Et si on apprenait aux enfants à participer aux tâches ménagères pour réduire les inégalités dans le couple ?

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Réussir l'éducation de ses enfants

ÉDUCATION - C'est un fait, les tâches ménagères sont toujours majoritairement assumées par les femmes, comme le souligne une récente étude européenne menée par Kantar TNS pour Indesit. Que faire pour combattre cette inégalité si tenace ? Encourager ses enfants - filles ET garçons - à y prendre part pourrait bien être la solution...

La parité ne pourrait-elle pas s'apprendre avant tout à la maison ? Sans devenir de futurs Thénardier, on peut envisager de faire participer ses enfants aux tâches ménagères ! L’objectif est bien sûr de se faire aider, mais aussi et surtout, de les éduquer pour faire changer les comportements de demain.


Car oui, c'est encore une réalité, les tâches ménagères sont toujours majoritairement assumées par les femmes et ce, quels que soient les pays. C'est ce qui ressort d'une étude menée par Kantar TNS* au Royaume-Uni, en France et en Russie, dans le cadre de la campagne #DoItTogether (#EnsembleCestMieux), lancée il y a trois ans par la marque d'électroménager Indesit pour promouvoir un foyer plus équitable.

Il convient de préciser que cette enquête portait sur l'exhaustivité des tâches et pas seulement celles liées au ménage. Elle confirme certains stéréotypes, et notamment qu’en général ce sont les hommes qui dans la plupart des cas sortent la poubelle, tondent la pelouse et lavent la voiture. Résultat, dans tous les pays interrogés, ces derniers ont tendance à penser qu’ils assument une bonne part des tâches ménagères, ce qui est au final une perception bien éloignée de la réalité. Une inégalité perçue comme un problème pour 39% des femmes interrogées en France, et 41% au Royaume-Uni qui considèrent que leur conjoint "ne fait pas la part qui lui revient".


 Par ailleurs, 50% des femmes en France et 42% au Royaume-Uni déclarent que personne ne les aide pour les tâches ménagères, "je m’en occupe toujours seule", disent-elles.

"Rendre les enfants plus responsables"

La solution est peut-être à chercher du côté des enfants et du modèle éducatif qu'on veut bien leur donner. C'est d'ailleurs l'un des objectifs de la campagne #DoItTogether d'Indesit : encourager les parents à donner un meilleur exemple à leurs enfants afin de viser un partage plus équitable des tâches dès la génération suivante. Ainsi, dans l'étude menée par Kantar TNS, les parents interrogés reconnaissent "qu’il est très important que les enfants soient sensibilisés aux tâches ménagères et qu’ils apprennent à les faire pour être en mesure d’assumer leur part de responsabilité demain". Par ailleurs, dans tous les pays, la majorité des sondés conviennent que l’influence parentale a été vitale dans leur perception et leur positionnement vis-à-vis des tâches ménagères. En moyenne, 58% considèrent que c’est leur propre mère qui les a le mieux préparés à assumer différentes tâches domestiques.


Parmi les raisons invoquées, certaines sont universelles : en tête de liste, dans tous les pays arrive la volonté de "rendre les enfants plus responsables". Les autres raisons fréquemment citées sont : "faire adopter de bons comportements", "apprendre aux enfants qu’il faut aussi faire des efforts dans la vie", "apprendre le respect" et "nourrir les valeurs familiales". En Russie, les parents sont beaucoup plus nombreux à voir les tâches ménagères comme un vecteur important d’acquisition de compétences pour la vie et dans le couple, ce qui s’avère très rarement le cas au Royaume-Uni et en France. Ainsi, tandis que 39% des parents Russes pensent que les tâches domestiques pourraient être utiles pour "enseigner différentes compétences", c’est le cas de 17% seulement des parents français.

Oui mais voilà, toutes ces bonnes intentions se heurtent à une réalité : dans les faits, peu d'enfants participent aux tâches ménagères. Au Royaume-Uni, ils ne sont que 7% contre 6% pour les enfants français. La faute à bon nombre de parents qui estiment majoritairement que leurs enfants sont bien trop jeunes pour se "coltiner" des tâches aussi ingrates, voire que "ce n'est pas amusant pour eux".


Seules activités qui ont grâce à leurs yeux, car elles sont plutôt faciles et requièrent peu d'efforts, le rangement de la chambre et des jouets ainsi que "faire son lit". Toutefois, il existe des différences culturelles : mettre la table est l’activité la plus confiée aux enfants en France, où la nourriture joue un rôle prédominant dans la culture. 

L'argent de poche, le nerf de la guerre !

L'étude révèle également que dans tous les pays, les enfants participent plus volontiers aux tâches ménagères quand ils sont plus jeunes, principalement entre 4 et 12 ans. Par ailleurs, plus les enfants grandissent, plus les activités changent naturellement ; ainsi dès 8-12 ans, on passe des tâches de rangement les plus simples au tri des déchets, à la vaisselle et à la lessive. Mais cela est de courte durée puisqu'à partir de 13 ans, le niveau de participation (en pourcentage des tâches assumées) diminue de près de 50% et de nouveau à partir de 17 ans. 


Résultat, les parents doivent trouver des sources de motivation. Au Royaume-Uni, ils sont 35% à associer tâches ménagères et argent de poche. C’est la récompense la plus fréquente et qui fonctionne le mieux selon les parents britanniques. En France et en Russie, les parents s’y prennent toutefois différemment. Dans ces pays, le fait que parents et enfants fassent les tâches ménagères ensemble est considéré comme le meilleur moyen de motiver les enfants. C’est ce que confirment 41% des sondés en France et 53% en Russie. 

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Espagne : un cours pour apprendre les tâches ménagères aux garçons

L'argent de poche, c'est également le nerf de la guerre pour les hommes, tandis que les femmes préfèrent faire les choses ensemble ou recourir au jeu ou à la compétition. Toutefois, dans leur ensemble, les parents estiment que le choix des meilleures stratégies dépend de l’âge des enfants : avec les plus jeunes, la créativité et le jeu fonctionnent le mieux, tandis qu’avec les adolescents, c’est la discipline, la collaboration et les récompenses financières qui sont privilégiées, conclut l'enquête.

* L'étude Kantar TNS pour Indesit a été menée en ligne entre le 27 avril et le 8 mai 2019 sur un échantillon représentatif de la population du Royaume-Uni (2000 parents entre 20 et 64 ans), de la France (1001 parents entre 20 et 64 ans) et de la Russie (1000 parents entre 20 et 64 ans).

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