Yvelines : 16 ans de prison pour l'abbé intégriste reconnu coupable de viols

Yvelines : 16 ans de prison pour l'abbé intégriste reconnu coupable de viols

PROCES - L'abbé intégriste Christophe Roisnel, 43 ans, jugé depuis mardi devant la cour d'assises des Yvelines pour "viols" et "viols avec actes de barbarie" a été condamné vendredi soir à 16 ans de réclusion criminelle.

Après quatre jours de procès, le verdict est tombé. Vendredi, l'abbé intégriste qui comparaissait depuis mardi devant la cour d'assises des Yvelines pour "viols" et "viols avec actes de barbarie" sur trois enseignantes a été condamné à 16 ans de réclusion criminelle, après plus de quatre heures de délibérations.

La cour, qui a suivi les réquisitions du ministère public, a estimé qu'il avait abusé de l'autorité que lui conférait sa fonction de prêtre et de directeur d'école. Elle a assorti cette peine d'une injonction de soins durant six ans dans le cadre d'un suivi socio-judiciaire.

L'abbé Christophe Roisnel n'a cependant été condamné que pour les viols et non pour les actes de barbarie dont l'accusait l'une de ses victimes. Le religieux de 43 ans sera par ailleurs inscrit au fichier des auteurs d'infractions sexuelles.

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Un huis clos avait été demandé

Un huis clos, de droit dans ce genre d'affaires, avait été demandé par les parties civiles. Seules deux des trois victimes du religieux s'étaient portées parties civiles : l'institutrice, dont l'accusé était le directeur, et une amie de celle-ci, enseignante dans un autre établissement.

L'abbé Roisnel, homme fluet à la voix légèrement éraillée, front dégarni, cheveux poivre et sel et fines lunettes métalliques, qui comparaissait détenu, est resté impassible au prononcé du verdict. Il a dix jours pour faire appel.

Le religieux avait été mis en examen et écroué en avril 2014 pour des actes commis en 2010 au sein notamment de l'école Notre-Dame de la Sablonnière à Goussonville, près de Mantes-la-Jolie, un établissement proche de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, mouvement traditionaliste lefebvriste en rupture avec l'Eglise catholique. D'autres faits s'étaient déroulés à Villette (Yvelines), ainsi qu'au domicile de ses parents, à Saint-Quentin-sur-le-Homme (Manche).

Accusé d'avoir usé de son ascendant psychologique

Les victimes l'accusaient d'avoir usé de son ascendant psychologique sur elles pour parvenir à ses fins. Son mode opératoire : évoquer avec elles des agressions sexuelles, réelles ou inventées, que celles-ci auraient subies par le passé, pour les convaincre de la nécessité d'une "thérapie". Il leur faisait alors revivre ces épisodes traumatiques pour, disait-il, qu'elles puissent les dépasser.

L'accusé a contesté pendant tout le procès les faits qui lui étaient reprochés, estimant que les relations étaient consenties, a indiqué son avocat, Me Jérôme Triomphe, qui a plaidé l'acquittement. Me François Souchon, avocat des parties civiles, s'est dit pour sa part "assez satisfait", ses clientes "ayant été reconnues comme victimes" après avoir vu leur parole mise en doute tout au long de la procédure par l'accusé.

La Fraternité sacerdotale Saint-Pie X est une communauté intégriste proche des milieux d'extrême droite, fondée en 1970 par Mgr Marcel Lefebvre. Elle ne reconnaît pas le Concile Vatican II (1962-1965) qui a, selon eux, rompu avec la tradition. Elle compte quelque 600 prêtres dans le monde, dont 150 en France.

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Ecarté de ses fonctions en 2011

L'abbé Roisnel avait été écarté de ses fonctions de directeur d'école en 2011 par les autorités ecclésiastiques après que les trois femmes s'étaient plaintes de ses agissements. Il avait été envoyé dans un couvent de capucins dans la région lyonnaise, puis muté dans une école de garçons.

Mais, selon Me Souchon, il avait tenté de faire pression sur les enseignantes pour qu'elles se rétractent et celles-ci avaient alors déposé plainte pénalement en 2013.

Si le religieux ne fait pas appel, un nouveau procès canonique devrait avoir lieu dans les mois qui viennent: l'abbé pourrait alors être "réduit à l'état laïc" par sa hiérarchie, a indiqué Me Triomphe à l'AFP, sans vouloir commenter le verdict.

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