Harcèlement scolaire : un enfant sur deux en est victime dès 7 ans

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ÉTUDE - Alors que la journée nationale de lutte contre le harcèlement a lieu ce jeudi 8 novembre dans toute la France, l'UNICEF publie les résultats de sa 4e Consultation nationale des 6-18 ans. Avec un focus sur les inégalités entre filles et garçons.

Une journée pour dire "non" au harcèlement : ce jeudi 8 novembre est dédié à la lutte contre ce fléau. Une cause nationale initiée en 2015 afin de sensibiliser le grand public à un sujet qui a de quoi être angoissant. Voyez plutôt : selon des chiffres publiés ce jeudi par l'UNICEF, un enfant sur deux en est victime dès l'âge de 7 ans, et un adolescent sur quatre à 18 ans. 


Ces résultats se basent sur une enquête menée auprès de plus de 26.000 enfants et adolescents de 6 à 18 ans et montrent à quel point les jeunes sont nombreux à faire l’expérience de moqueries, de discriminations ou de harcèlement. Ainsi, à la proposition suivante : "À l’école, je subis souvent des attaques et des moqueries blessantes de la part d’autres

enfants ou adolescents", 32,3 % des personnes interrogées ont répondu par l'affirmative. 


Il est également frappant de constater que ces attaques et moqueries à l’école sont particulièrement fortes dès l’entrée en CP, puisqu’elles touchent 47,1 % des enfants de 6 ans. La proportion d’enfants concernés baisse ensuite régulièrement, mais reste élevée et supérieure à la moyenne de l’échantillon jusqu’à 10 ans. L'UNICEF constate une nouvelle augmentation à l’âge de 18 ans. Un phénomène qui touche davantage les garçons à l’âge de l’école primaire, période de la vie où ces derniers cherchent souvent à affirmer entre eux leur tempérament. 

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Harcèlement scolaire : la vidéo déchirante d’un petit garçon de 7 ans

Des filles deux fois plus harcelées

Autre constat, et pas des moindres : que ce soit sur internet, dans les transports en commun ou dans l’espace public, l’enquête montre que les filles sont deux fois plus harcelées que les garçons. Une fille sur 10 déclare avoir subi une forme d’insulte ou de harcèlement dans l’espace public. Elles subissent surtout davantage de discriminations liées à la tenue vestimentaire, celles-ci concernant globalement 19 % des 15/18 ans. Conséquence de ce phénomène, les filles restent davantage confinées dans l’espace domestique ou dans les lieux où elles se sentent en sécurité, laissant l’espace public aux garçons.


Les filles sont également 45 % à considérer qu’elles ont moins de droits que les garçons, tandis que les garçons sont 30 % à penser qu’ils ont moins de droits que les filles. C’est au moment de la préadolescence que se constitue ce sentiment d’inégalité de droits entre les garçons et les filles, sentiment qui augmente à l’adolescence. A cet âge, les filles sont nombreuses à faire

l’expérience du harcèlement et prennent conscience qu’elles doivent se protéger en restreignant même leur liberté de mouvement.

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Harcèlement à l'école : le témoignage d'une collégienne

Davantage de harcèlement en Ile-de-France

Ces formes de violence symbolique renforcent également le poids des inégalités économiques et sociales, car les enfants ou adolescents qui sont les plus concernés sont ceux qui ne vivent pas avec leurs deux parents, mais aussi ceux dont les parents sont touchés par le chômage et ceux qui habitent un quartier prioritaire, souligne l'UNICEF. 


Ainsi, ceux dont les deux parents sont au chômage ont 1,61 plus de risques de subir des attaques et des moqueries blessantes à l’école que ceux dont les deux parents ne sont pas au chômage. Ces résultats montrent que ces agressions touchent

prioritairement les enfants et adolescents vivantdans des conditions précaires ou ayant connu des ruptures familiales.

Par ailleurs, les enfants et adolescents vivant en Île-de-France sont davantage victimes de ce type d’agressions que les enfants vivant dans les autres régions, à l’exception du Sud-Ouest.

Les adolescents plus touchés par le harcèlement en ligne

Au-delà des moqueries à l’école, il faut aussi être attentif à ce qui se joue dans les liens tissés sur internet. L'enquête de l'UNICEF révèle ainsi que 62% des enfants communiquent par internet avec leurs amis et que 58% sont présents sur un réseau social. Mais, cette virtualité engendre des frustrations : ils sont seulement 40 % à se considérer valorisés par ces échanges. Plus grave, 9,5 % déclarent avoir été agressés ou harcelés sur les réseaux, avec un maximum à 24 % chez les adolescents de 18 ans. 

Enfin, ils sont exposés à des images qui les choquent : 38 % voient des images qui leur font peur, 24 % déclarent avoir déjà vu des images pornographiques.


Les résultats montrent une autre différence entre les garçons et les filles : les premiers sont plus touchés par les moqueries blessantes, tandis que les filles font beaucoup plus souvent l’expérience du harcèlement en ligne (1,56 fois plus de risques). A ce sujet, le média Rose Carpet, très engagé sur tout ce qui touche au cyberharcèlement à caractère sexuel et sexiste, a décidé de porter une attention particulière aux violences en ligne liées à la diffusion d’images ou vidéos intimes à l’insu des victimes (ce qu'on appelle le sexting non consenti ou "revenge porn") en diffusant la vidéo ci-dessous.

Un spot destiné à faire prendre conscience aux jeunes de l’importance de la notion de consentement et de ses limites. Un geste d'utilité publique si un jour votre adolescent reçoit une photo intime sur son portable. Car on le sait désormais, les conséquences du harcèlement peuvent être dramatiques. Les tentatives de suicide et les suicides sont l’une des manifestations les plus graves (selon l'UNICEF, 25,6 % des répondants reconnaissent qu’il leur est déjà arrivé de penser au suicide et 9,4 % qu’ils ont tenté de se suicider). Mais on recense aussi des liens étroits entre le harcèlement et les comportements à risque chez les adolescents (scarification pour les filles, alcoolisation, consommation de drogue, mise en danger routier pour les garçons et comportements sexuels à risque ou violents).


Bon à savoir : Pour tous signalements de harcèlement scolaire, un numéro vert a été mis en place : le 3020.

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