"Gender reveal parties" : les Américains prêts à tout (et même au pire) pour annoncer le sexe de leur futur bébé

En 2017 dans l'Arizona, un futur papa avait provoqué un gigantesque incendie en tirant sur une cible pour qu'elle éclate et libère la poussière bleue révélatrice du sexe de son futur enfant.
Famille

EXCÈS - Les parents américains sont de plus en plus nombreux à se plier au rituel de la "gender real party" ("fête de la révélation du sexe") avant la naissance de leur bébé. Au point de se livrer à une surenchère d'idées farfelues pouvant déboucher sur des drames.

Fille ou garçon ? En France, nombreux sont les parents qui veulent garder la surprise du sexe de leur bébé ou qui le cachent à leurs proches jusqu'à l'accouchement. Une attitude aux antipodes de celle des Américains, pour qui la "gender reveal party " est presque devenue un passage incontournable pour annoncer le sexe d'un enfant à naître. Mais si au départ, le concept consistait seulement à dévoiler un gâteau de couleur rose (pour une fille) ou bleue (pour un garçon), il a viré à l'obsession et à une surenchère d'excès sous l'effet des réseaux sociaux et de leur recherche du spectaculaire.

Deux récents drames illustrent cette folie naissante. En octobre dernier dans l'Iowa, l'invitée de l'une de ces fêtes a été tuée par le débris d'une bombe artisanale contenant la poudre colorée qui devait révéler aux convives le genre du futur bébé pour qui elle était organisée. Un mois plus tôt, un avion s'était crashé dans un champ du Texas après avoir largué à basse altitude plus d'une tonne d'eau colorée en rose dans le même but. Cet accident n'a heureusement pas fait de mort cette fois-ci, mais des drames de la sorte sont régulièrement rapportés par les médias américains.  

La pionnière du phénomène regrette d'avoir créé un monstre

Ce qui était surtout au début "un petit rassemblement intime" est devenu un show à l'américaine, avec "explosions, feux d'artifice et sauteurs en parachute", partagé à gogo sur Instagram ou YouTube, décrit auprès de l'AFP Carly Gieseler, chercheuse de l'université de New York, qui s'est penchée sur cette tendance. Balles de baseball ou de golf  laissant échapper une poudre bleue ou rose quand on les frappe, cibles de tir, ballons, guirlandes, pâtisseries... "Le marché est immense", relève-t-elle, soulignant par ailleurs que ce rituel renforce les stéréotypes de genre en "imposant à un bébé qui n'a pas encore vu le jour l'idée selon laquelle il est soit un garçon, soit une fille, et tous les postulats qui vont avec".

Même celle qui a lancé le phénomène, en publiant en 2008 un article de blog lorsqu'elle était enceinte de sa première fille, a aujourd'hui l'impression d'avoir créé un monstre. "Je suis très partagée quant à ma contribution fortuite à la culture. C'est devenu complètement fou par la suite", a écrit en juillet dernier Jenny Karvunidis sur les réseaux sociaux, évoquant "tirs de pistolet" et "feux de forêt", comme celui provoqué en 2017 dans l'Arizona par un futur papa imprudent et maladroit (voir la photo en tête de cet article).

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En France, on n'en est heureusement pas là. Mais l'idée des "gender reveal parties" commence à être importée. En avril dernier, nous avions ainsi interrogé Vanessa Lawson, créatrice de Nesh Event, une société qui s'est spécialisée dans l'organisation d'événements liés à la naissance dans l'Hexagone : "Au moment de la deuxième échographie qui détermine le sexe de bébé, racontait-elle, les parents doivent demander à leur gynécologue d'écrire cette information dans une enveloppe fermée qu'ils communiqueront à un proche. Lors de la 'gender reveal party', deux options sont ensuite possibles : soit les parents percent un ballon géant pour découvrir la couleur des confettis qu'il contient, soit ils ouvrent un carton géant dans lequel sont cachés des dizaines de ballons de couleur rose ou bleue". 

Une description des fêtes à la française qui n'a - pour l'heure du moins...- rien à voir avec les excès observés outre-Atlantique.

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