moi, j’avais vu beaucoup de films là-dessus, j’étais fascinée par cet endroit", explique-t-elle.

Je me suis dit : 'Il faut que je fasse ce qu’ils veulent sinon je ne m’en sortirai pas'Emily Sponton

Les policiers lui auraient alors proposé de visiter le 36. Une fois derrière les murs, ils l'auraient enfermée dans un bureau. Là, selon la plaignante, ils vont la forcer à boire une grande quantité d’alcool, du whisky en l’occurrence, avant que la situation ne dégénère.  "Ils ont totalement changé d’attitude quand j’ai refusé de faire ce qu’ils me demandaient. Ils m’ont plaquée violemment le visage contre le bureau. Ça m’a assommée. Je voyais des étoiles, raconte la jeune femme aux journalistes de France 3. (…) Eux, je ne les voyais pas non plus, ils étaient derrière moi". Selon elle, les fonctionnaires vont la violer à plusieurs reprises, en lui maintenant le visage contre le bureau. 


"Je savais que j’étais ivre et que les choses venaient de mal tourner. J’avais trop peur que ça finisse encore plus mal alors je me suis dit : 'Il faut que je fasse ce qu’ils veulent sinon je ne m’en sortirai pas'", ajoute Emily Sponton. A 3 heures du matin une femme gardien de la paix la retrouvera prostrée devant le 36, quai des Orfèvres. Elle la conduira dans un service hospitalier avant que la jeune femme ne dépose plainte. Un certificat médical mentionnera notamment plusieurs hématomes et une lésion gynécologique traumatique. 

"Relation consentie"

Les trois policiers seront, eux, placés en garde à vue. Un des policiers avait évoqué une relation sexuelle "consentie", l'autre avait démenti tout rapport avant de reconnaître des "attouchements réciproques". Deux ans plus tard, en juillet 2016, les juges d'instruction avaient prononcé un non-lieu mais le parquet de Paris et la jeune femme ont fait appel. 

Le 28 septembre dernier, la cour d'appel de Paris a ordonné que les deux fonctionnaires, âgés de 39 et 48 ans, soient jugés pour "viols en réunion". Le procès se tiendra dans les prochains mois devant la cour d'assises de Paris. Les dates ne sont pas encore connues. Emily Sponton, elle, a cessé de travailler depuis cette affaire. Elle est retournée vivre chez ses parents. 

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