Les blagues Carambar ont 50 ans : comment ce qui fait rire les enfants a évolué en un demi-siècle

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HUMOUR CARAMÉLISÉ - Carambar n'est pas près de prendre sa retraite. La célèbre barre de caramel a décidé de fêter dignement les 50 ans de ses inimitables blagues en leur donnant vie grâce à Snapchat. Un coup de jeune pour cette marque culte qui a su séduire des générations d’enfants. Mais comment s'y prenait-elle en 1969 ?

"Ça y est, c'est activé", lance, pas peu fière, Pascale Infante, la directrice marketing de Carambar&Co . Depuis le 1er avril, les inimitables devinettes associées à la célèbre barre de caramel prennent vie et s'animent avec Snapchat. Grâce à 50 snapcodes différents à retrouver sur les papillotes, les amateurs de jeux de mots peuvent faire apparaître sur leur smartphone un personnage en forme de Carambar qui leur racont la dernière blague du moment. Un voyage vers le futur qui durera jusqu'à la fin de l'année pour fêter dignement les 50 ans de ces fameuses histoires drôles, qui ont fait rire des générations d'enfants, ainsi que leurs parents.

"Ce petit coup de jeune était nécessaire après que la marque se soit un peu endormie, nous explique Pascale Infante. Du coup, après avoir modernisé les goûts l'an dernier, avec des gammes qui colorent la langue ou qui piquent, histoire de séduire à nouveau les ados, il fallait s'attaquer à leur terrain de jeu favori, c'est à dire le virtuel, en dépoussiérant la façon de lire ces fameuses blagues". 

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"Des blagues consensuelles et gentilles"

Toutefois, que les puristes se rassurent, "les devinettes 2.0 ne remplaceront pas celles inscrites sur le petit emballage jaune". Pas question, en effet, d'effacer ce qui a fait le succès de Carambar depuis 1969. Des devinettes du genre : "Que dit un oignon quand il se cogne ? Aïe", ou bien "Quel est le comble pour un marin ? Avoir le nez qui coule". 

"La blague Carambar doit être avant tout consensuelle, gentille - certains diront naïfs - et ne pas aller sur des terrains sensibles (politique, religion...) puisqu'elle s'adresse à un public d'âges divers. Il y a d'abord les petits qui commencent à peine à lire et qui sont contents de décortiquer ces histoires drôles, c'est un peu leur initiation à l'humour. Il faut aussi que les parents les comprennent et que ça fasse rire les ados", décrypte Pascale Infante. 

Les premiers auteurs sont des écoliers

Dès ses débuts, Carambar a donc tout misé sur un public très jeune. "Dans les années 60, les histoires drôles étaient rédigées par des écoliers qui, à l’issue d’un concours de sélection, voyaient leur blague apparaître sur les papillotes. Et pour les remercier, les heureux élus recevaient leur poids en bonbons. Cela a duré de nombreuses années, puis ce sont les blagues de Toto qui ont été plébiscitées, relate la directrice marketing. Demander au consommateur d'envoyer des blagues, c'était aussi une façon de coller au ton du moment".

Loin de rester figé, Carambar décide ensuite dans les années 90 de se renouveler avec de nouvelles séries de blagues, les "Monsieur et Madame", les "Ta mère", les "T'es pas cap" ou encore les "On ne dit pas". Puis, en 1999, pour célébrer le milliardième Carambar, le concours de blagues a été ressuscité. "Résultat, près de 2 000 histoires imaginées par des aficionados de la marque ont afflué au siège. Plus de 400 ont fini sur les papillotes avec en guise de remerciement le prénom de leur propriétaire, en forme de signature", se souvient la jeune femme.

Les années 2000 ouvriront ensuite l'ère des collaborations avec des humoristes pour booster et rajeunir les devinettes. "Zep propose d’abord ses services en 2001 avec son personnage de Titeuf et crée une soixantaine de blagues. En 2008, c’est au tour d’Elie Semoun de créer une série spéciale autour de ses sketchs. Puis en 2016, la marque lance une édition de blagues pour adultes, un peu plus grivoises certes, mais toujours aussi "grand public", comme par exemple : "Qu’est-ce qui a chaud au manche et aux fesses ? Une casserole !", ou bien "Qu’est-ce qui détend et qu’on fait avec la langue ? Une grimace !"

"Finalement, selon les époques, Carambar a toujours collé à l'humour du moment, c'est ce qui a fait son succès", souligne Pascale Infante. Aujourd'hui, par exemple, on a un ton résolument moderne qui colle plus à l'ère de Youtube. Il y a davantage de jeux de mots et les chutes sont plus écrites". Mais attention tout de même à ne pas pousser le bouchon trop loin :  quand en 2013, la marque a annoncé - pour rire - que ses blagues allaient être remplacées par des questions ludo-éducatives, le tollé fut général. On ne touche pas à un objet du patrimoine...

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