Viry-Châtillon : un an après l'attaque aux cocktails Molotov, des policiers vont entamer une grève de la faim

RASSEMBLEMENT - Un an jour pour jour après l'attaque qui a blessé très grièvement deux de leurs collègues, l'association MPC (Mobilisation des policiers en colère) appelle à un rassemblement ce dimanche à 15h. Si les renforts annoncés après l'attaque sont arrivés, "ce n'est toujours pas assez", selon les syndicats. L'enquête a permis la mise en examen de 17 personnes. LCI fait le point.

L'attaque avait choqué et lancé un mouvement de protestation sans précédent dans les rangs de la police. Le samedi 8 octobre 2016, deux véhicules de police postés dans le quartier de la Grande-Borne à Viry-Châtillon, dans l'Essonne, étaient pris pour cible par une quinzaine de personnes armées de cocktails Molotov. Les voitures avaient pris feu et leurs occupants avaient miraculeusement pu s'en sortir, certains très grièvement touchés par les flammes. Un an après, les policiers membres de l'association MPC (Mobilisation des policiers en colère, formée un mois après l'attaque) appellent à un rassemblement à 15h place de la République, à Viry-Châtillon. Selon nos informations, certains policiers présents entameront une grève de la faim. LCI fait le point sur la situation des victimes, les renforts policiers promis dans le département et l'avancement de l'enquête.

Les victimes

Parmi les quatre policiers présents dans les véhicules incendiés, deux ont été grièvement blessés. Il s'agit des deux occupants de la première voiture. Grièvement brûlé au visage, au torse et aux mains, un adjoint de sécurité est toujours en convalescence dans un centre de rééducation, indique le parquet d'Evry. "Il a récemment subi de nouvelles greffes de peau mais reste profondément traumatisé par cet évènement", poursuit le texte. Le jeune homme a depuis été titularisé comme gardien de la paix sur décision du ministère de l'Intérieur. La policière à ses côtés a repris le travail après une longue période de soins. Elle a été mutée en province, comme les deux policiers du deuxième véhicule. Tous sont suivis par des experts médicaux et psychologiques "pour évaluer les conséquences de cette violence agression".

Les forces en présence

101. C'est le nombre de policiers supplémentaires promis par le ministre de l'Intérieur de l'époque, Bernard Cazeneuve. Ils sont 111 gardiens de la paix supplémentaires à avoir été affectés dans le département entre mai 2016 et mai 2017, selon les chiffres fournis en juillet par la direction départementale de la sécurité publique. Mais selon Claude Carillo, secrétaire départemental du syndicat Alliance, "le bénéfice d'effectifs n'est que de 30 policiers", le reste des renforts ayant été acté "avant Viry". "On a eu les renforts annoncés, même si ce n'est toujours pas assez", tempère Olivier Michelet, du syndicat Unité-SGP Police de l'Essonne. Il estime qu'il manque encore "entre 100 et 150" gardiens de la paix et gradés. 


Côté matériel, 25 fourgons et une trentaine de nouveaux véhicules sont arrivés dans les commissariats du département. Les crédits exceptionnels débloqués par le gouvernement (112.000 euros en 2016 puis 142.000 euros en 2017) ont financé l'achat de nouvelles armes (pistolets à impulsion électrique, fusils d'assaut, notamment) et de nouveaux matériels (sacs, lampes-torche, gilets tactiques, radios).


Reste un point noir : la promesse d'un nouveau commissariat de plein exercice à Grigny, d'où sont originaires la majorité des suspects, reste au point mort. "C'est silence radio", lâche à l'AFP le maire PCF Philippe Rio, agacé. "C'est toujours en projet", commente la préfecture, sans plus de détails. Troublant, alors que le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb a annoncé une enveloppe de 50 millions pour rénover les commissariats.


 Actuellement, l'antenne de police présente à Grigny n'accueille que des services administratifs. Le commissariat compétent sur la zone est celui de Juvisy-sur-Orge, à 5 km de là. La mairie de Grigny, qui avait voté par ailleurs le déploiement d'une police municipale, avec une enveloppe de l'Etat de 800.000 euros, prévient qu'elle "ne mettra en oeuvre cet engagement" que si le commissariat voit le jour.

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L'enquête

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Viry-Châtillon : un an après, le point sur l’enquête

Les investigations, en cours depuis douze mois, ont mené à la mise en examen de 17 personnes, dont six étaient mineures au moment des faits. Le parquet d'Evry précise qu'à ce jour, 12 sont toujours en détention provisoire, dont deux mineurs au moment des faits. Les cinq autres ont été placés sous contrôle judiciaire. "Les deux magistrats instructeurs ont longuement entendu les personnes mises en examen et des confrontations ont été organisées. De manière générale, les intéressés contestent leur participation aux faits ou tentent d'en minimiser la portée", conclut le communiqué.

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