Violences policières au lycée Bergson : la FCPE lance un appel à témoins pour obtenir de nouveaux témoignages

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FAITS DIVERS – La Fédération des conseils de parents d’élèves du lycée Bergson, dans le 19e arrondissement de Paris, cherche de nouveaux témoignages concernant les violences commises par des policiers le jeudi 24 mars devant l’établissement. Un fonctionnaire âgé de 26 ans, mis en cause dans une vidéo où on le voit frapper un lycéen, comparaîtra en mai pour violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique.

Dix jours après les violences survenues devant le lycée Bergson, dans le 19e arrondissement de Paris, la mobilisation de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) de l'établissement ne fléchit pas. Dès les incidents du 24 mars, lors d'un blocus du lycée organisé pour protester contre la loi Travail, elle publiait un communiqué dénonçant les violences policières sur son site Internet, mentionnant notamment la vidéo, vue depuis plus de 2 millions de fois, du jeune Adam frappé en plein visage par un policier.

Le lundi 28 mars, la FCPE rendait publiques deux nouvelles vidéos montrant d’autres violences , commises ce même jour, au même endroit. Elle cherche depuis à retrouver des victimes, mais également à identifier les fonctionnaires qui ont eu des réactions disproportionnées et potentiellement répréhensibles ce jour-là. "La FCPE lance un appel à témoins à tous ceux qui pourraient faire en sorte que justice soit faite : ceux qui ont des choses à dire, ceux qui ont des photos, des vidéos sur mobile, des images qui pourraient être extraites des caméras de vidéosurveillance…", déclare ce dimanche à metronews Gwenaël Cau, élue FCPE et mère d’un enfant scolarisé à Bergson. Selon elle, "les témoignages des personnes ayant assisté aux violences ou qui les ont subies sont essentiels. Nous en avons déjà mais nous sommes sûrs qu’il y en a d’autres". La maman d'élève poursuit : "Il est anormal que des enfants se fassent traiter de ‘putes’, ‘déchets’, ‘sous merde’ et encore plus qu’ils se fassent frapper. Les auteurs de ces faits doivent être sanctionnés".

Le policier à la capuche non identifié

Jeudi dernier, le policier accusé d’avoir frappé Adam, 15 ans, avait été placé en garde à vue à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN). Samedi, le parquet annonçait qu’il était convoqué en mai au tribunal, où il comparaîtra pour "violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique". Sous contrôle judiciaire, le policier est interdit d'exercer dans l'attente de son jugement et d'entrer en contact avec la victime. "Nous avons été satisfaits de cette nouvelle, précise Gwenaël Cau. Maintenant, cet homme n’est pas le seul à s’être très mal conduit".

Suite aux deux autres vidéos diffusées par la FCPE lundi dernier, le parquet de Paris a ouvert une seconde enquête. Sur les images apparaît notamment un policier en civil, visage dissimulé par un foulard et une capuche, qui donne des coups de matraque à des élèves… "Ce fonctionnaire n’a pas été identifié. Nous disposons d’une photo qui pourrait permettre de le faire. Le cliché sera transmis à l’IGPN bien sûr", souligne Gwenaël Cau.

Des plaintes à venir? 

Deux plaintes ont par ailleurs été déposées auprès de l’Inspection générale de la police nationale vendredi 1er avril. L'une a été déposée par les parents d'une lycéenne, Judith, pour non-assistance à personne en danger. L'adolescente aurait été bousculée par la foule au moment d'une charge des policiers. Elle aurait fait une crise d'asthme avant de perdre connaissance. "Ses camarades ont demandé aux forces de l'ordre d’appeler les pompiers, mais ils n’ont rien fait. Les policiers les auraient insultés, avant de leur dire se ‘débrouiller’, commente l’élue FCPE.

L'autre plainte concerne Steven, 17 ans, scolarisé en classe de première. Il aurait de son côté été violemment interpellé devant le lycée avant d’être frappé dans le commissariat où il avait été conduit pour être placé en garde à vue. Dans les colonnes du Monde  daté du 1er avril, il raconte ainsi qu'il aurait été étranglé à deux reprises, devant le lycée puis au commissariat, où il affirme que des policiers sont venus lui "mettre des gifles et lui dire "des choses comme 'suicide-toi' et 't’es fini à la pisse"'. "Malheureusement, il n'y a, paraît-il, pas de caméra à cet endroit du commissariat, déplore Gwenaël Cau. Mais s'il n'y a pas d'images, nous avons trois témoins clés qui ont vu les violences subies par Steven". 

"Le père d'Adam, qui a reçu un coup de poing le 24 mars au matin devant le lycée Bergson a porté plainte le jour des faits, à l'IGPN" indique Gilles Bérès, avocat de plusieurs victimes. De nouvelles plaintes devraient arriver prochainement à la police des polices. Les parents d'un élève qui dit avoir été mordu par un policier voulant lui faire supprimer des vidéos de son téléphone pourraient le faire dans les prochains jours. Ou encore ceux de cette jeune femme qui aurait, selon une riveraine, essuyé des coups à quelques mètres du lycée, avenue Secrétan. "Il y en aura sans doute d’autres encore, assure Gwenaël Cau. Il y a des jeunes qui ont peur de parler parce que c'est la police, d’autres qui ne veulent pas que leurs parents sachent qu’ils étaient présents ce jour-là, mobilisés contre la loi travail… Mais à mesure que les jours passent, les langues se délient".

Toute personne pouvant témoigner peut contacter la FCPE via le mail  fcpebergson@gmail.com

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