Alcool : les mineurs peuvent trop facilement en acheter, alerte 60 millions de consommateurs

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ENQUÊTE - Vendre de l'alcool aux mineurs est strictement interdit par la loi. Pourtant, une enquête de 60 millions de consommateurs, publiée ce jeudi 27 juin, révèle que les plus jeunes peuvent facilement en acheter. L'association a envoyé une vingtaine d'ados dans 111 grandes surfaces. Dans 66 d'entre elles, ils sont ressortis avec une ou plusieurs bouteilles de vodka et de bière.

La loi française est très claire : la vente d'alcool aux mineurs est strictement interdite. Sur le papier peut-être, mais dans les faits, c'est une autre histoire. C'est ce que démontre une enquête de 60 millions de consommateurs, publiée ce jeudi 27 juin. En mars dernier, l'association a envoyé une vingtaine d’ados de 14 à 16 ans dans les rayons d’une centaine de grandes surfaces à Paris, Strasbourg, Toulouse, Marseille, Lyon ou encore Rennes. A l'arrivée, les jeunes émissaires sont parvenus à se procurer de l’alcool (vodka ou bières fortes) sans la moindre difficulté dans près de 60% des cas (66 visites sur un total de 111), récoltant au total une quantité impressionnante : 22 bouteilles de vodka et 222 canettes de bières ! 

Y aurait-il un peu trop de laxisme de la part des acteurs de la distribution ? Selon 60 millions de consommateurs, "aucune enseigne ne peut se targuer d’être respectueuse de la loi : ainsi les hôtes ou les hôtesses de caisse n’ont demandé la pièce d’identité que dans 43 cas sur les 111 visites effectuées. Pire : la vente a quand même été acceptée pour cinq de ces jeunes gens". Toutefois, l'enquête montre que le taux de refus est plus élevé dans les hypermarchés que dans les magasins de proximité. Au total, la vodka, alcool fort, a été refusée dans 53% des cas, tandis que la bière, considérée comme plus anodine, n'est restée à la caisse que dans 31% des transactions. 

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Les grandes enseignes sourdes et muettes ?

Pour tenter de sensibiliser les grandes enseignes, 60 millions de consommateurs a sollicité six d'entre elles : Auchan, Carrefour, Casino, E. Leclerc, Intermarché, Système U afin de recueillir leurs réactions… mais le succès n'a pas été au rendez vous. Loin de là. La plupart n'ont pas souhaité répondre ou ont invoqué des situations parfois tendues, accompagnées de violences verbales, quand la vente d'alcool est refusé, obligeant le personnel à ne pas questionner les clients mineurs. D'autres enfin se sont contentées de brandir la charte d’engagement que les principaux distributeurs ont signé début avril avec la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca) afin de mieux encadrer la vente des boissons alcoolisées.

Pour 60 millions de consommateurs, les pouvoirs publics ont aussi leur rôle à jouer : "Des contrôles en magasin semblent indispensables, afin de sanctionner ceux qui ne respectent pas la loi". Elle vaut pour tous les débits de boissons, commerces, supermarchés, lieux publics... Les contrevenants encourent une amende de 7.500 € (article L. 3353-3 du code de la santé publique). En cas de récidive dans les cinq ans, ce montant est doublé.

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