Violeur et agresseur présumé, le "monstre de Colombes" Sofiane Rasmouk face aux assises

Violeur et agresseur présumé, le "monstre de Colombes" Sofiane Rasmouk face aux assises
FAITS DIVERS

PROCES – Ce lundi 23 mai à Nanterre début le procès de Sofiane Rasmouk, poursuivi pour avoir agressé, violé et volé deux jeunes femmes, à Colombes (Hauts-de-Seine), en août 2011. Une affaire qui avait ébranlé l’administration pénitentiaire, étant donné qu’au moment des faits, l’accusé était sous un régime de semi-liberté.

On l’appelle le "monstre de Colombes". A partir de ce lundi 23 mai, aux assises de Nanterre (Hauts-de-Seine), s’ouvre le procès de Sofiane Rasmouk, 28 ans, accusé de tentative de meurtre, de viols et de vol avec violence sur deux jeunes femmes, à quelques minutes d’intervalle, dans les rues de Colombes voilà presque trois ans.

Nous sommes le 7 août 2013, peu avant 22 heures. Priscilla, 31 ans, responsable marketing et communication dans une entreprise en région parisienne, rentre chez elle. Au téléphone avec un ami, elle n’entend pas s’approcher cet homme qui la suit, depuis qu’elle est descendue du train en gare de La Garenne-Colombes. C’est dans le hall, au niveau des boîtes aux lettres, qu’il la saisit. Ce qui suit est d’une violence extrême : rouée de coups, laissée pour morte, la jeune femme est également dépouillée de son portefeuille et de son portable. A l’autre bout du fil, son ami n’entend que des cris étouffés. C’est lui qui prévient la police.

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Même sauvagerie, même fureur

Un quart d’heure plus tard, Priscilla est retrouvée dans une mare de sang, dans un état critique. Sur son pantalon et entre ses cuisses, l’agresseur a laissé les traces de ses doigts, pleines de sang. Il a cherché à la violer, en vain. Et pendant que les secours s’affairent autour de ce corps inanimé au visage méconnaissable, non loin de là, toujours à Colombes, se rejoue une scène identique. Même sauvagerie, même fureur. Cette fois, c’est Sandra, 20 ans au moment des faits, qui est prise pour cible. Le prédateur la viole, à deux reprises, entre deux voitures. La frappe au visage, l’humilie et, au moyen d’un couteau, la menace en citant des extraits du Coran. Sur les lieux du crime, plus tard, les enquêteurs retrouveront le portefeuille volé de Priscilla, la première victime.

Un indice qui permet de remonter la piste d’un seul et même agresseur, bientôt repéré sur les images de vidéo-surveillance. Sofiane Rasmouk, confondu par son ADN, est finalement interpellé le 12 août 2013, par la police judiciaire des Hauts-de-Seine. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il n’est pas inconnu des services de police. Entre 2003 et 2012, ce jeune homme originaire de Suresnes est cité dans une cinquantaine de faits, dont plusieurs à caractère sexuel. D’ailleurs, au moment des faits, il est en état de semi-liberté, après une condamnation pour délit de fuite sous l'emprise de l'alcool, recel et dégradations. Ce soir du 7 août, il a prétexté auprès de l’administration pénitentiaire un rendez-vous chez le kiné, dont l’enquête démontrera … qu’il n’a jamais existé.

Psychopathe social

Y-a-t-il eu des négligences, des défaillances dans le suivi de ce jeune homme ? C’est en tout cas ce que soutient Gilles-Jean Portejoie, l’avocat de la mère de Priscilla, qui évoque un "permis de massacrer" et a déposé plainte contre X, au mois de mars 2015, auprès des doyens des juges à Nanterre. Une analyse à laquelle souscrit également l’avocat de Sofiane Rasmouk, Francis Terquem, interrogé par metronews."On peut en effet s’étonner d’un manque certain de suivi", déplore-t-il. Son client, quant à lui, nie toujours les faits. "Il fournit un autre mobile", détaille maître Terquem, "et assure qu’il participait à un trafic de stupéfiants au moment des faits". Aux enquêteurs, l’accusé avance même que Priscilla, l’une des victimes, jouait les "nourrices" (personne chargée de garder la drogue chez elle, ndlr) et qu’il "a pété les plombs" devant son refus de lui rendre la drogue.

Des explications rocambolesques de la part de cet homme au parcours chaotique, placé dès l’âge de 12 ans dans un institut pédo-psychiatrique, grand consommateur d’alcool et de drogue depuis son adolescence et jugé, dans une expertise, comme un "psychopathe social". A partir de ce lundi, reconnaîtra-t-il la véritable version des faits ? Priscilla, opérée de la boîte crânienne car son cerveau, après l’agression, avait doublé de volume, ne se souvient plus de rien. Elle présente toujours de nombreux handicaps et, jusqu’à il y a peu, avait perdu l’usage de la parole. Ce procès, prévu pour durer une semaine entière, devrait faire entendre leur voix, la sienne comme celle de Sandra.

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