Comme Keira Knightley, devriez-vous interdire à votre fille de voir des dessins animés Disney ?

Comme Keira Knightley, devriez-vous interdire à votre fille de voir des dessins animés Disney ?

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FÉMINISME - Keira Knightley a récemment confié en interview que sa fille n’avait pas le droit de regarder les films Disney, en particulier "Cendrillon" et "La petite sirène", qu'elle estime sexistes. Bonne ou mauvaise décision ? Nous avons posé la question à une psychothérapeute.

Après avoir critiqué l'injonction faite aux femmes d'être parfaites pendant l'accouchement, Keira Knightley continue d'affirmer son féminisme. Invitée sur le plateau du "Ellen DeGeneres Show" pour la promotion du biopic sur la romancière Colette, la star britannique a en effet révélé que sa fille Edie avait interdiction de regarder les films d'animation Disney inspirés de contes pour enfants, très précisément Cendrillon et La petite sirène


La star ne goûte pas vraiment la morale de Cendrillon, qui attend "qu’un homme riche vienne la sauver" ("Ne fais pas ça ! Sauve-toi toi-même!", lance l'actrice) ainsi que celle de La Petite Sirène ("Les chansons sont bien, mais s'il te plaît ne donne pas ta voix pour un homme..."). Mais en réalité, les exemples pourraient être plus nombreux : on peut également évoquer à la Belle et la Bête (coucou, le syndrome de Stockholm) ou encore Blanche Neige (qui fait le ménage dès qu'elle arrive chez les nains). 


D'accord mais les enfants, eux, à leur niveau, prennent-ils réellement tous ces messages au pied de la lettre ? En tant que parents, devons-nous effectivement éviter de leur montrer ce genre de dessins animés aux messages si peu féministes ?

De la nécessité de distinguer la réalité de l'imaginaire

Geneviève Djénati, psychothérapeute qui connaît bien Disney pour avoir notamment disséqué son univers et ses codes dans plusieurs livres (Psychanalyse des dessins animés et Le prince charmant et le héros), tient à apporter de la nuance sur la manière dont les enfants reçoivent ses productions : "Il est vrai que, chez Disney, les hommes se voient comme des héros et les femmes voient ces hommes comme des princes charmants, décrypte-t-elle pour LCI. Pour autant, attaquer Disney sur les codes de ses films d'animation, c’est à mon sens ne pas comprendre la dimension à tiroirs des contes de fées." 

On a raconté pendant des décennies des histoires de princesse et c’est pas pour autant qu'une fois adultes, les femmes se baladent avec une rose et de la dentelle dans la rue.Geneviève Djénati, psychologue clinicienne et psychothérapeute

Selon la psychothérapeute, Walt Disney a repris les contes de fées dans tous ses dessins animés pour mettre en exergue des problématiques qui étaient les siennes, le roi de l'animation ayant notamment selon elle une "identification forte à Blanche Neige et à son lien familial compliqué".


Des problématiques que les petites filles ne vont pas prendre pour argent comptant. "Être princesse pour une petite fille, c’est un rêve, ce n’est pas la réalité, explique Geneviève Djénati. On a raconté pendant des décennies des histoires de princesse et ce n'est pas pour autant qu'une fois adultes, les femmes se baladent avec une rose et de la dentelle dans la rue. Il faut y voir la dimension symbolique. Le problème réside en réalité lorsque la société de consommation empêche d’accéder au symbolisme, et donc à la rêverie, et donc à la créativité. Si on est bien éduqué, on continue de faire la distinction entre la fiction (soit l’imaginaire qui emmène au symbolisme) et la réalité." A chacun, donc, de montrer le bon exemple à la maison.


Que l'on se rassure, toutefois : si elle refuse Cendrillon et La petite sirène, Keira Knightley n'est pas pour autant une mère fouettarde bannissant tous les films d'animation de la maison. Elle vante notamment les mérites du Monde de Dory, de La reine des neiges et de Vaiana

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