Autoproclamé "Daddy Gaga", il raconte son expérience de jeune père aux futurs papas (et c'est hilarant)

Famille

PATERNITÉ - Pléthore de questions peuvent tarauder les futurs pères. Voici cinq conseils dispensés par Julien Chavanes, auteur inspiré du livre "Daddy Gaga", publié chez Plon, pour aider les novices en couches et en biberons à devenir papa en toute sérénité.

Paternité, ton univers impitoyaa-aable. A l'arrivée d'un premier enfant, certains papas deviennent des as de l'éducation, des artistes du combo poussette-couches-biberons. Bravo à eux, ils sont parfaits. Mais d'autres ont décidé d'emprunter une autre voie, à l'image de Julien Chavanes, rédacteur en chef éclairé du magazine Néon, qui se surnomme "Daddy Gaga". 

Publié chez Plon, son livre éponyme passe en revue 30 questions, 30 tutos, 30 aventures dans ce territoire hostile qu'on appelle la paternité : comment habiller son enfant alors qu'il ne reste plus que quelques minutes avant la livraison à l'école et qu'il se pavane en slip au milieu du salon ? Comment l'endormir alors que Pinpinou, le roi des lapinous, a disparu du domicile familial ? Comment survivre à une virée au parc au milieu d'une horde de marmots possédés ? Autant de questions universelles qui appellent des réponses l'étant tout autant. Pour LCI, l'auteur, alias "Daddy Gaga", dispense cinq "conseils" déculpabilisants aux futurs papas. 

1 - N'écouter aucun conseil

"Je ne m’estime pas expert ès paternité, je raconte juste mon vécu, mon expérience. Juste avant l’arrivée de ma fille, je me souviens avoir été étourdi par l’avalanche de conseils que ma compagne et moi-même prenions dans la tronche. Comme tous ces jeunes parents qui éprouvent cette sensation de ne plus s’appartenir à eux-mêmes mais d’appartenir désormais à une grande communauté humaine – dans le sens où on enfante, on se reproduit. Du coup, tout le monde s’autorise à dire comment il faut se comporter avec sa progéniture, ce qu’il faut faire, etc., à grands coups de 'détends-toi, ça va bien se passer' ou 'prends telle qualité de lait'. Tout un brouhaha assourdissant qui peut donner envie de décapsuler une bouteille de bière avec ses dents. Bien sûr, il faut relativiser : il ne s’agit pas de refuser systématiquement tous les conseils mais de s’autoriser à faire le tri. Et puis, avouons-le, c’est un sujet de conversation extrêmement soporifique à la longue. On n’est pas que des parents. Dans l’absolu, aucun conseil ne peut réellement préparer à ce grand chamboulement qu’est l’arrivée d’un enfant."

2 - Rire de soi

"Il faut essayer de trouver un peu de second degré et supporter la réalité des choses, à savoir que les premiers mois sont un enfer. Il faut se marrer quand on rate un biberon, quand on ne se souvient plus du dosage du lait en poudre, quand on galère pour mettre un petit bras dans un petit body, quand on voit des régurgitations sur son pull au bureau, quand on réalise notre absence de vie sociale, quand on s’habitude aux nuits très courtes. Comme je le raconte dans Daddy Gaga, la naissance de notre fille a été sportive, avec une dose de stress importante, qu’on a eue du mal à digérer. Du coup, on a vécu des premières semaines un peu compliquées. Elle avait mal au ventre et hurlait tout le temps, comme si elle n’avait pas très bien vécu, elle non plus, son arrivée dans ce vaste monde. Bref, tout le monde était à cran. Et  c’est vraiment lorsqu’on a commencé à retrouver notre sens de l’humour que les choses se sont détendues. Et c’est devenu encore plus fun quand notre fille s’est mise à rire avec nous, avec son humour 'caca-prout'. Ça m’a permis de me sentir de plus en plus à l’aise dans mon rôle de père. Il faut dédramatiser et arrêter de culpabiliser."

3 - Rire de l'enfant aussi

"Un enfant en bas âge, c’est très marrant. Ce n’est pas qu’une merveille devant laquelle il faut en permanence s’ébaubir, c’est avant tout un petit être très primal qui a juste besoin de manger, de boire, de chier, et qui a une tête pas possible dans la plupart des situations (en fait il ressemble globalement à une version de vous bourré…)  L’idée ce n’est évidemment pas de se moquer de lui, mais de trouver là aussi un peu de recul et de légèreté."

4 - Faire le deuil du papa parfait que vous pensiez devenir

"Chaque chronique de Daddy Gaga se termine ironiquement sur le mode 'bravo, vous êtes un papa parfait", alors que tout ce qui s’est passé précédemment tient grosso modo du fail. Globalement, je trouve qu’il y a une absence de discours sur ce qu’est la paternité. Bien sûr que le père ne vit pas ce que vit la mère, rien de comparable, mais c’est tout de même un grand bouleversement émotionnel...  Socialement, l’homme devrait vivre sa paternité sans ciller, en bon mâle alpha… Une posture qui, à mon sens, gagnerait à être bousculée. Personnellement, je n’ai pas super bien vécu l’arrivée de ma fille, j’ai développé une sorte de baby blues (ce qui, oui, arrive aussi à certains pères, et plus fréquemment qu’on l’imagine). Ça n’a pas duré longtemps et j’ai rapidement trouvé mes marques, mais j’ai été presque surpris d’éprouver des sentiments beaucoup plus contrastés que ce que j’avais imaginé. Notre génération est différente de celle de nos pères. On a envie de s’investir, de comprendre, d’en savoir plus, d’en faire plus et éventuellement de faire mieux. Pour citer un copain, 'on est la première génération des papas à quatre pattes' ; en d’autres termes, nous sommes les premiers papas à jouer avec leurs enfants, à changer les couches, à se lever la nuit pour le biberon etc. Comme c’est très nouveau, il existe finalement peu de littérature là-dessus."

5 - Si vous n'arrivez pas à appliquer les conseils 2, 3, et 4, vous en remettre au numéro 1.

"Ecoutez, c’est simple : si vous avez envie d’être un papa parfait, de ne pas rire de la situation et d’appliquer à la lettre les conseils qu’on vous donnera, n’écoutez surtout pas ce que je dis. Marrez-vous juste avec le bouquin."

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