Couples ne vivant pas ensemble, enfants en garde partagée... Les questions que le confinement pose aux familles

Couples ne vivant pas ensemble, enfants en garde partagée... Les questions que le confinement pose aux familles
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SANS FAMILLE - Après l'annonce d'Emmanuel Macron lundi soir du confinement général durant les quinze prochains jours, parents et enfants vont parfois devoir rester éloignés. Quant aux couples qui ne vivent pas ensemble, certains vont se retrouver séparés, ce qui provoque bon nombre de questions...

"Nous sommes en guerre". Au cours de son allocution lundi soir, Emmanuel Macron a durci le ton, et par la même occasion ses consignes vis-à-vis des Français face au coronavirus. Depuis ce mardi midi, et pour une durée minimum de quinze jours, il leur a demandé de limiter au maximum leurs déplacements.

Il faut dire qu'avec la propagation de l'épidémie, nous sommes tous des ennemis potentiels les uns envers les autres : frère, sœur, parents, conjoint, enfants, nous pouvons tous faire du mal (sans le vouloir) à ceux qu'on aime.  D'où la décision, inédite en temps de paix, d'Emmanuel Macron. "Désormais, seuls doivent demeurer les trajets nécessaires. Soit pour aller faire ses courses, travailler ou se soigner", a ainsi martelé le chef de l'Etat. Mais cela ne va pas sans poser un certain nombre de questions, totalement légitimes...

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Puis-je aller déjeuner chez mes parents ?

Le gigot-flageolet du dimanche pourrait bien être un lointain souvenir dans les semaines à venir. Le ministre de l'Intérieur l'a répété à plusieurs reprises : le plus important est de "rester chez soi". Résultat, "les visites ou repas avec la famille et les amis, même en petit nombre chez les uns ou les autres, sont proscrits", a-t-il affirmé. Même son de cloche du côté des scientifiques. Le Dr Gérald Kierzek, consultant à LCI, le confirme : Il ne faut "plus voir ses amis, ni sa famille, à l’exception de son conjoint et de ses enfants". 

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Puis-je me rendre auprès de parents ou de proches dépendants ?

Certaines exceptions sont effectivement tolérées, comme les "motifs familiaux impérieux pour l'assistance aux personnes vulnérables". Cela inclut par exemple l'aide à un proche dépendant ou dans le besoin. Attention d'ailleurs aux seniors qui sont  les plus vulnérables en cette période d'épidémie et qu'il faut à tout prix protéger de tout contact, en portant une attention toute particulière aux gestes barrières.

En cas de garde alternée, les enfants doivent-ils rester avec un seul des deux parents ?

"Pour les parents séparés, il sera évidemment possible d'aller chercher et déposer ses enfants. Dans la mesure du possible, les déplacements doivent être brefs et à proximité du domicile, a déclaré Christophe Castaner. Interrogée par Le Figaro, Me Elodie Ribeiro, avocate en droit de la famille, précise toutefois qu'"il n'y pas de règles, ni de jurisprudence dans cette situation exceptionnelle. On est dans une situation complètement inédite", indique-t-elle. "On en appelle donc à la responsabilité des parents qui doivent avant tout agir en fonction de l'intérêt de l'enfant", a-t-elle ajouté. Un conseil qui semble être suivi par pas mal de parents, comme on peut le constater sur Twitter :

Et si l'autre parent réside loin ?

Pour ceux qui sont loin, il est conseillé d'éviter le déplacement pour ne pas risquer de favoriser la propagation du virus. "Certains parents ont donc opté pour un confinement chez l'un des deux, quitte à mettre en place un système de compensation plus tard, lorsque l'épidémie sera passée. D'autres ont privilégié un roulement tous les 15 jours et non toutes les semaines", souligne la juriste. Et pour les récalcitrants ? En temps normal, s'il y a désaccord sur la garde des enfants, un juge intervient. "Mais les tribunaux tournant au ralenti avec l'épidémie, il est préférable que les ex-conjoints trouvent un commun accord pour l'organisation des gardes partagées", prévient-elle. 

Comment s’organisent les couples qui ne vivent pas ensemble ?

La question a été posée par un internaute sur Twitter, et il semble que trois options se dessinent. L'éloignement comme pour Nina : "On a décidé de ne pas se voir pendant deux semaines. Ça va être dur mais on le fait chacun pour notre famille, chez qui on habite en confinement, a-t-elle écrit. 

D'autres, comme Trash, ont en revanche décidé de traverser toute la France pour rejoindre leur chérie avant le confinement. 

Et puis, il y a les plus pragmatiques (peut-être aussi parce que ce sont des relations récentes) qui ont décidé de prendre leur mal en patience et de s'en remettre à une communication plus virtuelle, comme Caroline S : "Ça fait un peu moins d'un mois que je suis avec mon copain et autant de temps qu'on ne s'est pas vu, c'est chiant et long mais il y a quand même pire", a-t-elle tweeté, philosophe.

Peut-on encore se rapprocher de sa famille en province ?

Par les temps qui courent, n'est-il pas opportun de quitter les grandes villes pour se rapprocher de sa famille ? Certains n'ont pas attendu le discours d'Emmanuel Macron pour le faire, provoquant des embouteillages sur les routes et dans les gares. Une mauvaise idée pour le Pr Philippe Juvin, chef de service des urgences de l'hôpital Georges-Pompidou, invité de LCI lundi matin : "Vous avez une maison dans une région qui est totalement épargnée. On vous dit que vous allez être confiné chez vous et vous prenez votre voiture pour y aller. Et si vous êtes malade, eh bien vous allez emmener le virus dans la région qui n'en a pas".

Mais de son côté,  dans ses questions-réponses sur le confinement, le ministère de l'Intérieur a indiqué que ceux qui se trouvent "en dehors de leur domicile ou de leur résidence" peuvent encore, même après l'entrée en vigueur du confinement général, se déplacer pour y retourner. Interrogé par FranceInfo, le ministre de l'Intérieur a ajouté qu'on peut même, par exemple, "se rendre dans sa maison de campagne", mais uniquement pour s'y installer durant toute la durée du confinement. Pas, bien sûr, pour un voyage de loisir, "juste deux jours" : "Il faut faire le choix du lieu de confinement et s'y tenir", a-t-il dit. 

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