Comment gérer une grand-mère envahissante ?

Comment gérer une grand-mère envahissante ?
Famille

"BONNE FÊTE MAMIE" - Dès que l'on devient parent, on pense que notre maman va immédiatement se transformer en bonne fée, mais ce n’est pas toujours ce qui arrive, loin de là. Alors que faire quand grand-maman devient trop envahissante ? On a posé la question à la psychothérapeute Françoise Dorn, auteure du livre "Happy mamie".

Alors que l'on célèbre les grands-mères ce dimanche 3 mars, on se dit qu'on a quand même beaucoup de chances d'avoir sa maman à ses côtés quand on devient parent. Quelle joie de pouvoir écouter ses conseils bienveillants et bénéficier d'une nounou sur demande pour s'occuper du bébé les premières années. 

Oui mais voilà, parfois, le tableau n'est pas aussi idyllique et l'on se retrouve bien démuni quand grand-maman s'immisce trop dans notre vie. Il est vrai que devenir mère et grand-mère pour la première fois n'est pas une mince affaire. Pour autant, on n'est pas prêts à tout accepter. Alors, comment gérer ce tsunami émotionnel ? LCI a demandé conseil à la psychothérapeute Françoise Dorn. Elle vient de publier "Happy mamie" (Editions Jouvence), un livre bourré de conseils pratiques et ludiques.

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Etablir ses limites

Ah la relation mère-fille, elle noircit depuis la nuit des temps des milliers de pages dans les romans, tant elle est complexe. Avec un scénario qui peut rapidement tourner au vinaigre quand la fille devient mère, et la mère une jeune grand-mère. Pour Françoise Dorn, la raison est simple : "Quand on devient parent et grand-parent, les rôles de chacun sont totalement remis en cause, et quelquefois les grands-parents sous-estiment les nouveaux parents en pensant qu'ils n'arriveront jamais à s'en sortir. Ce sont la plupart du temps des grands-mères qui ont l'âme de sauveteuses. Résultat, elles sont incapables d'attendre qu'on leur demande de l'aide et s'imposent sans qu'on les ai sollicitées", décrypte-t-elle.

"Il y a aussi celles, mais c'est plus rare, qui pensent que leurs filles ou belles-filles n'osent pas leur demander de l'aide, et elles arrivent sans prévenir, ce qui évidemment n'est pas très apprécié. Alors, la meilleure façon d’éviter que grand-maman ne s’immisce dans votre vie, c’est de lui en parler avant même la naissance du bébé et d’établir vos limites avec elle afin qu’elle se prépare à les respecter après la naissance", poursuit la psychothérapeute. "Il faut d’abord en discuter avec votre conjoint afin de déterminer ce que vous jugez être vos responsabilités propres, qui ne regardent que vous deux, les parents". 

Définir les règles

Dans la plupart des cas, les grands-mamans pensent bien faire en nous inondant de conseils et de connaissances. Elles ont, pour certaines, élever plusieurs enfants et aimeraient nous faire profiter de ce qu'elles ont appris. Sauf que ce qui était bon à leur époque pour élever leurs enfants ne l'est plus forcément aujourd'hui. Résultat, dès la maternité, les avis peuvent diverger : "sur le dos et non pas sur le ventre", "donner le biberon à heure fixe ou à la demande"... Du coup, l'important est définir les règles chez papa-maman. 

Comme le conseille Françoise Dorn, "à la maison, mettez par exemple un petit panneau rigolo, du style, pas de portable ni tablettes pendant les repas, dans un endroit convivial comme la cuisine, là où les grands-parents seront sûrs de le voir. Le mieux, c'est d'utiliser la carte de l'humour qui permet de faire passer beaucoup de messages et de dédramatiser, dit-elle. Cela permet aussi de dire quelles sont les règles valables chez les parents. Elles seront peut-être différentes de celles chez papy-mamie, mais ce n'est pas grave. L'important, c'est de les poser des deux côtés. Ensuite, à chacun d'être conciliant avec les règles de l'autre".

Dire ce que l'on a sur le coeur

Si grand-maman a de la difficulté à prendre en compte vos commentaires sans se sentir attaquée, ou qu’elle refuse carrément d'en tenir compte, vous pouvez décider à ce moment-là de remettre les pendules à l'heure et de crever l'abcès. "Les psys appellent cela 'rendre sa collection de timbres', les timbres étant tous les non-dits retenus en vous", explique Françoise Dorn. 

"Pour comprendre ce concept, souvenez-vous de ces magasins où l'on vous donnait un carnet pour coller les timbres remis lors de vos achats. Quand il était plein, vous aviez droit à un cadeau. Nous avons nous aussi dans notre tête un carnet virtuel en lien avec toutes nos émotions interdites, ici ce sera la colère. A chaque fois, que vous voulez l'exprimer, vous collez un timbre, sauf que le jour où votre mère ou belle-mère débarque sans prévenir et que votre carnet est plein, vous lui balancez votre collection de timbres à la figure. Et bien l'idée c'est de ne pas en arriver là", prévient la thérapeute.  

"Pour cela, le plus simple, c'est de rendre ses timbres au fur et à mesure et de dire à maman ou belle-maman tout ce qu'on a sur le coeur sans attendre que la situation s'envenime. Pour ce faire, on utilise toujours le JE. Car dire : 'TU me gonfles', ce n'est pas la même chose que : 'JE n'ai pas envie de ça'. Dans ce cas-là, vous ne culpabilisez pas grand-maman, vous exprimez juste votre ressenti. Et puis, dites vous que grand-mère est aussi une maman avant tout : elle comprendra sur le coup, ou une fois que les émotions auront repris leurs places". 

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