Journée de la solitude : une souffrance très répandue chez les jeunes

Journée de la solitude : une souffrance très répandue chez les jeunes
Famille

MAL-ÊTRE - La troisième "journée des solitudes" est organisée ce jeudi 23 janvier par l'association Astrée, avec un focus particulier sur les jeunes. C'est en effet chez eux que le sentiment d'être souvent ou très souvent seul est le plus élevé, selon plusieurs études.

C'est une idée reçue tenace : les personnes âgées seraient par essence les plus affectées par la solitude et l'isolement. "Faux", répond l'association Astrée qui lance ce jeudi, pour la troisième année consécutive, la Journée des Solitudes, sous le patronage d'Agnès Buzyn. "Personne n'est à l'abri !" ajoute-t-elle, chiffres à l'appui : contre toute attente, selon différentes études, la tranche de population la plus touchée par ce sentiment est celle des 15-30 ans. 

Alors qu'il peut sembler naturel d'avoir des amis et une vie sociale dans cette classe d'âge, ils sont en effet 66% des moins de 35 ans à se sentir régulièrement seuls, contre 44% pour le reste de la population, selon une étude BVA menée en 2018. Et c'est chez les jeunes de 16 à 24 ans que le sentiment d'être souvent ou très souvent seul est le plus élevé (Etude CIGNA), rapporte l'association, qui a décidé, pour mieux mettre en lumière ce phénomène, de réaliser une enquête exclusive dans de nombreux collèges. Les résultats, là aussi, sont sans appel...                           

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Des chiffres "alarmants" au collège

Ainsi, 43% des collégiens disent connaître la solitude (au moins parfois) et 13,5% d'entre eux se sentent souvent ou toujours seuls. Des chiffres qualifiés "d'alarmants" par Astrée. "Nous savons que le sentiment de solitude autant que la solitude objective (l’isolement social), qui peuvent se recouper sans se confondre, constituent des facteurs de risques qui engendrent des pathologies tant physiques que mentales", explique l'association.

Autre constat : 83% des collégiens assimilent la solitude à un sentiment d’exclusion. D'où la nécessité d'agir vite : "Il faut absolument renforcer la prise de conscience autour des solitudes et tirer la sonnette d’alarme, car aujourd’hui, 5,5 millions de Français vivent en grande solitude, quels que soient l’âge et les catégories sociales", prévient Astrée.

Une situation que l'on peut clairement toucher du doigt à la lecture de certains témoignages laissés sur des forums de discussion entre adolescents et où la solitude semble prendre une place prépondérante : "Bonjour, je suis au collège et je souffre de 'solitude', je ne suis pas aimée de ma classe et je passe mes récréations et mes repas seule. J'aimerais en parler à quelqu'un mais surtout pas à mes parents, ils ne me comprendraient pas ou encore pire s'en ficheraient .. Cette solitude entraîne chez moi une sorte de dépression qui me ronge petit à petit .. Que faire ? Aidez moi svp", écrit ainsi une collégienne. 

Un autre jeune renchérit quelques lignes plus bas : "Bonjour a tous. Je suis en 5ème et depuis quelques mois maintenant je suis totalement seul au collège, mais pas qu'au collège également dans la vie de tous les jours. Personne ne veut m'adresser la parole, la cour et le self pour moi deviennent véritablement un enfer".

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Dévastatrice psychologiquement, la solitude est aussi "mortelle", avance l’association qui pointe une étude publiée en octobre 2018 dans la revue American Journal of Epidemiology démontrant que la solitude augmente le risque cardiaque et la mortalité toutes causes confondues chez tous les individus. 

D'où l'enjeu de cette troisième journée : "Au-delà du constat, il faut désormais agir pour apporter des solutions concrètes", avance l'association Astrée qui organise ce 23 janvier de multiples événements à Paris et dans 17 villes de France, afin de combattre cet isolement.

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