Viviane Lambert : "Mon fils n’est pas un mort-vivant"

Viviane Lambert : "Mon fils n’est pas un mort-vivant"

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EUTHANASIE – Alors que la Cour européenne des droits de l’Homme s'est prononcée en faveur de l'arrêt des soins concernant Vincent Lambert, tétraplégique en état végétatif, sa mère, Viviane, publie jeudi 7 mai "Pour la vie de mon fils". Un livre où elle raconte son combat pour maintenir Vincent en vie et dans lequel elle interpelle François Hollande.

"Je ne veux pas qu’on supprime mon fils, je ne veux pas qu’on l’abandonne." Ce cri du cœur, c’est celui de Viviane Lambert, mère de Vincent, tristement devenu depuis son lit d’hôpital le symbole du débat sur l’euthanasie. Jeudi 7 mai, elle publiait aux éditions Plon Pour la vie de mon fils. Son but : faire entendre sa voix et "rétablir la vérité" au sujet de Vincent tandis que son épouse, appuyée par les médecins, souhaite désormais le laisser partir.

Après un accident de la route en 2008, Vincent Lambert est plongé dans un état de conscience minimal. Mais pour Viviane, très catholique, son fils n’est pas en fin de vie : "Il y a des moments où il dort, bien sûr. Mais nous vivons encore tous les deux des instants de communication très forts", confie-t-elle à metronews. "Je lui parle, lui fais écouter la musique qu’il aime. Je sais qu’il me comprend. D’ailleurs, quand je montre des photos de Vincent à des personnes qui ne le connaissent pas, elles sont étonnées, elles le pensent branché de partout. Je leur dis : ‘Non, mon fils n’est pas un mort-vivant.’"

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"Je ne les laisserai pas faire"

Un ouvrage qui est paru à quelques semaines de la décision de la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) autorisant l'arrêt de l’alimentation et l’hydratation de Vincent Lambert. En juin 2014, le Conseil d’Etat avait approuvé la décision du CHU de Reims de s’engager dans une procédure d’euthanasie passive. Un avis jamais accepté par les parents, qui estiment ne pas avoir été suffisamment consultés. Alors, pour marquer encore davantage les esprits, Viviane interpelle François Hollande dans une lettre, ce lundi. "J’attends de lui un minimum d’humanité", poursuit Viviane Lambert. "Je veux qu’il m’entende, je suis la maman de Vincent quand-même."

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"La peine de mort a été abrogée. Pourquoi autoriser l’euthanasie ? Pour moi, c’est la même chose. Mon fils est incarcéré dans sa chambre, où on le laisse mourir. Il ne reçoit plus les soins du kiné, il n’a plus de fauteuil adapté. Je ne peux plus supporter cette situation", répète celle qui comptait se rendre à l’Elysée, afin de donner son livre au Président en mains propres. Pour l’instant sans réponse de la part du chef de l'Etat, elle assure, la voix emplie d’une terrible détermination : "Si les médecins décident de tuer mon fils, je ne me plierai pas à leur décision. Je ne sais pas encore comment, mais je ne les laisserai pas faire."

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