Frappé, violé et séquestré pendant 36 heures : à Marseille, un homosexuel raconte le calvaire qu'il a subi

FAITS DIVERS

FAIT DIVERS - Zak Ostmane, homosexuel de nationalité algérienne réfugié en France, a été victime d’un déferlement de violences lors d’une soirée dans le centre de Marseille il y a une semaine. Son récit fait froid dans le dos.

La soirée a viré au drame pour Zak Ostmane, un Marseillais âgé de 37 ans. Vendredi 3 mars, ce militant LGBT de nationalité algérienne, réfugié en France depuis trois ans, était de sortie dans un bar du centre de Marseille dans lequel il a ses habitudes. Il s’est posé, a bu une bière et profité de la douceur en terrasse. 

Il m'a soulevé, avec la chaise, et m'a projeté contre un mur- Zak Ostmane

Mais tout d’un coup, rapporte-t-il au journal La Provence, après avoir bu à nouveau dans sa bière, il dit s'être "senti comme un zombie quelques minutes après". Impossible pour l’heure de savoir si de la drogue a été glissée dedans et si Zak Ostmane est tombé dans un piège. Toujours est-il qu’un homme s’approche de lui et lui propose d’aller boire un verre. Le jeune homme accepte. Un autre homme se joint à eux, et ils partent tous trois quelques rues plus loin. 

Les deux compères l’emmènent  dans un hôtel. Zak Ostmane les suit, mais dans un état second, "dans les vapes" ;  d’après lui, l’un des deux lui propose une bière et le frappe "direct". "J'ai visiblement eu un moment d'inconscience totale parce que quand je me suis réveillé, il était en train de me sodomiser", ajoute Zak Ostmane. Le deuxième homme, qui s’était absenté, revient ensuite dans la chambre, exigeant de l’argent. "J'ai donné ma carte bleue, mais avec un faux code. Cela a été l'erreur de ma vie", rapporte Zak Ostmane. "L'Américain est revenu bredouille et, du coup, l'Anglais, qui prenait régulièrement de la coke et du whisky, m'a roué de coups de poing et de pied." 

Mais le calvaire n’est pas fini. D’après Zak Ostmane, l’homme aurait arraché les draps du lit, et l’aurait attaché aux poignets et aux chevilles à une chaise, avant de se "servir de lui comme punching-ball". Le calvaire est loin d'être terminé. L'Américain s'est revendiqué skinhead, il a pété un câble, s'est mis à parler de Trump, du fait qu'en France on se moque de lui, il a évoqué les Arabes et les noirs en France...", poursuit Zak Ostmane dans La Provence. "Il m'a soulevé, avec la chaise, et m'a projeté contre un mur. J'ai hurlé mais il s'est jeté sur moi et m'a placé un couteau sous la gorge en me disant que si je ne me taisais pas, il me tuerait."  A un moment, les deux se calment un peu, et le jeune homme a droit à quelques heures de répit ; mais les deux hommes refusent de le détacher ou le laisser repartir.

La police vole à son secours

Zak Ostmane reste comme ça près de 36 heures.  C’est dimanche matin qu’il a le geste qui le sauve : alors que les deux complices somnolent, il voit passer dans la rue une patrouille de police. Il hurle, par la fenêtre. Les policiers l’entendent, montent et interpellent les deux agresseurs présumés. Les deux hommes sont en fait des légionnaires qui auraient déserté du 2e régiment d'infanterie de Nîmes. Ils ont été mis en examen pour viol, séquestration, vol aggravé, violences aggravées et extorsion et écroués. 

Le caractère homophobe des faits n'a pas été retenu par le parquet. "Rien dans ce dossier n'indique qu'il s'agit d'un acte homophobe", déclare l'avocat d'un des deux suspects à La Provence. "Ni même que cet homme a été embarqué dans un guet-apens. Il les a suivis sans aucune contrainte et, pour l'heure, rien ne prouve qu'il a été drogué. Cela n'enlève rien au fait qu'il a vécu une terrible agression, dans laquelle mon client, qui n'est pas mis en examen pour viol, reconnaît avoir donné des coups." L'association de SOS homophobie en région Paca, elle, compte bien faire établir que l'agression était "clairement homophobe".

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