Avoir un grand frère retarderait l'acquisition du langage, selon des chercheurs

Famille

ÉTUDE - Jusqu'à maintenant, on avait tendance à penser qu'être le second d'une fratrie était stimulant pour développer ses capacités linguistiques. En fait il n'en est rien, bien au contraire. Une équipe de chercheurs du CNRS et de l'Inserm vient même de démontrer que l'acquisition du langage chez un enfant ayant un frère aîné serait moins rapide.

En tant que parent, on a tendance à penser qu’un enfant ayant un frère ou une sœur aînés va grandir dans un environnement linguistique beaucoup plus stimulant et va développer du coup plus rapidement ses capacités linguistiques que le premier né. Mais dans les faits, plusieurs études ont démontré le contraire. 

La dernière en date - publiée le 14 août dans la revue Psychological Science - apporte même une précision encore plus étonnante : selon des chercheurs du CNRS, de l’AP-HP, de l’EHESS, de l’ENS et de l’Inserm, seuls les grands frères ralentiraient l'acquisition du langage de leurs cadets. Les enfants ayant une grande sœur présentant quant à eux un développement identique aux enfants n’ayant pas d’aîné.

Pour arriver à ce résultat, l'équipe de recherche a suivi plus de 1000 enfants de leur naissance à leurs cinq ans et demi. Leurs capacités linguistiques ont été évaluées à 2, 3 et 5 ans et demi par des tests mesurant plusieurs aspects du langage, tels que le vocabulaire, la syntaxe ou encore le raisonnement verbal. Et bien les enfants ayant un grand frère présentent en moyenne deux mois de retard sur le développement de leur langage par rapport aux autres enfants ayant une grande sœur !

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Deux hypothèses

Pour les scientifiques, deux hypothèses permettraient d’expliquer cette étonnante conclusion. La première serait que les sœurs aînées, en parlant plus volontiers à leurs cadets que les frères, compenseraient la moindre disponibilité des parents. Une autre hypothèse serait que les sœurs aînées soient moins en compétition que les frères aînés pour s’attirer l’attention parentale.

Si cette étude ne permet pas de départager ces deux hypothèses, elle met en évidence que le développement du langage précoce du cadet d’une fratrie a tendance à être ralenti lorsque l’aîné est un garçon. Pour poursuivre leurs travaux, les scientifiques veulent maintenant examiner l’impact de la culture (notamment l'origine géographique) sur ces résultats.

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