Cinq études qui montrent combien les "1000 premiers jours" d'un enfant sont décisifs

Famille

DÉVELOPPEMENT - Emmanuel Macron lance ce jeudi la "commission des 1.000 premiers jours", afin de répondre aux questions que les parents des enfants en bas âge se posent. Une initiative qui rappelle que effectivement, tout se joue avant la maternelle. La preuve en cinq études.

Emmanuel Macron lance ce jeudi la "commission des 1.000 premiers jours", présidée par le psychiatre Boris Cyrulnik, qui aura pour mission d'élaborer un plan répondant aux nombreuses questions que se posent les parents des enfants en bas âge. Ce concept des "1000 premiers jours de l'enfant", fondé sur un rapport publié par l'OMS,  existe depuis plusieurs années. Et comme l'intitulé l'indique, l'objectif consiste à accompagner un nouveau-né et ses parents jusqu'à l'âge de deux ans et demi environ - notamment avec des services et conseils en matière de nutrition, de prévention contre les perturbateurs endocriniens, d'acquisition du vocabulaire, d'exposition aux écrans... Il s'agit donc de surinvestir cette période où, pour citer le chef de l'Etat, "beaucoup se joue". 

Une initiative qui rappelle qu'on ne naît pas parent mais qu'on le devient. Et donc qu'un adulte ne sait pas toujours tout sur le développement du nouveau-né. Voici cinq études qui permettent de voir combien cette période est fondatrice.

L'apprentissage du langage, reflet des inégalités

D'après une étude réalisée en 2019 par Santé Publique France, l’apprentissage du langage dépend du niveau socio-économique des parents. En détail selon ces travaux, les enfants de deux ans dont la mère a un niveau de diplôme inférieur au BEPC connaissent 70 mots sur 100 proposés, quand ceux dont la mère a un diplôme supérieur à Bac + 2 en maîtrisent 80. Même constat une décennie plus tôt aux Etats-Unis, où il avait été montré qu’à 3 ans, les enfants de familles pauvres connaissaient 500 mots contre 1 000 pour les familles aisées. Preuve donc qu'il existe bien des "inégalités sociales" face au langage, celles-là même que la "commission des 1000 jours" cherche à déjouer au plus tôt. 

Un nouveau-né distingue immédiatement les émotions dans la voix

D'après cette étude anglaise datant de 2019, les bébés peuvent décrypter les émotions de ceux qui leur parlent avant même de comprendre les mots qu'ils prononcent, grâce au rythme ou à l'intonation de la voix : ils peuvent alors savoir si leurs parents sont joyeux, en colère ou d'une autre humeur, et tendent ainsi à développer leurs émotions. D'où la nécessité de dialoguer avec eux.

Les câlins sont bons pour son cerveau

Selon une étude américaine réalisée en 2018, câliner un nouveau-né dans les premiers mois de sa vie, avant le sevrage, pourrait avoir des conséquences sur son développement, son bien-être mais aussi sur sa vie future au niveau de sa santé physique et mentale. De même, une étude publiée dans la revue scientifique Applied Developmental Science a constaté, auprès de 600 nouveaux-nés, que les enfants pris en charge par leurs parents à chaque pleur étaient beaucoup moins anxieux et le seraient moins dans le futur.

Un bébé ne s’épanouit pas avec les écrans

Selon une étude canadienne réalisée en 2019 menée auprès de 2 500 enfants âgés de deux ans, laisser un enfant de cet âge trop longtemps devant un écran pourrait retarder l'acquisition du langage et la sociabilité.

Un nouveau-né est sensibilisé à la parole par la musique

Selon une étude américaine parue en 2016, l'écoute de la musique pourrait bel et bien influencer le développement des capacités d'apprentissage de la parole chez les bébés. Exposés à la "pratique musicale", les nouveau-nés montrent une meilleure réceptivité neuronale aux structures rythmiques inhérentes à la parole, et donc une meilleure discrimination auditive, déterminante pour son acquisition.

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