Du bisphénol A et des parabènes retrouvés dans les paires de chaussettes pour bébés

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SUBSTANCES TOXIQUES - Dans une étude récemment publiée dans la revue Environnemental International, des chercheurs espagnols annoncent avoir détecté, lors de l'analyse de 32 paires de chaussettes pour bébés, du bisphénol A et des parabènes dans 90% d'entre elles. La présence de ces perturbateurs endocriniens dans les textiles destinés aux tout-petits les pousse à appeler les autorités à l'action.

Il s'agit de la première étude de ce type menée en Europe. Une équipe de chercheurs de l'université de Grenade, en Espagne, a analysé trente-deux paires de chaussettes destinées aux bébés de 0 à 4 ans. Ils se sont aperçu que 90% d'entre elles contenaient du bisphénol A et des parabènes, des substances soupçonnées d'être des perturbatrices endocriniennes, suspectées de jouer un rôle dans l’apparition d'hyperactivité, d'obésité, de troubles génito-urinaires et de développement sexuel prématuré chez les enfants. Chez les adultes, ils pourraient être liés à l'hypothyroïdie, aux troubles de la reproduction, au diabète et aux cancers hormonaux dépendants, à l'image du cancer du sein.


Détectées dans les chaussettes, ces substances pourraient également se retrouver dans de nombreux autres vêtements. Une découverte préoccupante, en particulier pour les jeunes enfants qui ont tendance à mettre leurs pieds, et donc leurs chaussettes, dans la bouche. Un passage par la voie cutanée est aussi possible. Cette découverte a été publiée dans la revue Environnemental International et repérée par Santé Log, une publication destinée aux professionnels de santé.

Des concentrations en bisphénol A jusqu'à 25 fois supérieures d'un point de vente à l'autre

En réalisant leurs analyses, les chercheurs ont noté une réelle différence de concentrations pour ces deux composés dans les textiles selon leur provenance. Les lots de chaussettes, composées de coton, polyamide, polyester, élasthanne ou de spandex, ont en effet été achetées dans trois types de commerces : un détaillant discount local (trois paires de chaussettes pour un prix allant de 1€50 à 1€80), un détaillant international d'articles de mode à bas coût (trois paires de chaussettes pour un prix allant de 3€ à 4€50) et enfin une marque de vêtements de grande distribution (trois paires de chaussettes pour un prix allant de 6€95 à 7€95).


Le taux de bisphénol A retrouvé dans les chaussettes vendues par le détaillant local était ainsi 25 fois supérieur à celui mesuré dans les chaussettes vendues par le détaillant international ou par la marque de grande distribution. Pour la quasi-totalité d'entre elles (94%), ce taux était même supérieur au seuil fixé par l'Union européenne pour les jouets (0,1 ppm). Des parabènes ont été retrouvés dans tous les produits étudiés - en particulier l'éthylparabène et le méthylparabène -, mais dans des concentrations moindres que pour le bisphénol A et avec des différences moins prononcées entre les différents types de commerces.

Face à ces résultats, les chercheurs en appellent aux gouvernements et aux autorités sanitaires d’imposer une réglementation plus stricte concernant les perturbateurs endocriniens présents dans les textiles, en particulier ceux destinés aux tout-petits.

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