Affrontements à la fac de Nice : le président regrette ses menaces de mort, le suspect l’accuse de violences

Affrontements à la fac de Nice : le président regrette ses menaces de mort, le suspect l’accuse de violences

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RIXES – Mercredi, le président de la fac de Nice a menacé de mort un manifestant qui tentait d’occuper l’université. Des propos qu’il a regrettés ce lundi tout en condamnant l'intrusion. Mis en examen, le militant en question donne de son côté sa propre version des faits et accuse le chef d’établissement de violences à son encontre.

"Toi, je te  revois sur le campus, seul, t'es mort !" Mercredi dernier, Jean-Marc Gambaudo a vu rouge. Le président de l'Université Côte d'Azur (UCA) a proféré des menaces de mort à l’encontre d’un individu extérieur à la faculté. Lequel venait de blesser un employé après avoir tenté de se barricader dans l'établissement, accompagné d’un groupe de manifestants hostiles à la réforme de l'Université. "Je regrette, sans ambiguïté, les propos excessifs que j'ai pu tenir face à ce déferlement soudain d'agitation et de désordre au sein de notre université", a réagi M. Gambaudo lundi via un communiqué.  


Et de décrire plus précisément les rixes survenues mercredi : "Ils ont pénétré bruyamment et brutalement dans des locaux administratifs avec pour la plupart le visage dissimulé (...), ont semé la panique(...), ont bousculé et même brutalisé des personnels de sécurité et administratifs qui tentaient de leur barrer la route (...) et surtout, ils ont écrasé une jeune femme chargée de l'accueil contre un mur et frappé avec un lourd fauteuil un agent de sécurité". 


Si Jean-Marc Gambaudo regrette ses menaces, il martèle "que ce qui s'est passé n'a strictement rien à voir avec la vie et les missions d'une université", répondant ainsi à la polémique déclenchée par le collectif d'étudiants "Sauve ta fac 06". Lequel avait publié une vidéo sur Facebook montrant le président menacer l’un des manifestants :

Traumatisme crânien

Pour mémoire, deux personnels de l’établissement ont été blessés. L’un d’entre eux souffre notamment d’un traumatisme crânien. Il a été placé en arrêt maladie pour 8 jours, selon Emmanuel Tric, le président de l'UNS (un des 13 établissements satellites de l’UCA). 


Sur le plan judiciaire, l’individu qui a lancé la chaise a été mis en examen dimanche pour violences en réunion et avec arme par destination, dégradations touchant un bien d’utilité publique et refus de donner le code de son téléphone. Placé sous contrôle judiciaire, celui qui se prénomme Maxime a accepté de donner sa version des faits à nos confrères du Parisien :


Accompagné des membres de son syndicat étudiant "Solidaires", l’homme de 23 ans déboule mercredi dans l’université avec la ferme intention d’occuper les lieux. Mais le groupe se heurte à un mur. "Quatre à cinq personnels administratifs se sont interposés de manière violente. Il y avait aussi Jean-Marc Gambaudo. Il m’a chopé, m’a fait une prise de judo par-derrière et m’a traîné en criant : 'On va s’expliquer dans mon bureau'. Mais mes camarades sont intervenus, on était bien plus nombreux qu’eux."

C’est la seule violence que j’ai commise par inadvertanceMaxime, militant mis en examen

Alors que la tension monte d’un cran, les manifestants tentent de se barricader tout en déployant banderoles et drapeaux. Sauf que les renforts arrivent. "Ils nous disaient on va vous mettre sur la gueule, c’est à peu près à ce moment que Jean-Marc Gambaudo m’a menacé de mort", relate-t-il avant d’évoquer sa relation avec le président : "On se connaît de vue, on a des divergences politiques et je prends souvent la parole contre lui". Une affirmation confirmée par l’intéressé. "C’est un individu que j’ai reconnu malgré sa capuche, à qui l’entrée du parc (de Valrose) avait été refusée plusieurs fois, car il n’est pas étudiant et qu’il s’était montré à de multiples reprises menaçant et provocateur".


Maxime réfute enfin avoir lancé une chaise sur un personnel de l’université. "C’est la seule violence que j’ai commise par inadvertance. C’était bête quand j’y pense. En la soulevant, j’ai tapoté, sans le vouloir, la tête d’un administratif. On m’a reproché de l’avoir jetée, ce qui est totalement faux." Déjà condamné pour des faits similaires, Maxime n’en démord pas pour autant. Il compte ainsi porter plainte contre Jean-Marc Gambaudo.

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