Dernières heures pour s'inscrire sur Parcoursup : les conseils d’une coach pour faire les bons choix

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AVENIR - L'heure des choix a sonné pour les élèves de terminale : la phase de formulation des vœux sur la plateforme Parcoursup s'achève ce jeudi 12 mars. Gisèle Michaux, coach en orientation, éclaire ceux qui ne se seraient pas encore inscrits sur la meilleure méthode à adopter face à cette procédure génératrice de stress.

Avis aux retardataires : les élèves de terminale ont jusqu'à ce jeudi 12 mars pour formuler leurs vœux sur la plateforme Parcoursup. Il leur restera ensuite jusqu'au 2 avril pour peaufiner leur dossier. Et même si cette année, cette plateforme inaugurée il y a deux ans, en lieu et place de l'ancien outil Admission Post-Bac, intègre plus de 600 nouvelles formations (notamment les licences sélectives de l'Université Paris Dauphine, de nouvelles écoles de commerce ou de management...), cet outil cristallise toujours autant les craintes des lycéens.

Dans un sondage publié en janvier par l'association Article 1, engagée pour l'égalité des chances, ils étaient même 62,3% à se dire stressés et paniqués face à ce grand barnum, contre 59,2% en 2019. Près de la moitié des lycéens interrogés (48,1 %) étaient encore hésitants dans leur choix d'orientation, et 17,5 % se sentaient perdus et ne savaient pas encore quoi faire après le bac. Pour tenter de répondre aux questions que peuvent encore se poser les jeunes concernés , tout comme leurs parents, on a demandé à Gisèle Michaux, co-fondatrice de l'association Génération 15-25, spécialisée dans le coaching d'orientation, de nous livrer ses conseils.

Ne pas s'éparpiller

1- Avoir une idée du métier que le lycéen veut réaliser plus tard

Comme le souligne, Gisèle Michaux, la démarche de Parcoursup nécessite d'avoir une vision plutôt précise de son avenir professionnelle, "puisqu'il y a une lettre de motivation à faire pour chacun de ses choix". Sauf que c'est souvent là que le bât blesse. Pour la coach, il faut d'abord "essayer de définir trois ou quatre métiers qui pourraient correspondre au jeune ou qui le font rêver. Ensuite, élargir au secteur d'activités qui s'y rattache". "Par exemple, si un enfant veut être médecin mais que ses résultats scolaires ne lui permettent pas d'accéder au Parcours spécifique accès santé - appelé PASS -, sachez qu'il a la possibilité de se tourner vers des métiers connexes (kiné, infirmier...). C'est une première manière d'avancer avec un effet entonnoir, qui évite de se fermer des portes", ajoute-t-elle. 

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2 - Concentrer son énergie sur les domaines où il est bon

Les lycéens étant acceptés ou non dans une filière sélective sur la base de leurs résultats, Gisèle Michaux leur conseille de ne pas donner la même importance à toutes les matières durant leur année de terminale. "Il est judicieux de capitaliser sur celles dans lesquelles on est bon pour augmenter ses résultats, même s'il faut bien sûr aussi essayer d'améliorer les domaines où on l'est moins. Il vaut mieux chercher à avoir 19 là où on a 17 plutôt que de vouloir à tout prix avoir un 14 là où on a 8. Dans ce cas-là, il vaut mieux tabler sur la moyenne, c'est-à-dire 10 ou 11. En résumé, il faut concentrer son énergie sur les matières où on excelle. Car cela ne nécessite pas trop d'efforts".

Élargir ses demandes

3 - Ne pas faire tous ses vœux dans la même filière

Les lycéens peuvent formuler jusqu'à 10 choix, avec possibilité de sous vœux. Il faut donc faire preuve de stratégie. "Si on a une appétence pour un environnement particulier, il faut regarder à l'intérieur de ce domaine les différentes filières qui s'offrent au jeune", indique Gisèle Michaux. La spécialiste s'appuie sur un exemple concret : "Prenons un lycéen qui veut faire une école de commerce. Plusieurs possibilités s'offrent à lui. D'abord, il doit se demander s'il veut rentrer dans une école avec ou sans prépa, car cela va conditionner le type de concours auquel il va accéder. S'il s'en sent capable, l'idéal serait de choisir une ou deux écoles de commerce avec prépa en premier vœu. Mais il ne faut pas oublier pour autant une ou deux écoles sans prépa, avec un concours post-baccalauréat, en deuxième vœu. Sauf que dans ces deux cas, il y a une sélection donc on est dans de l'aléatoire". 

Notre coach conseille donc de se tourner aussi vers les formations universitaires qui s'approchent le plus des écoles de commerce. "On peut en cocher plusieurs, par exemple Dauphine à Paris ou un IAE, institut d'administration des entreprises, en troisième vœu. Mais là aussi on est dans du sélectif. Donc il faut voir si son dossier scolaire permet d'aller dans cette voie", poursuit-elle, précisant que si il y a un risque d'échec, il faut aussi regarder du côté des licences en économie-gestion en quatrième vœu. "Attention d'ailleurs à bien lire leur programme car elles peuvent toutes avoir le même intitulé mais ne pas enseigner la même chose, prévient-elle. On peut aussi se poser la question des doubles cursus. Si on est bon en langues, on peut par exemple faire un bi-Deug en 5ème vœu".

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"Ensuite, on peut explorer en sixième vœu la voie des IUT, qui permet par le biais des admissions parallèles d'accéder à certaines écoles de commerce sans passer par une prépa ou un concours. On peut tenir le même raisonnement en optant pour un BTS en septième vœu, même si je trouve que le niveau est moins bon", poursuit Gisèle Michaux. Elle se veut rassurante : "Si on suit ce processus, il n'y a aucune raison pour qu'on n'arrive pas à un moment donné à rentrer dans une école de commerce, même en passant par des filières universitaires, plus générales. Et c'est valable aussi pour les écoles d'ingénieur". 

L'influence des parents

4- Si on envisage de faire une prépa, savoir si on est apte psychologiquement.

"C'est une question essentielle, car il n'est jamais évident d'assumer des années de prépa et des concours. Il y a beaucoup de demandes mais peu d'élus, ce qui met une énorme pression. Il faut donc avoir cette volonté de compétition. Et tout le monde ne l'a pas, indique notre spécialiste. Les parents doivent donc être vigilants et demander à leur enfant de se poser les bonnes questions. Le problème, c'est que bien souvent ce sont eux qui engagent leurs ados dans cette voie, parce qu'ils ont de bons résultats scolaires, sans se soucier de leur tempérament et de ce qu'ils aimeraient vraiment faire. Du coup, le jeune est tiraillé entre les souhaits de ses parents et sa propre sensibilité".

5- Bien réfléchir avant de s'engager dans les filières dites "à la mode"

"Concernant les filières très demandées et donc sur lesquelles le dossier de votre enfant risque de se retrouver 'en attente', comme la psychologie ou l'histoire, les bonnes questions à lui poser, c'est de savoir quel métier il envisage après un tel cursus, souligne Gisèle Michaux. Parce que souvent le domaine intéresse mais derrière il n'y a aucune vision à longue échéance de ce que l'on peut faire avec ces diplômes. Donc il ne faut pas se dire : 'je vais faire psycho et après on verra', car on va vers un échec probable. D'ailleurs, ça se ressent dans la lettre de motivation. Il faut au contraire affiner au maximum son choix, tout simplement parce que cela donne du sens. Et concernant plus particulièrement la filière psycho, ne pas hésiter à explorer les domaines connexes, comme les métiers d'assistance, d'accompagnement et d'écoute des autres", conseille-t-elle.

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6- Arrêter d'angoisser.

Pour finir, notre coach en orientation se veut positive : "Je pars du principe que si un jeune est vraiment motivé, il y arrivera. Je tiens aussi à souligner que tout le monde peut accéder à l'ensemble des filières existantes, même quand on vient d'un milieu social défavorisé, notamment grâce à des systèmes de bourse et d'accompagnement". 

Par ailleurs, entre le moment où le lycéen démarre ses études supérieures et celui où il accédera à un premier emploi, il va se passer en moyenne cinq années, ce qui veut dire que de nouveaux métiers vont apparaître, que de nouvelles connaissances seront requises. Donc le bon raisonnement à tenir c'est : 'quelles compétences vais-je acquérir pour donner du sens à ma vie professionnelle ?' et non 'quelle spécialisation dois-je faire ?'", conclut-elle.

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