Voies sur berges : de nouveaux chiffres embarrassants pour la mairie de Paris

FAITS DIVERS
MAUVAISE NOUVELLE - Alors que le tribunal administratif de Paris doit se prononcer jeudi sur la légalité d'un arrêté pris pour maintenir les berges de la Seine piétonnes, de nouveaux chiffres montrent que le trafic n'a pas réduit. La pollution pourrait avoir augmenté en certains points.

Voici une nouvelle difficulté pour la maire de Paris Anne Hidalgo (PS) dans le feuilleton des berges de Seine. Alors que, lundi 22 octobre, la Cour administrative d'appel a confirmé l'annulation de la piétonnisation des quais de la rive droite, de nouveaux chiffres dévoilés ce jeudi montrent qu'une partie de l'étude d'impact commandée par la Mairie a été "délibérément occultée". 

Ainsi, selon la Cour d'appel, "une partie notable des incidences du projet sur les émissions de polluants atmosphériques et les nuisances sonores" a été passée sous silence. Notamment en "limitant l’analyse de ses effets sur la pollution atmosphérique à une bande étroite autour des berges, sans en étudier l’impact sur les principaux axes de report de trafic", mais aussi "en ne prenant pas suffisamment en compte les effets négatifs dus au phénomène prévisible de congestion du trafic et en s’abstenant d’évaluer les nuisances sonores nocturnes ".

"Sur la station du quai des Célestins, l’augmentation [de dioxyde d'azote] est plus marquée, avec +9 % entre août 2016 et août 2017"Airparif

Les chiffres, dévoilés par Le Parisien mercredi soir, montrent notamment une augmentation significative des passages de voitures sur les quais hauts et le boulevard Saint-Germain entre 2015 et 2018 (sur 30 jours de septembre, le nombre de passages grimpe de 631.733 à 730.161). 


La qualité de l'air, quant à elle, est sans surprise moins bonne au niveau du quai des Célestins (soit la chaussée au-dessus des berges piétonnes). Là, "sur la station du quai des Célestins, l’augmentation [de dioxyde d'azote] est plus marquée, avec +9 % entre août 2016 et août 2017, que sur les autres stations parisiennes" fait savoir l'association Airparif, qui surveille la qualité de l'air dans la capitale. Elle explique cette augmentation "vraisemblablement" à la hausse du nombre de véhicules.

Baisse ou non de la pollution, difficile à évaluer

Ailleurs dans Paris, des capteurs semblent montrer une diminution de la pollution atmosphérique. Mais tout comme les relevés précédents, ces données sont à prendre avec un peu de recul, puisque les conditions météorologiques ne sont pas prises en compte, précise le Parisien. Tout comme la pollution, le bruit a lui aussi augmenté dans les zones qui connaissent désormais plus de trafic, à savoir au niveau des quais de la Mégisserie et des Célestins. Sur les quais bas en revanche, il a diminué. 

Désormais la mairie attend le jugement devant statuer sur la légalité d'un arrêté pris le 6 mars 2016. Le tribunal administratif doit juger jeudi si ce document est conforme ou non à la loi. Dans un communiqué en mars dernier, la maire de Paris se félicitait qu'1,5 million de personnes se soient rendues sur les voies sur berges de la rive droite depuis novembre 2016.

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