Violents affrontements entre jeunes et policiers dans deux quartiers sensibles de Toulouse

Violents affrontements entre jeunes et policiers dans deux quartiers sensibles de Toulouse

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TENSIONS - Des échauffourées ont opposé une centaine de jeunes aux forces de l'ordre dimanche soir à la Reynerie et à Bellefontaine, des quartiers classés en zone de sécurité prioritaire (ZSP) à Toulouse. Des mesures ont été mises en place pour éviter une nouvelle nuit de violences.

Échauffourées, jets de pierres et voitures brûlées... La tension a été vive dimanche soir à la Reynerie et à Bellefontaine, deux quartiers toulousains classés en zone de sécurité prioritaire (ZSP). Dix voitures et un engin de chantier ont été brûlés. Le commissariat de police de Bellefontaine a quant à lui été la cible de jets de pierres, a détaillé à l'AFP le directeur départemental de la sécurité publique (DDSP) adjoint, le commissaire Arnaud Bavois. Ces incidents n'ont "fait aucun blessé" et n'ont donné lieu à "aucune interpellation", a-t-il ajouté.


 Une enquête en flagrance a été ouverte par le parquet de Toulouse pour violences aggravées avec armes et sur personnes dépositaires de l'autorité publique, dégradations et incitations à l'émeute, a indiqué une source judiciaire. Les violences se sont déroulées entre 20 heures et 23h30 dimanche avant que le calme revienne. "Il y avait clairement une volonté de s'en prendre aux forces de l'ordre. Ça faisait bien longtemps qu'on n'avait pas vu ça", a déclaré le commissaire Arnaud Bavois, décrivant des scènes de "grandes violences" avec des jeunes qui ont mis le feu à des voitures et avec l'idée "de prendre les policiers en guet-apens". Au total, une centaine de policiers, CRS et gendarmes ont été mobilisés pour ramener le calme. Un hélicoptère de la gendarmerie a également survolé les lieux. 

"Déferlement d'agressivité"

Pour l’heure, l’origine de ces violences reste floue. Arnaud Bavois explique que les tensions ont commencé après qu'une femme voilée refuse de se soumettre à un contrôle d’identité. Elles pourraient également avoir été déclenchées par une rumeur selon laquelle des gardiens de la prison de Seysses, au sud de Toulouse, auraient été à l'origine du décès samedi d'un détenu, originaire du quartier, a précisé le DDSP adjoint. Or, si un homme d'une trentaine d'années est bien mort samedi dans cette prison, c'est "à la suite d'un suicide dûment constaté par le parquet", a souligné le commissaire, précisant qu'il y a eu également "une tentative de suicide" d'un autre détenu dont le "pronostic vital" est engagé. Lundi après-midi, 90 détenus ont refusé d'intégrer leur cellule, selon la direction régionale des services pénitentiaires. Des discussions étaient en cours en début de soirée.


Sur Twitter, le maire de Toulouse a "condamné fermement les violences urbaines survenues cette nuit". "Ces agissements qui portent d'abord préjudice aux quartiers eux-mêmes sont inacceptables. Soutien aux forces de l'ordre, au sang-froid exemplaire face à cette situation et ce déferlement d'agressivité", a écrit Jean-Luc Moudenc. 

Vente au détail de carburant interdite

Le commissaire Bavois a indiqué qu’un"dispositif conséquent" a été prévu pour la nuit prochaine afin d'éviter une nouvelle explosion de violence. La préfecture a notamment pris des mesures concernant la distribution et le transport de carburant. 


De lundi 15 heures à mercredi 20 heures, "l'achat et la vente au détail, l’enlèvement ou le transport de tout carburant par jerricanes, cubitainers, bidons, flacons ou récipients divers sont interdits dans les points de distribution des communes de Toulouse Métropole, Portet-sur-Garonne, Vieille-Toulouse, Ramonville Saint-Agne et Labège", a indiqué la préfecture.


La Reynerie et Bellefontaine sont situés dans le quartier du Grand Mirail. Touché par le trafic de drogue et les règlements de compte, il a été retenu par le gouvernement pour l'expérimentation de la police de sécurité du quotidien (PSQ). En visite le 9 mars, le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb avait annoncé 30 fonctionnaires de plus pour la PSQ du Mirail.

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