Jusqu'à quel point faut-il gâter ses enfants à Noël ?

Famille
SOUS LE SAPIN - A l'approche du 24 décembre, les enfants sont dans les starting-blocks. Ils attendent de pied ferme l'arrivée du Père Noël et nous, parents, on se décompose à l'idée de ne pas réussir à cocher toutes les cases de leur liste de cadeaux. Faut-il pour autant céder à tous leurs désirs ? Pas si sûr... A méditer avant de finir de remplir la hotte.

Toujours plus... Plus gros, plus beaux, plus nombreux. Chaque année,  nombre de parents se mettent la pression pour offrir un Noël inoubliable à leurs enfants. Certains sont même prêts à en arriver aux mains pour arracher la dernière console de jeu disponible en rayon, quand d'autres font tous les magasins de jouets à 50 km à la ronde pour trouver une licorne en rupture de stock.


Et que dire quand les familles sont recomposées ? Avec le Noël chez papa, chez maman, avec les beaux-parents, grands-parents, parents de beaux-parents, ça fait un paquet de cadeaux. "Sans compter l'envie de surenchère, plus ou moins consciente, pour compenser l'absence ou quand la rivalité est trop grande entre les parents. Une pulsion contre laquelle il faut à tout prix lutter", prévient la pédopsychiatre Béatrice Copper-Royer, spécialiste de l'enfance et de l'adolescence. "Il faut notamment arrêter de se dire que l'enfant préférera le parent qui fera le cadeau le plus cher. Ça n'a évidemment rien à voir".

93,5 millions de jouets vendus en 2017

Selon le baromètre Approuvé par les Familles, les Français déposeront cette année en moyenne 8 jouets sous le sapin, pour un budget moyen de 143,05 € (contre 128,78 € en 2017). Et si l'on regarde les statistiques de l'année dernière, il s'est vendu 93,5 millions de jouets (source NPD et La Grande Récré). Un chiffre qui montre combien l'envie de gâter ses enfants est prégnante dans notre société. 


"Dans un monde où les liens sont devenus fragiles, les enfants sont au cœur de l'univers affectif de leurs parents", explique à LCI la pédopsychiatre. "Ces derniers ont un vrai besoin d’être aimés par eux. Du coup, ils veulent absolument les combler et les rendre heureux. Offrir des cadeaux, c’est l’assurance de recevoir, en retour, de la reconnaissance et des gratifications, et d’être réconfortés par leur regard émerveillé".

Couvrir ses enfants de cadeaux ? C'est juste être dans la satisfaction d'un désir.Béatrice Copper-Royer, pédopsychiatre

Mais faut-il pour autant transformer leur chambre en magasin de jouets ? A l'image de cette mère de famille britannique qui a fait le buzz l'année dernière après avoir publié sur Facebook une photo de son sapin de Noël enseveli sous les cadeaux. Et pour cause, le 25 décembre, ses trois enfants avaient reçu pas moins de 300 cadeaux pour une valeur totale de 2000 € ! 


Accusée de vouloir acheter leur affection, la jeune femme s'était ensuite expliquée dans une interview au Daily Mail : "On peut offrir 2 ou 200 cadeaux à ses enfants, c'est la manière dont on les donne qui compte. Mes enfants savent faire la différence entre ce qui est bien et ce qui est mal. Ils ne sont pas gâtés tout au long de l'année et nous ne partons jamais pour des vacances hors de prix", s'était-elle justifiée auprès du tabloïd.


Une attitude qui apparaît tout de même bien trop excessive, comme le souligne Béatrice Copper-Royer : "Cela n'a pas de sens. On est dans la démesure. C'est une façon pour cette maman de montrer que ses enfants sont tout pour elle, et en retour elle est tout pour eux. C'est juste être dans la satisfaction d'un désir".

"C'est le Père Noël qui choisit"

Gâter oui, mais avec raison donc. Ainsi, pas question d'offrir toute la liste de jouets à ses rejetons. "Elle ne doit représenter que des souhaits, en tout cas ça doit être expliqué comme cela. D'autant que ça aménage une part de surprise, ce qui est plutôt réjouissant, sinon il n'y a plus du tout de magie", commente la thérapeute. "Aux parents ensuite de faire leur choix en fonction de leur budget. Et s'il y a moins de cadeaux à Noël, on explique pourquoi, notamment aux plus grands, en leur indiquant l'importance des priorités : on leur dit par exemple que parfois on peut être dans le superflu et parfois ce n'est pas possible, parce qu'il y a des travaux à faire, un déménagement, des factures à payer..."


"Pour les plus petits, il faut leur dire que c'est le Père Noël qui choisit", poursuit la spécialiste de l'enfance. "D'autant qu'entre 3 et 6 ans, les enfants n'ont aucune notion de valeur. Ils peuvent vouloir tout et n'importe quoi, il ne faut donc pas prendre leur liste au pied de la lettre. Tout est dans la façon de donner, la joie de le faire. Mais il ne faut surtout pas être dans la culpabilité. C'est un poison."

Une question d'éducation

Tout est donc une question d'éducation. Car à trop vouloir couvrir ses enfants de cadeaux - dont il se moque pour la plupart -  certains parents prennent le risque de les blaser. "Sans oublier que ce genre de comportement peut entraîner une surenchère dans tous les domaines. Il est donc important que les parents imposent des limites : on ne peut pas avoir tout ce qu’on veut, tout le temps. Sinon, ils en feront des enfants tyrans", alerte la pédopsychiatre.


 Pour y remédier, pourquoi ne pas écrire en famille la liste au Père Noël ? "Les parents peuvent ainsi guider les enfants et s'ils sont plus grands, leur expliquer qu'ils ne peuvent pas tout avoir et qu'ils doivent choisir. On peut aussi leur suggérer de faire, eux-mêmes, des cadeaux. A partir de 8/10 ans, ça me paraît essentiel. Histoire de leur montrer qu'ils peuvent aussi penser à autre chose que leur nombril et s'intéresser, par exemple, à ce qui pourrait faire plaisir à un frère, une sœur, ou un parent. Et rien ne les empêche de les confectionner eux-mêmes !" A bon entendeur... 

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