Fast-food, bonbons, pâte à tartiner... Ce que vous pouvez (ou pas) faire manger à vos enfants

Famille

MIAM - Alors que l'on célèbre le goût toute cette semaine un peu partout en France, il est souvent difficile pour les parents de s'y retrouver parmi toutes les injonctions entendues à propos de l'alimentation des enfants. Un nutritionniste et une docteure en pharmacie tordent le cou aux idées fausses dans un livre qui vient de paraître.

"Manger cinq fruits et légumes par jour", "Pas trop gras, trop sucré, trop salé", "Bouger...Faire du sport"... Alors que l'on fête jusqu'au 13 octobre la Semaine du Goût, il est de plus en plus difficile pour les parents, quand il s'agit de nourrir leurs enfants, de naviguer entre les messages de prévention et de santé, les régimes douteux et les modes qui prônent parfois l'exclusion de certains aliments. Comment s'y retrouver ?

Le Dr Jean-Michel Lecerf, chef du service Nutrition & Activité physique de l'Institut Pasteur de Lille et Sylvie Roy, docteure en pharmacie, ont décidé de rétablir certaines vérités dans un livre qui vient de paraître : "Nutrition des enfants, arrêtons de faire n'importe quoi !" (Editions Albin Michel). Selon eux, une bonne alimentation repose finalement sur peu de choses - et beaucoup de bons sens - : "Diversité et variété, avec au moins 14 aliments différents par jour ; modération, car l'excès en tout nuit ; plaisir et convivialité". Découvrez ci-dessous 6 idées reçues passées au crible par nos experts.

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La viande rouge est-elle mauvaise pour mon enfant ?

Faut-il bouder la viande rouge ? Cette question légitime, beaucoup de parents se la posent, notamment après les scandales alimentaires (vache folle, lasagnes à la viande de cheval, steaks hachés contaminés...) qui ont entretenu son discrédit. Sans compter que sa consommation excessive est accusée d'être à l'origine de cancers. De quoi, effectivement, vous dégoûter d'en donner à vos enfants ! Mais pour les auteurs, "seul son excès est déconseillé. Chez le jeune enfant, une consommation de 50 à 100 g de viande par jour est suffisante ; chez l'adolescent 100 à 120 g conviennent", recommandent-ils. A part ça, "la viande, et surtout la viande rouge, est une source non négligeable de fer et de zinc. De plus, ils sont mieux absorbés par l'organisme que via le poisson, les œufs ou les lentilles".

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Faut-il s'interdire de l'emmener au fast-food ?

On le sait bien, les fast-foods sont loin de représenter le canon de la diététique : hamburger taille XXL, frites huileuses, sodas et glaces sucrés. Pour autant, le Dr Jean-Michel Lecerf et Sylvie Roy se veulent mesurés. "L'important, c'est de faire attention à la taille des portions. L'idéal étant de se limiter à 600 ou 700 kcal", soulignent-ils. Et vous pouvez faire aisément le calcul, les enseignes étant en général assez transparentes sur le sujet. L'ennemi, selon eux, reste cependant la boisson sucrée qui fait exploser le compteur en n'apportant que du sucre. Résultat, pour satisfaire tout le monde, les auteurs préconisent de laisser les enfants y aller de temps en temps, une fois par mois par exemple. "En effet, leur interdire ne sera probablement pas efficace puisque cela rendra leur désir de s'y rendre plus grand encore", expliquent-ils.

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Dois-je lui interdire les bonbons ?

Les bonbons sont eux aussi accusés de tous les maux : coupables de favoriser les caries - ce qui est le cas - mais aussi de faire grossir, de donner du diabète, de favoriser l'ostéoporose et de déclencher le syndrome hyperactivité-déficit (HADA)... Pour les auteurs cependant, "aucune étude n'a clairement démontré que la consommation de friandises jouait un rôle dans l'épidémie d'obésité. Tout dépend là encore de la quantité consommée et de l'activité physique. Il est clair qu'il vaut mieux éviter l'excès de friandises contenant divers colorants et additifs, notamment en raison d'un doute quant à leur rôle dans le syndrome HADA", préviennent-ils. Quant aux caries, "leur prévention passe par un brossage des dents systématique (avec un dentifrice au fluor) après toute prise de bonbons, friandises et sucreries et bien sûr le soir avant le coucher. Mais pas question de les priver de ce petit plaisir, qui fait du bien au moral, s'ils aiment en manger de temps en temps", conseillent-ils.

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VIDÉO - Mais que se cache-t-il vraiment dans nos bonbons ?

Faut-il supprimer le gluten de son alimentation ?

Difficile de se faire une idée tellement le gluten est au centre de toutes les discussions aujourd'hui. Pour les auteurs, en dehors des rumeurs, trois pathologies sont concernées par le blé ou le gluten : "La première, assez rare, est l'allergie au blé, l'IgE. Elle survient le plus souvent après un effort, mais n'est pas liée au gluten. La deuxième, classique, est la maladie cœliaque. Elle est beaucoup plus fréquente qu'on ne le pensait et débute souvent dans l'enfance, et la troisième concerne surtout l'adulte, il s'agit de l'hypersensibilité non cœliaque au gluten", détaillent-ils. Pour autant, selon nos deux spécialistes, "il ne faut pas le supprimer sans justification médicale. Car le faire sans raison, c'est exposer votre enfant à un déséquilibre alimentaire, et peut-être à un risque accru de diabète. Une telle exclusion ne s'improvise pas", alertent-ils.

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Les gâteaux et les biscuits sont-ils déconseillés ?

Ah, l'obsession des kilos ! Pour le Dr Jean-Michel Lecerf et Sylvie Roy, "elle a pris le pas sur tous les discours en matière de nutrition. Résultat, l'alimentation n'est désormais vue que sous un angle négatif. Or, tout est question de quantité et de variété", répètent-ils. Et cette anxiété alimentaire peut avoir des effets pervers. Les auteurs ont ainsi observé que si l'on ne s'exprime que dans le registre sanitaire, des troubles du comportement alimentaire s'installent très tôt chez les enfants avec des risques d'anorexie ou de boulimie précoce. Alors pour détourner les enfants de leurs sacro-saint biscuits, ni chantage, ni pression. "Si vous préférez qu'ils mangent des fruits, montrez-leur que vous vous régalez avec, ils vous suivront. Vous pouvez aussi faire des crêpes et des gaufres, c'est une excellente façon de varier les plaisirs", indiquent-ils.

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Faut-il proscrire la pâte à tartiner ?

Autre bête noire souvent pointée du doigt par les parents, la fameuse pâte à tartiner. "Elles sont très caloriques, c'est une évidence, s'amusent nos experts. Mais contrairement à ce que vous pourriez penser, elles ne le sont pas plus ni moins que le chocolat". Par ailleurs, "aucune étude n'a clairement montré que le Nutella faisait prendre du poids, même s'il a tout pour", soulignent-ils. Qu'est ce que cela veut dire ? "Que vous pouvez en manger occasionnellement et non systématiquement (ce n'est pas un aliment de première nécessité) et que vous pouvez acheter des pots petit format", conseillent-ils. Pas besoin donc de les mettre sous clé, car "finalement cela ne pose guère de problème lorsque votre enfant garde une activité physique régulière qui lui permet de se dépenser".

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