"Griezmann Mbappé" retoqué par l’état civil : et pourtant, ces prénoms farfelus ont eux été acceptés

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OUPS - Peut-on appeler son enfant Griezmann Mbappé ? Pas sûr, si l'on en croît un officier d'état civil de Brive qui a saisi le procureur de la République après que des parents ont décidé de nommer leur fils ainsi. Il faut dire que l'inspiration de certaines familles n'a plus de limites, comme en témoigne la Ligue des officiers de l'Etat civil qui a recensé les pires prénoms de 2018.

Même s'il n'est pas toujours facile de choisir un prénom pour son futur enfant, certains parents mettent un point d'honneur à sortir des sentiers battus. Ainsi, un couple de Brive, apparemment fan de foot et de l'équipe de France, a décidé de prénommer son fils "Griezmann Mbappé", du nom des deux footballeurs champions du monde, comme le rapporte ce jeudi le journal La Montagne


Un désir légitime certes, mais qui a fait tiquer l'officier de l'état civil, à tel point qu'il a décidé de saisir le procureur de la République, comme le lui permet le Code civil, estimant que ces prénoms pouvaient être "contraires à l'intérêt de l'enfant". "La saisine a été faite, confirme le cabinet du maire dans le quotidien régional. La réponse ne devrait pas tarder..." Et si le procureur est du même avis, il saisira le juge aux affaires familiales qui peut exiger le changement du prénom ou sa suppression. 

Il n'est pas rare, ces dernières années, que la justice ait été saisie dans un souci de préserver l'enfant du ridicule. Ainsi, les prénoms Fraise, Pierre (Tombal) - l'association du prénom et du nom de famille a été jugée de mauvais goût par la justice belge - Nutella, Vagina, Clitorine, Simplet, Kirikou ou encore Adolf Hitler, ont tous été retoqués. 


Et que dire des subtilités régionales qui divisent certaines communes ? Comme en témoigne le tilde du petit Fañch, 19 mois, qui fait toujours débat à Rennes : le parquet général a justement annoncé ce jeudi avoir formé un pourvoi en cassation après la décision de la cour d'appel d'autoriser ce petit signe utilisé dans les prénoms bretons.

Giscardèle, Roanne, Christ-En-Vie...

Toutefois, depuis la loi du 8 janvier 1993, l’officier d’état civil ne peut plus refuser l’inscription d’un prénom ! Il ne peut qu’aviser le procureur de la République s’il l’estime "contraire à l’intérêt de l’enfant (prénom à consonance ridicule, péjorative ou grossière, seul ou associé aux autres prénoms ou au patronyme), trop complexe (composé de plus de trois prénoms par exemple), s'il fait référence à une personnalité déconsidérée de l'histoire, ou s'il comporte des caractères étrangers (les prénoms étrangers sont acceptés s'il est possible de les retranscrire en alphabet latin)".


Résultat, certains agents ne jugent pas nécessaire de mettre au ban la créativité insoupçonnée de certains futurs parents. Ainsi, l'année dernière, ils ont permis que des enfants s'appellent, Tlaloc, Christ, Némésis (décidément les divinités ont la cote), Lovely, Gims (si, si ça existe), ou encore Winner... des prénoms recensés sur le blog d'un jeune papa qui a épluché les articles sur les prénoms dans la presse régionale.


Et leurs trouvailles syntaxiques ne s'arrêtent pas là, comme le montre la ligue des Officiers de l’Etat civil, un site qui répertorie depuis 2012, preuves à l’appui, le pire de ce qui se fait en matière de baptême. Chaque jour un prénom improbable est épinglé (ce jeudi, ce sera Yobryhan) et chaque semaine, il est possible de voter pour le pire. Une fois compilé, cela donne "l'Anti guide des prénoms" (First Editions), un recueil qui recense "des prénoms qui existent réellement et qui sont portés par des êtres humains véritables", peut-on lire. En 2018, sont donc nés un petit ou une petite Giscardèle, Roanne, Christ-En-Vie, Macgyver, Jully-Fleurh, Lovely Meaculpa, Loucyenzo, Laprincesse Depapa, Marseille, ou encore Jean-Elysée.

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