Comment élever ses enfants sans l'aide de l'autre ? 5 conseils pour parents solos

Famille
SÉPARATION - En France, une famille sur cinq est monoparentale, et dans la grande majorité des cas, c'est une femme qui est à la tête de cette tribu un peu différente. A l'image de Valérie Roumanoff : cette hypnothérapeute a publié un guide, bourré de conseils, pour savoir comment gérer le quotidien en solo. Décryptage...

Si la monoparentalité n’est pas un phénomène nouveau, son incidence a considérablement augmenté. Selon les données de l'Insee, la proportion de familles monoparentales est passée de 9,4% à 23 % en France entre 1975 et 2014 (le motif premier qui conduit à la famille monoparentale étant la rupture du couple, les cas de décès ou de naissance hors couple étant très minoritaires). Au total, on compte 2,6 millions de familles de ce type, qui sont dans 87 % des cas constituées d’une mère avec ses enfants. 


Une réalité vécue par Valérie Roumanoff. Quand cette hypnothérapeute est devenue maman solo, elle a également perdu la même année son emploi et son appartement. Autant dire que le monde s'écroulait et qu'elle avait de bonnes raisons de déprimer. Pire encore, en quête d'aide et de conseils, elle n'a trouvé sur Internet ou dans des livres que des réponses du type : "C'est une situation très difficile", "Financièrement, c'est horrible !" ou bien, "Vous risquez le burn-out maternel". 


Faisant fi de ce discours négatif, elle a donc décidé d'écrire un guide : "Parent solo. Avec (ou sans) l'aide de l'autre parent, élever ses enfants avec zen et bienveillance" (Editions Eyrolles). Histoire de s'autoriser encore à sourire, "même quand tout semble vouloir se mettre en travers de notre chemin". "J'ai connu la sidération, la tristesse, la peur, le désespoir, la colère, j'en passe et des meilleures", raconte-t-elle à LCI, "mais le rire a été la meilleure des armes". Son livre, bourré de témoignages, de conseils, et de jeux, est le parfait antidépresseur, notamment quand on traverse une séparation difficile.

Comment gérer le quotidien en solo ?

"Comme dans tout changement de vie, il y a une période d'adaptation qui est nécessaire", affirme tout de go Valérie Roumanoff. "Il est donc normal de perdre son calme, de se sentir débordé, perdu, déboussolé. Mais comme on a déjà tendance à culpabiliser, il ne s'agit pas d'en rajouter une couche. Vous allez donc être amené à affronter différentes situations, mais sachez que des solutions existent pour les affronter".


Si on perd son calme avec ses enfants

"En tant que parent solo, on peut avoir peur de manquer d'autorité et devenir plus dur qu'avant pour compenser l'absence de l'autre parent. Quand on s'énerve, quand on perd le contrôle, quand on ne réagit pas de manière juste, il est très utile de s'excuser", répond l'auteur. "Les tout petits enfants peuvent comprendre qu'on regrette ce qui s'est passé si on leur parle calmement et avec des mots simples".


Si on veut s'affranchir de la "charge mentale"

Penser à tout, tout le temps, c'est le quotidien de beaucoup de parents, mais quand on est seul, cette charge s'alourdit forcément. Car même si on n'était pas aidé en couple, on avait au moins l'espoir de l'être à un moment ou à un autre. Pour y remédier, Valérie Roumanoff conseille de lister, dans un premier temps, tout ce que l'on a à faire, et de transformer certaines tâches en quelque chose de moins contraignant, comme par exemple faire ses courses avec une copine et ses enfants, histoire de transformer ce passage obligé en discussion sympathique et en moment de jeu pour les plus jeunes. Faire participer ses enfants aux tâches ménagères est également une bonne façon de passer du temps de qualité avec eux, affirme l'auteur.


Si on veut y voir plus clair

"Quand on se sent perdu ou dépassé par les événements ou par des émotions, rien de tel qu'une bonne séance de rangement", dit Valérie Roumanoff. Alors, triez, classez, jetez. "Ces gestes anodins sont porteurs de sens et votre inconscient fera en même temps le tri dans votre esprit".

Des pièges à éviter

Quand on devient parent solo, on a souvent l'impression que la famille disparaît, il faut donc sans tarder retrouver un nouvel équilibre. Et pour l'enfant, il est parfois difficile de se positionner. Doit-il prendre parti ? Remplacer le parent absent ? "Dans ces temps de flottement, il y a deux pièges à éviter", affirme Valérie Roumanoff.


Piège n°1 : Ne pas prendre son enfant pour son confident

Biberonné aux conseils de la psychanalyste Françoise Dolto, on a longtemps pensé que "la parole guérissait". Résultat, on s'est mis à tout dire à ses enfants avec moult détails et ce, dès leur plus jeune âge. Grossière erreur. Pour autant, il ne s'agit pas non plus de ne rien leur dire, surtout quand il se passe des choses importantes dans la famille. Pour l'auteure, "il s'agit de faire la part des choses, d'employer des mots simples, adaptés à l'âge de ses enfants. Des mots qui expliquent et non pas qui jugent. Des mots qui calment et non pas qui inquiètent. Des mots qui libèrent et non pas qui culpabilisent", dit elle.


Piège n°2 : Ne pas donner à son enfant la place de son ex-conjoint

Quand on se retrouve seul, il arrive que l'on forme une sorte de "nouveau couple" avec ses enfants, surtout s'il s'agit d'un enfant unique. Il devient alors notre seul interlocuteur et on va lui donner toutes sortes de responsabilités, de pouvoirs qui le sortent de sa place d'enfant. "Pas de panique, il n'est jamais trop tard pour rectifier le tir", assure Valérie Roumanoff. "Pour vous aider à prendre conscience de votre attitude, observez votre enfant de façon à déterminer ce qui le dérange ou l'inquiète. Ensuite, à vous de poser un cadre sécurisant et protecteur, sans trop en faire". 

Tout savoir sur

Tout savoir sur

Réussir l'éducation de ses enfants

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter