Violente altercation entre le socialiste Boris Faure et le député REM M'jid El Guerrab : qui sont ces deux hommes politiques ?

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FAIT DIVERS - Une enquête pour "violences aggravées" a été ouverte mercredi soir par le parquet de Paris après le geste violent d'un député REM, M'jid El Guerrab, qui a grièvement blessé un responsable du PS lors d'une altercation. Qui sont ces deux hommes ? Pourquoi nourrissent-ils un contentieux ? Alors que le parlementaire a été placé en garde à vue ce vendredi, LCI revient sur les protagonistes de cette affaire.

L’affaire avait d'abord été révélée par Marianne. Mercredi, une altercation aurait éclaté sous l’œil de plusieurs témoins au niveau du 26 rue Broca, non loin de la rue Mouffetard, dans le 5e arrondissement de Paris. Certains évoquent une insulte raciste, des coups portés à l’aide d’un casque et une victime qui finira à l’hôpital après y avoir été conduite par les sapeurs-pompiers de Paris. 


Un scénario de rixe banale ? Sauf que les deux protagonistes se trouvent être deux responsables politiques : Boris Faure, premier secrétaire de la fédération PS des Français de l'étranger, et M'jid El Guerrab, député REM… Qui sont ces deux hommes dont l'inimitié n'était pas inconnue ? Quel contentieux les oppose ? 


Alors qu’une enquête pour "violences aggravées" a été ouverte mercredi soir par le parquet de Paris et que le parlementaire vient d'être placé en garde à vue ce vendredi, LCI fait le point sur ce dossier. 

Qui est M'Jid El Guerrab, accusé d'avoir frappé Boris Faure?

Avant d'évoquer l'affaire, focus sur le parcour des deux hommes. M'jid El Guerrab est né le 25 avril 1983 à Aurillac (Cantal). Ses parents lui transmettent "des valeurs musulmanes de tolérance, de respect et d’ouverture" et décident de l'inscrire à l’école catholique "L’externat de l’Enfant Jésus" où "il apprendra la rigueur mais aussi les valeurs de la République", précise son site officiel


Diplômé de l’Institut d’études politiques d’Aix-en-Provence, il rejoint en 2006 les rangs de Ségolène Royal, candidate socialiste à la présidentielle. Deux ans plus tard, il est nommé conseiller de Jean-Pierre Bel, lequel deviendra président du Sénat en 2011. Après une expérience de conseiller au sein du ministère du Travail, il finit par démissionner afin de créer une start-up de conseils à Casablanca au Maroc. Il est élu député REM le 18 juin 2017

Qui est Boris Faure, soupçonné d'avoir traité de "Sale arabe" M'jid El Guerrab?

Depuis novembre 2012, Boris Faure est premier secrétaire de la Fédération des Français de l'étranger du PS. Il est également délégué consulaire des Français de Belgique depuis 2014. Sur son blog Mediapart, il se décrit comme un "militant syndical, associatif et politique". 


Bruxellois depuis 2011 après avoir vécu à Albion et à Varsovie, il se dit "spécialiste des questions de coopération culturelle, linguistique et éducative" fort de son expérience de 13 années au Quai d'Orsay. Boris Faure travaille actuellement pour le syndicat UNSA où il est chargé "des questions internationales et européennes pour les personnels exerçant hors de France". 

Pourquoi les deux hommes se détestent-ils ?

Les deux hommes nourrissent un contentieux depuis les élections législatives. M'jid El Guerrab (ex-PS) a remporté la 9e circonscription des Français de l'étranger face, notamment, au socialiste Didier Le Bret. Dans un texte publié sur les blogs de Mediapart, Boris Faure accusait en mai M'jid El Guerrab d'avoir rejoint En Marche par "opportunisme", après avoir vu qu'il ne pourrait remporter la primaire locale face à M. Le Bret. Pour M'jid El Guerrab, cette primaire était une "mascarade" dont le résultat était écrit d'avance.

Ce qu'il se serait passé mercredi

Selon l'hebdomadaire Marianne,  l'altercation s'est produite mercredi après-midi rue Broca dans le 5e arrondissement. Selon un témoin interrogé par l'hebdomadaire, le député REM a "assén(é) un coup de casque très violent puis un deuxième" à Boris Faure, qui est tombé "par terre, en sang". Un autre témoin affirme avoir entendu Boris Faure dire "sale Arabe" à M'jid El Guerrab.

Des actes de violences condamnés

Le Parti socialiste et La République en Marche ont "condamné" les "actes de violence" commis par M'jid El Guerrab contre le premier secrétaire de la Fédération des Français de l'étranger.  "Le Parti socialiste condamne avec la plus grande fermeté cette agression", a écrit le parti dans un communiqué.


"La République en marche condamne les actes de violence commis à l'encontre de Boris Faure (...) Si les circonstances de cette altercation doivent encore être précisées, aucun comportement ne saurait justifier des actes de violence", lui a fait écho la REM. "Aucun acte de violence n'est tolérable dans notre vie démocratique et notre État de droit", a tweeté Richard Ferrand, président du groupe REM à l'Assemblée, souhaitant un "prompt rétablissement à Boris Faure". 


Le candidat LR dans la circonscription, Erwan Davoux, a demandé la démission de M'jid El Guerrab de son mandat.

Un post de M'jid El Guerrab sur Facebook et des excuses

Contacté par l'AFP, M'jid El Guerrab a reconnu un geste violent, tout en affirmant avoir réagi à des "insultes racistes" et à une "agression physique". "Je m'excuse pour la violence du geste. Et d'ailleurs, je condamne toute forme de violence car en dépit des paroles et insultes proférées, la violence n'est jamais la réaction appropriée (...) Je regrette d'avoir cédé à la provocation, a-t-il dit. Je n'ai jamais agressé de mon propre fait M. Faure. Je me suis défendu après qu'il m'a attrapé le poignet, pour qu'il le lâche. La seule chose que je tenais était mon casque de moto."


Le député a indiqué s'être vu prescrire six jours d'ITT (Incapacité totale de travail) et annoncé son intention de "porter plainte pour agression".

Boris Faure toujours hospitalisé

Boris Faure était toujours hospitalisé jeudi soir. Selon Gabriel Richard-Molard, un proche de M. Faure, celui-ci "s'est réveillé cet après-midi" et "a pu manger". "Il est en observation", a-t-il dit. Plus tôt dans la journée, la famille de Boris Faure avait indiqué qu'il avait dû "être opéré en urgence" après son admission à l'hôpital, et qu'il se trouvait en "soins intensifs".

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