Comment vous sentir plus heureux chez vous ? Les conseils du père du "hygge", l’art de vivre à la danoise

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HOME SWEET HOME - Qu’est-ce qui fait que l’on se sent bien chez soi ? Pour répondre à cette question, le groupe britannique Kingfisher a sollicité les services de Meik Wiking, le pape du "hygge" - l'art de vivre à la danoise -, afin de mener une vaste étude à travers 10 pays européens. Étonnamment, ce ne sont pas le lieu où l'on habite, ni la taille de sa maison ou le fait d'être propriétaire qui nous rendent plus heureux. Explications...

Meik Wiking est un homme heureux. Et pour cause : c'est LE spécialiste danois en la matière. Président de l'Institut de recherche sur le bonheur à Copenhague, et auteur du célèbre "Livre du hygge" (First Editions), sorti en 2016 et traduit dans 31 langues, il vient de mener pour le groupe britannique Kingfisher, et ses enseignes Castorama et Brico Dépôt, une vaste étude européenne concernant l'impact de notre logement sur notre sentiment de bonheur général et notre bien-être. Ce rapport, dévoilé à l'occasion du lancement de la nouvelle marque GoodHome, montre ainsi que 73 % des personnes qui sont heureuses de leur logement sont également heureuses dans la vie. Notre maison compte en effet pour 15 % dans notre bonheur global, ce qui la rend tout aussi importante que notre santé et notre forme physique (14 %), et beaucoup plus importante que l’argent que nous gagnons (6 %) ou l’emploi que nous occupons (3 %). 


Et les Français dans tout ça, sont-ils satisfaits de la qualité de leur foyer ? Pour Meik Wiking, interrogé par LCI, la France ne se situe qu'à la sixième place sur les 10 pays européens les plus heureux dans leur "home sweet home", derrière les Pays-Bas (83 %), l’Allemagne (77 %) et le Danemark (76 %). "C'est ce qu'on appelle l'énigme du bonheur français, explique le chercheur. Certains diront que les Français adorent se plaindre, mais ce n'est pas une attitude spécifique au pays. En revanche, j'adhère davantage à la théorie d'une économiste, Claudia Sénik, selon laquelle on a souvent tendance à vouloir se positionner dans la hiérarchie sociale. Tout le monde s'intéresse par exemple davantage à son revenu relatif (combien je gagne par rapport à mon voisin) qu'à son revenu absolu (combien puis-je consommer avec ce que je gagne ?). C'est très répandu. Exemple : 'si j'ai une Mercedes, je suis content, mais si mon voisin a une Ferrari, je le suis moins'. Or en France, ce phénomène est exacerbé", analyse-t-il. 

"Chercher le bonheur au mauvais endroit"

Tout n'est pas perdu pour autant puisque cette étude bat en brèche plusieurs idées reçues. Les chercheurs, qui ont interrogé 2000 Français et 13.000 Européens, ainsi que des experts internationaux en psychologie, en sciences sociales, en urbanisme et en architecture, ont ainsi découvert que nos croyances ne sont pas toujours vraies quand il s’agit de trouver le bonheur chez soi. "Nos recherches ont révélé que l’on a souvent tendance à rechercher le bonheur au mauvais endroit. Parfois, ce que l’on croit être la clé du bonheur, et ce qui l’est vraiment sont des choses très différentes", assure Meik Wiking. 


Premier constat, être propriétaire de son logement ne rend pas plus heureux : "Nous sommes nombreux à rêver de posséder un jour notre propre maison, pourtant cela n'a que très peu d'impact sur notre bien-être. En revanche, la possibilité d’adapter son intérieur aux différentes étapes de la vie est sept fois plus importante. Autrement dit, à partir du moment où il est possible d’améliorer son cadre de vie, un locataire peut être tout aussi heureux chez lui qu’un propriétaire", poursuit notre spécialiste.


Deuxièmement, se sentir bien chez soi n’a rien à voir avec la taille réelle de son logement : selon l’étude GoodHome, le sentiment d’espace est important pour notre bonheur, mais cela ne signifie pas que nous serons plus heureux dans une maison plus grande. Cette enquête montre en effet qu'un habitat optimisé avec une bonne sensation d’espace nous rendra plus heureux qu’un grand appartement dans lequel on ne bénéficie pas d’une sensation d’espace. "Il s’agit-là du problème le plus souvent rencontré. Le manque d’espace est en effet cité plus fréquemment que la qualité de l’air, la température, l’humidité et la lumière naturelle. C’est aussi le problème qui a le plus grand impact sur notre bien-être", précise Meik Wiking.

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Et si on habitait dans une micromaison ?

Cette étude démontre par ailleurs qu'au delà de l'endroit où nous vivons, cinq sentiments essentiels déterminent à quel point nous pouvons être heureux dans notre logement : la fierté - qui est liée au temps et à l’énergie investis pour faire d’un logement un chez-soi – a l’impact le plus fort et représente 44 % du bonheur ressenti dans notre maison. Le sentiment qui arrive en seconde position est le confort, à hauteur de 25%. "Un grand nombre de personnes à qui nous avons parlé ont d'ailleurs employé les mots 'sanctuaire' et 'refuge' pour décrire leur maison", indique le chercheur. Puis vient l'identité : "qu'il s'agisse de la couleur dont on habille ses murs ou du mobilier que l'on choisit, nous voulons tous affirmer nos préférences chez nous", dit-il. Enfin, la sécurité "qui ne se résume pas qu'aux menaces extérieures. Cela englobe aussi la solidité de sa maison ou l'état de sa toiture", et le contrôle. 

Cinq conseils de Meik Wiking pour être plus heureux dans sa maison

1- Ré-organisez votre espace : le simple fait de réorganiser et d’améliorer sa maison permet de créer plus d’espace et de booster son niveau de satisfaction personnelle.

2- Consacrez-y du temps : que l’on y prenne plaisir ou pas, quand on investit du temps et de l’énergie dans l’amélioration de sa maison, et qu’on adapte celle-ci à ses besoins, on investit en même temps dans son propre bonheur.

3- Invitez vos proches et vos amis : nos foyers sont plus conviviaux quand on les partage avec des gens. Le fait de recevoir des amis chez soi renforce notre sentiment de fierté ainsi que le lien émotionnel que l’on entretient avec l’endroit où l’on vit.

4- Ayez la main verte : l’accès à un espace vert fait une grande différence en matière de bien-être. Si vous ne possédez pas de jardin, vous pouvez faire entrer la nature chez vous pour améliorer votre bien-être.

5- Exprimez votre personnalité : que l’on soit propriétaire ou locataire, il est important de trouver des moyens d’exprimer sa personnalité (un tableau accroché au mur, un portrait de vos proches) pour être encore plus heureux dans sa maison.

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