Voiture-bélier lancée contre une pizzeria : ce que l'on sait du drame qui a tué une jeune fille à Sept-Sorts

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SEINE-ET-MARNE - Une voiture a foncé lundi soir dans une pizzeria située sur la commune de Sept-Sorts, près de la Ferté-sous-Jouarre (Seine-et-Marne). Une jeune adolescente est décédée. Le conducteur, qui a déclaré avoir voulu "mettre fin à ses jours", a été interpellé et placé en garde à vue. Le mobile terroriste a été écarté et l'individu a été mis en examen mercredi soir, notamment pour "meurtre aggravé", tentative de meurtres, dégradations par un moyen dangereux et conduite sous l'emprise de stupéfiants.

Un acte délibéré. Une jeune fille a été tuée lorsqu'une voiture a foncé sur la terrasse d'une pizzeria à Sept-Sorts (Seine-et-Marne) peu après 20 heures lundi soir. Un geste fou qui a également fait 12 blessés qui dînaient dans ce restaurant situé dans la zone industrielle de cette petite commune de 491 habitants.  


Le chauffeur du véhicule a été rapidement interpellé, placé en garde à vue puis mis en examen pour meurtre aggravé, tentative de meurtres, dégradations par un moyen dangereux et conduite sous l'emprise de stupéfiants.

Les faits

En début de soirée lundi, une BMW a délibérément foncé sur la terrasse d’une pizzeria située dans une zone commerciale de la commune de Sept-Sorts, près de la Ferté-sous-Jouarre (Seine-et-Marne). "Le conducteur décide de quitter son axe de circulation pour foncer délibérément dans la pizzéria. Une trentaine de clients se trouvaient attablés, a détaillé ce mardi le procureur adjoint de Meaux, Eric de Valroger, lors d'une conférence de presse. Sans freiner, le véhicule a pénétré dans le restaurant. Il tente une marche arrière, des clients sont intervenus pour l’empêcher de le faire et l’ont extrait de son véhicule. Les gendarmes l’ont interpellé sans difficulté." 

Le bilan

Une jeune fille est décédée. Cette dernière était âgée de 13 ans, et non de 8, comme annoncé par les autorités dans un premier temps. Son petit frère, de 3 ans, figure parmi les cinq blessés graves qui ont été pris en charge dans 4 hôpitaux. Ce mardi, on a appris que son pronostic vital n'était plus, tout comme celui des autres victimes, engagé. Contrairement à une autre victime, âgée de 44 ans. Huit autres personnes ont été légèrement blessées, et sept personnes choquées ont été prises en charge par une cellule psychologique.

Le conducteur

Il est célibataire, sans enfant, et âgé de 32 ans. "Il aurait eu une petite amie durant 3 ans de laquelle il est séparé, précise encore le procureur adjoint. Il a déjà été condamné pour conduite en état alcoolique. Il n'était pas suivi sur le plan psychiatrique d’après ses proches." Il exerçait la profession de vigile mais avait cessé de travailler, il y a plusieurs mois, victime d’un accident de travail. Toujours selon la justice, ll s'agit également d'un très gros consommateur de produits stupéfiants, comme l'a confirmé la perquisition de son domicile, "dès son plus jeune âge". A partir de 9 ans, a même déclaré l'intéressé aux enquêteurs.

L'enquête

Le procureur adjoint de Meaux a confirmé dans la nuit de lundi à mardi que la piste terroriste était écartée. Lors de sa conférence de presse le lendemain des faits, Eric de Valroger ainsi détaillé les chefs d'accusation dont est l'objet le conducteur, dans le véhicule duquel aucune arme ni explosif n'ont été découverts :  


- Meurtre aggravé (parce que la victime est une mineure de moins de 15ans)

- Tentative de meurtre aggravé (car parmi les blessés, une victime de moins de 15 ans)

- Tentative de meurtre 

- Conduite sous l’effet de produits stupéfiants

- Dégradation par moyen dangereux pour les personnes 


Le magistrat a aussi expliqué combien les interrogatoires étaient difficile à mener : "Les auditions sont compliquées, floues. Il tient des propos incohérents : il déclare avoir consommé une quantité importante de médicaments, la veille des faits. Une plaquette d’Antarene et un tube entier de Daffalgan codeiné. Il explique qu’il a absorbé ces médicaments motivé par des envies de suicide, sachant que ces médicaments en permettent pas de mettre fin à ses jours,  puis voulait mieux dormir. Il aurait déjà tenté de mettre fin à ses jours, par le passé sans préciser la date, ni les circonstances." Ces auditions révèlent tout de même que l'homme est sujet à "un véritable délire de persécution", affirmant qu'il se sentait "suivi" et sous le coup d'une "enquête des gendarmes". 


Quant aux motivations de cet individu, il est là encore difficile d'y voir une cohérence. Il explique avoir choisi cette pizzeria, car "c’est un lieu facile d’accès, sans sécurité, sans protection", raconte encore  Eric de Valroger. En précisant que "très peu de temps avant de commettre cet acte, il devait partir à Paris." L'homme a aussi déclaré aux enquêteurs qu'il n'avait pas de contentieux avec le propriétaire du restaurant et qu'il ne connaissait les victimes de son acte fou.


Après avoir été déclaré responsable pénalement par le parquet puis été mis en examen mercredi soir. Notamment pour "meutre aggravé".

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