Insecticides, anti-poux... Quelles précautions prendre quand on utilise des pesticides à la maison ?

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PRUDENCE ! - Répulsifs contre les insectes, anti-puces pour le chien, insecticides contre les poux…, les substances chimiques font partie de notre quotidien. Le problème, c'est qu'on a tendance à les utiliser sans forcément suivre les consignes d’usage, révèle ce lundi l'étude Pesti'Home de l'Anses. Voici quelques conseils pour bien s'en servir.

On a tous envie de se débarrasser des petites bêtes indésirables qui squattent nos intérieurs, mais aussi le dos de nos animaux domestiques ou la tête de nos enfants. Oui mais voilà, pour ce faire, on utilise des produits potentiellement toxiques, comme des pesticides : 75% des ménages en ont utilisé au moins un dans l'année, révèle ce lundi l'étude Pesti'Home, réalisée par l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses). Ce sont principalement des biocides utilisés contre les insectes volants (40% des ménages) et les insectes rampants (28%), et des médicaments vétérinaires pour lutter contre les parasites des chiens et des chats (61% des ménages ayant un animal domestique). 

Viennent ensuite les herbicides et les produits contre les maladies des plantes, utilisés respectivement par 22% et 20% des foyers ayant un espace extérieur : jardin, terrasse, balcon. Enfin, les répulsifs cutanés humains, notamment ceux contre les moustiques, sont utilisés à une fréquence importante : au moins 6 utilisations par an pour la moitié des ménages et plus de 25 fois par an pour un quart des ménages, indique encore cette enquête. Le problème, c'est que "les Français ont tendance à voir ces pesticides comme des produits du quotidien et s'en servent sans observer les précautions d'usage", explique Jean-Luc Volatier, adjoint à l'évaluation des risques à l'Anses. Et c'est là que le bât blesse, alors que l'on sait que ces substances peuvent être notamment allergisantes, cancérigènes, ou sont considérées comme des perturbateurs endocriniens.

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Comment utiliser correctement les pesticides ?

Si l'on prend la peine de scruter les emballages, de nombreuses indications sont laissés par les fabricants, et même si elles sont parfois écrites en tout petit, elles ne sont pas à négliger :

• Concernant les biocides comprenant les insecticides à usage intérieur, ou encore les produits de traitement du bois, il est conseillé de se laver les mains après pulvérisation et de sortir de la pièce 15 à 30 minutes le temps que le produit agisse. A votre retour, il est encore souhaitable d'aérer pour laisser s'échapper les éventuels toxiques. "Attention également aux publics sensibles, femmes enceintes et enfants en bas âge", pointe le spécialiste des risques de l'Anses. Pour ces personnes vulnérables, vous pouvez également trouver une foule de conseils sur le site Agir pour bébé.

• Pour les insecticides ou neurotoxiques anti-poux : même s'ils ne sont quasiment plus commercialisés, ayant été remplacés par des asphyxiants qui agissent de manière mécanique, certains traînent encore dans les armoires à pharmacie. Sachez qu'ils sont contre-indiqués avant l’âge de 2 ou 3 ans et chez la femme enceinte, également en cas d’asthme ou de problème respiratoire. 

• Pour les répulsifs anti-moustique : vérifiez d'abord si ce produit est adapté à toute la famille ; tous les répulsifs sont contre-indiqués chez les tout-petits de moins de 6 mois - seuls certains sont autorisés entre 6 et 12 mois -, et les femmes enceintes. Ensuite, lorsque vous appliquez le produit sur les enfants, évitez d’en vaporiser sur leurs mains : ils risquent de se toucher les yeux ou la bouche. Enfin, n’utilisez qu’une petite quantité de produit sur la peau et/ou vos vêtements, pas besoin de vous asperger de répulsif pour que la protection soit efficace, et n'en vaporisez pas sur votre visage. En cas de contact avec les yeux, rincez immédiatement à l’eau.

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• Pour les médicaments vétérinaires, malgré les recommandations figurant sur les étiquetages et les notices, les résultats de l’étude Pesti’home montrent que de mauvais usages persistent. Il est recommandé de porter des gants au moment de l’application du produit, d'aérer après traitement, et de ne pas laisser les animaux qui viennent d'être traités avec une pipette antiparasite dormir avec leurs maîtres, surtout avec les enfants. 

• Pour les produits phytopharmaceutiques de protection des plantes, il est indispensable de suivre le mode d'emploi, car l’étiquette renseigne sur la dose à utiliser, les mesures de précaution, la période de l’année favorable au traitement, les conditions d’utilisation... Ensuite, il ne faut utiliser que la quantité recommandée : surdoser est dangereux avant d’être plus efficace ; s’équiper du matériel adéquat (gants en nitrile ou néoprène, vêtements couvrants, bottes…) ; éviter de boire, manger, fumer et de porter les mains à la bouche ou sur la peau pendant l’utilisation; et traiter en l’absence de personnes fragiles : femmes enceintes, enfants… et animaux. A l’extérieur, employer ces produits lorsque la météo est favorable : peu de vent, ni trop chaud (entre 5°C et 25°C), ni trop sec, et en dehors des périodes de floraison. Dans la maison, aérer les lieux plusieurs heures après le traitement et éviter l'endroit pendant le temps d'action.

Comment se débarrasse-t-on de ces produits dangereux ?

Un autre enseignement de l'étude Pesti'home montre que les utilisateurs ne savent pas suffisamment comment se débarrasser des produits pesticides. A titre d’exemple, 60% des ménages jettent leurs produits inutilisés à la poubelle et seulement 31% les déposent à la déchetterie. D’autre part, plus d’un quart des ménages avaient dans leur stock au moins un produit de protection des plantes interdit la vente. Pour l’Anses, il est donc important que les pouvoirs publics et les collectivités locales diffusent les informations et conseils pratiques pour éliminer les produits, qu’ils soient anciens, usagés ou interdits. L’Agence rappelle ainsi qu’il est recommandé de ne pas les jeter à la poubelle, ni les vider dans l’évier, mais de les déposer à la déchetterie ou à l’endroit prévu par la mairie, la communauté de communes ou d’agglomération.

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