De plus en plus de parents y jouent : oui, le jeu vidéo peut avoir un impact positif sur la famille

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TOUS GAMERS - De plus en plus de familles s’adonnent aux joies des jeux vidéo. Un constat soulignant à quel point cette activité, au départ réservée à une niche de gamers, s’est imposée au fil du temps comme un objet culturel accessible à tous. Un psychologue décrypte cette tendance.

L'image des parents désemparés face à leur enfant enfermé dans sa chambre les yeux rivés sur sa console a du plomb dans l'aile. Selon une étude intitulée "Les Français et le jeu vidéo"* , ces derniers sont pas moins de 51% à affirmer s'adonner régulièrement à cette pratique, ses adeptes ayant en moyenne 34 ans et les femmes étant 47% à y jouer. Surtout, ils sont 75% à considérer les jeux vidéo comme "un loisir à partager en famille". Les parents, qui ont pu grandir avec les différentes consoles de jeux, estiment à présent que cette activité permet de partager des moments avec leurs enfants à 66%. Un loisir notamment rendu populaire grâce aux systèmes de contrôle parental mis en place sur l'ensemble des plateformes de jeux, qui permettent de contrôler achats en ligne, navigations sur internet ou temps de jeu. 

Le jeu vidéo aurait-il définitivement intégré la cellule familiale ? C'est une tendance que nous confirme Milan Hung, psychologue clinicien spécialisé dans les jeux vidéo : "Les parents et les enfants aiment jouer ensemble le week-end comme un rituel familial convivial, c'est un fait. C'est la preuve que les jeux vidéo ont pris une dimension culturelle. Et ce qui est circonscrit à une niche de joueurs a réellement pris de l’ampleur ces dernières années. A cela s'ajoute une modification dans notre manière de consommer les images, et toutes les images (les replays à la télévision, Netflix...). Nous sommes hyper-connectés, mais également libres de choisir les contenus que l'on souhaite, ce qui n’était pas le cas auparavant et ce qui a sans doute facilité l'accès aux jeux vidéos."

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Reconnaître la dimension culturelle

Les temps changent... Les jeunes parents actuels, ayant grandi enfant ou ado avec les jeux d’arcades, les consoles comme Atari, Game Boy, Megadrive, Game Gear et consorts, s'y révèlent il est vrai plus sensibilisés que la génération précédente. Mais certains peuvent continuer à faire la fine bouche, parfois même s'inquiéter en voyant leurs enfants absorbés par cette consommation des jeux vidéo : "Ces parents déplorent surtout que leurs enfants passent autant de temps devant des écrans, ils pensent incidemment que investir cette culture réclame trop d'attention, estime Milan Hung. Ce qui déroute aussi beaucoup, c'est que l’ado actuel a accès à tout un océan d'images, pouvant ainsi créer son propre programme en toute indépendance. Et le fait qu’un ado, chez qui la liberté et la prise d’autonomie sont sacro-saintes, puisse à travers les jeux vidéo créer son propre espace, trouver ses propres bases, ses propres réseaux, ses propres vidéos, échappe totalement à la tutelle parentale."

Proposer aux parents profanes de jouer avec leurs enfants aux jeux vidéo serait une excellente initiative- Milan Hung, psychologue clinicien

Quels conseils prodiguer à ces parents inquiets ? Milan Hung recommande de ne pas mépriser la passion de son enfant pour ce monde de réseaux : "Ces jeux participent à la construction de son identité en tant que futur adulte. Il faut que les parents, s’ils sont effrayés par les nouvelles technologies et la possible perte du lien social, gardent en tête que les jeux vidéo restent une manière de s’exprimer. Ainsi, ne pas reconnaître un loisir ou une culture, c’est comme ne pas reconnaître une partie de la manière d’expression de son enfant." 

Le psychologue reste convaincu que les jeux vidéo, "réunissant une communauté très ouverte", restent un excellent moyen de créer du lien dans la famille. Existe-t-il alors des jeux qui serviraient d’initiation ? "Proposer aux parents profanes de tester des jeux vidéos avec leurs enfants serait une excellente initiative, a fortiori pour découvrir cet univers et confirmer que cela ne se résume pas à des jeux vidéos ultra-violents où l’on tire sur des zombies. Il existe bel et bien de bons jeux Nintendo accessibles à tous, comme Super Mario Bros, où il est question de coopérer ensemble, de manière ludique, pour atteindre un objectif. On peut aussi opter pour les jeux narratifs comme les jeux Journey et Gris, qui permettent de créer de l’espace pour réfléchir et s’amuser ensemble, tout en écrivant sa propre histoire." Un tableau à rebrousse-poil des stéréotypes sur l'isolement que créerait le jeu vidéo, donc, même s'il faut toujours rester vigilant face aux risques d'addiction.

* Etude menée par GfK pour le SELL, Syndicat des Editeurs de Logiciels de Loisirs

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