"Des mains propres mais un slip sale" : l'enquête peu rassurante sur l'hygiène des Français confinés

"Des mains propres mais un slip sale" : l'enquête peu rassurante sur l'hygiène des Français confinés
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SONDAGE - Quatre semaines après la mise en place du confinement, alors que les habitudes des Français ont changé en matière de lavage des mains, un sondage Ifop révèle que seuls 67% d'entre eux procèdent à une toilette complète tous les jours. Et les hommes semblent bien moins scrupuleux que les femmes.

La réputation des Français en matière d'hygiène corporelle va encore en prendre un coup. Après plus de quatre semaines de confinement, certains auraient-ils oublié qu'ils ont une salle de bain ? En effet, selon une enquête Ifop* réalisée pour le site 24Matins.fr, même si la crise sanitaire a entraîné des progrès très nets en matière d’hygiène des mains, la mise en place de ce huis clos forcé s'est, lui, accompagné d’un net repli de la fréquence de lavage du corps ou des sous-vêtements, notamment chez les personnes confinées seules. 

Pour François Kraus, responsable du pôle genre, sexualités et santé sexuelle à l'Ifop, "c'est le signe que l’hygiène reste avant tout motivée par le degré de sociabilité des gens et la prise en compte du regard d’autrui dans son apparence corporelle. Dès lors qu’il n’y a plus de regard d’autrui, on observe des ruptures dans le respect des pratiques hygiéniques de base", analyse-t-il. 

Les hommes confinés seuls sont les plus sales

Ainsi, entre la même étude menée par l'Ifop en février dernier et celle-ci, réalisée après la mise en place du confinement, on observe un net relâchement des Français dans le lavage quotidien de leurs corps et de leur visage : à peine 67% d'entre eux pratiquent quotidiennement une toilette complète, contre 76% avant l'éclatement de la crise. Et c'est dans la gent masculine que cette tendance à la baisse est la plus forte : la proportion d'hommes se lavant tous les jours le corps et le visage ayant chuté de 10 points (61%) par rapport au niveau mesuré début février (71%). 

Une telle évolution montre bien que le confinement, en réduisant les interactions sociales et les contacts physiques, a desserré la contrainte que le regard des autres fait peser habituellement sur l'image de soi. Au point d'atténuer la crainte d'être stigmatisé par ses pairs en cas de négligence dans son apparence. D'ailleurs, c'est chez les hommes confinés seuls que la fréquence de lavage quotidienne est la plus faible (49%, contre 70% des hommes vivant à quatre ou plus dans leur foyer).

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Des sous-vêtements douteux...

Autre constat, l'hygiène vestimentaire enregistre également un certain recul avec le confinement. Par exemple, à peine 68% des hommes confinés déclarent changer quotidiennement de sous-vêtements, contre 73% avant la mise en place du confinement. Dans ce cas, les "mauvais élèves" sont surreprésentés dans les rangs des seniors  et des hommes confinés seuls : 41% des hommes vivant seuls admettent ne pas changer de slip ou de caleçon tous les jours, contre 15% des femmes dans la même situation.

... Ou plus de sous-vêtement du tout

L'absence du port de sous-vêtements apparaît aussi comme la grande tendance de cette période de confinement. Le confinement s'est aussi traduit par une augmentation significative du nombre d'hommes ne portant plus de slip/caleçon : 5% en avril, soit une proportion cinq fois supérieure à celle observée par l'Ifop avant la mise en place du confinement (1% en février). Et dans le détail, cette pratique atteint des niveaux non négligeables dans les rangs des hommes seuls (9%), résidant en Provence-Alpes-Côte d'Azur (11%) ou en cours d'études (13%). 

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Hygiène : les Français se relâchent pendant le confinement

Enfin, il est intéressant de noter que cette dégradation relative de l'hygiène corporelle et vestimentaire va de pair avec une forte baisse de l'estime de soi des femmes sur le plan esthétique : seules 12% des Françaises confinées se trouvent actuellement "belles", soit presque deux fois moins que ce que l'on pouvait observer avant la mise en place du confinement (22%). Un ressenti négatif plus accentué chez les jeunes de 25-34 ans (26%), et les femmes vivant seules (27%).

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* Enquête réalisée par un questionnaire en ligne, du 3 au 4 avril 2020, auprès d’un échantillon de 1 016 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

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