L'oncle raciste, la belle-sœur dépressive et la cousine dévote : les conseils pour survivre (avec dignité) au repas de Noël

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FAMILLE, JE VOUS (HAIS)ME - Que serait Noël sans bûche et dinde aux marrons, et surtout sans repas de famille qui s'éternise ? Mais entre la cousine dévote, l'oncle alcoolique et la belle-sœur dépressive, il suffit parfois de pas grand chose pour que la magie de Noël s'évanouisse. Pour que votre réveillon ne se transforme pas en pugilat, voici quelques conseils à consommer sans modération.

Chaque année c'est la même histoire, on part le coeur léger et les bras chargés de cadeaux, retrouver sa famille pour fêter Noël, en jurant qu'on ne laissera pas ce dîner perturber notre bonne humeur légendaire. Et ça ne loupe pas, dès la fin du repas, on prend ses jambes à son cou, en se disant que l'année prochaine, ce sera une pizza quatre fromages devant un bon film Netflix, et puis basta. 

Qu'a-t-il bien pu se passer pour en arriver à ce constat amer ? "C’est, généralement, au départ, assez joyeux, parce que c’est une obligation. Le réveillon de Noël se doit d’être joyeux et chaleureux", écrit Axel Sarde dans son livre très réussi "Petit Guide de survie aux fêtes de famille à l’usage de ceux qui veulent se pendre à Noël" (Editions Marabout)*. "C’est d’ailleurs peut-être cette pression qui fait systématiquement tourner les choses en eau de boudin. Il faut tellement que ça se passe bien, que l’harmonie soit totale, que tout le monde se surveille, la tension est à son comble et c’est là, à ce moment précis, qu’une erreur est commise".

C’est peut-être aussi l’une des raisons pour lesquelles 23 % des Français avouent ne pas aimer Noël, dont 7 % "pas du tout", selon une étude Odoxa, réalisée en 2016, pour Le Parisien. Alors que faire pour survivre à ces (atroces) réunions de famille ? On a pioché dans le livre d'Axel Sarde quelques mises en situation dans lesquelles vous vous reconnaîtrez et des petits trucs pour tenir le choc. Suivez le guide...

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L'oncle alcoolique et raciste

Comme l'écrit Axel Sarde, "il fait vraiment partie de ceux que vous supportez le moins au sein de la famille. Enfant, il vous faisait peur, à vociférer en permanence et à vous prendre le menton en disant que vous étiez de la graine de voyou. Le pire, avec l’oncle alcoolique et raciste, c’est qu’il se sent autorisé à tout. Il vous coupe la parole en permanence, et surtout, surtout, impute à peu près tous les maux de notre pays à ceux qu’il appelle les 'étrangers'.

Comment on gère la situation ? "L’avantage avec lui, c’est que vous avez le droit de le détester puisque toute la famille le déteste. Vous pouvez en dire du mal devant tout le monde", analyse l'auteur. Alors profitez-en. Et si vous vous sentez gêné par la situation, rien ne vous empêche, au moment de l'apéro, de changer le plan de table et d'inverser discrètement les étiquettes. Histoire de l'éloigner au maximum de votre assiette.

La cousine dévote

"Elle pardonne tout, convaincue de son salut éternel, de l’existence des anges et de la possibilité qu’un homme ait pu mourir, ressusciter, changer de l’eau en vin et marcher sur l’eau", écrit Axel sarde. "Vous fuyez les discussions avec elle, mais elle parvient parfois à vous coincer ou à vous faire la morale concernant vos mœurs. Elle ne vous dira jamais le fond de sa pensée vous concernant, mais vous comprenez au regard un peu triste qu’elle pose sur vous qu’elle est convaincue que vous finirez par rôtir dans les flammes de l’enfer".

Comment on gère la situation ? Elle aussi personne ne veut s’asseoir à côté d’elle pendant les repas de famille. Pourtant vous seriez prêt à vous sacrifier même si elle vous énerve au-delà du raisonnable, car "la cousine dévote est quelqu’un de foncièrement gentil. En tout cas, c’est ce qu’elle laisse paraître", rappelle l'auteur.

La belle-soeur dépressive

Comme l'écrit Axel Sarde, "la belle-soeur dépressive est un incontournable des réunions familiales. Inamovible, elle exhibe

son mal de vivre et sa mine de cachet d’aspirine. C’est qu’elle aime bien qu’on voit à quel point elle est désespérée. Elle a tenté plusieurs fois de se suicider mais à chaque fois en avalant des granules homéopathiques d’arnica !"

Comment on gère la situation ? "Elle a l’air tellement malheureuse que cela vous donne un bon coup de fouet et que vous relativisez avec vos enfants insupportables, les fins de mois qui commencent le 15 et les collègues de bureau inintéressants, voire totalement débiles. Finalement, cette belle-sœur, malgré sa sinistrose régulièrement entretenue, a dans votre vie une certaine utilité, même si vous vous gardez bien de le lui dire, de peur de la froisser", poursuit l'auteur.

La grand-mère indigne

"Aujourd’hui, très âgée, donc encore plus méchante et n’ayant de comptes à rendre à personne, elle balance des vérités sur les uns et les autres pendant les réunions de famille, provoquant des froids polaires au cours des repas. Elle ne manque pas, après deux coupes de champagne, de raconter sa vie sexuelle échevelée, plongeant l’audience dans un profond malaise", analyse Axel Sarde.

Comment on gère la situation ? "N'essayez pas de lui couper la parole au risque d’être foudroyé par une formule acerbe dont elle seule a le secret. Et ne vous avisez surtout pas de l’appeler 'Mamie' ou 'Mémé'", conseille l'auteur.

Le beau-frère qui a des avis sur tout

"Ce beau-frère-là a non seulement des avis sur tout, mais il est en plus foncièrement convaincu qu’il a raison à chaque fois, qu’il est aussi bien expert en relations internationales qu’en politique intérieure, en mécanique automobile qu’en physique quantique (même si vous abordez, il est vrai, assez rarement ce dernier sujet). Résultat, il prend de façon systématique le contrepied de l’avis général, quitte à se mettre dans des postures totalement intenables, voire à franchement se contredire d’une conversation sur l’autre", décrit Axel Sarde.

Comment on gère la situation ? Le beau-frère qui a des avis sur tout est toujours en désaccord avec vous. Pas une seule fois il ne vous accordera le plus léger des assentiments. Mais soyez au-dessus de ça et laissez-le parler à sa guise, car finalement ce complexe de supériorité cache en fait un gigantesque complexe d’infériorité !

La mère qui met son nez dans votre vie

"Dans les réunions de famille, la mère, c’est le point culminant, la personne qui vous scie les nerfs avec le plus de précision et de perversité. Votre mère, dans les grandes réunions familiales, peut être une alliée mais, le plus souvent, ce n’est pas le cas, au contraire", détaille Axel Sarde. Résultat, "ces réunions seront l’occasion pour elle de s’appuyer sur les autres, de les prendre à témoin, pour ne pas dire en otage, le tout pour vous expliquer à quel point vous faites mal les choses, votre métier n’est pas

un métier, vos amours sont puériles et immatures".

Comment on gère la situation ? Ne vous laissez pas submerger par la culpabilité, c'est ce qu'elle cherche. Et si vous craignez de ne pas supporter les commentaires à votre encontre, n’hésitez pas à faire de nombreuses pauses pour vous isoler dans la cuisine ou la salle de bain, puis respirez un bon coup pour faire retomber la pression.

L'annonce qui jette un froid, un grand classique des repas de Noël

En général, le dîner de Noël commence toujours dans la joie et la bonne humeur. Le chapon embaume la cuisine, les enfants sont surexcités et attendent avec fébrilité l'arrivée du vieil homme à la barbe blanche, et les adultes trinquent à leurs retrouvailles. "Jusqu'au moment où votre mère vous lance une question anodine (croit-elle) : 'Alors, le travail comment ça va ?'  Sauf que vous êtes tellement dans cette tension, dans ce désir qu’aucun dérapage n’ait lieu cette année que vous vous braquez immédiatement", explique Axel Sarde.

Résultat, "vous traduisez instantanément cette phrase dans votre tête par: 'J’espère que tu vas le garder ce boulot pour une fois'. Et au lieu de laisser filer, et de répondre de manière monosyllabique, vous explosez tout de suite : 'Ma vie ne te regarde pas, je fais ce que je veux, tu ne connais rien à mon quotidien, tu ne t’intéresses qu’à mes échecs...' Alors pour bien enfoncer le clou, c’est le moment que vous choisissez pour faire une annonce tonitruante, pour lancer à votre mère : 'Tu sais, mon amie Solène ? Eh bien, ce n’est pas une amie. C’est ma compagne'. 

Selon Axel Sarde, "les réactions vont alors être diverses : vos parents vont vous dire, une fois le choc passé, que cela ne change rien à l’amour qu’ils ont pour vous (si tout va bien) et qu’ils ne souhaitent que votre bonheur (tout en regrettant que leurs chances de devenir grands-parents s’amenuisent). La cousine dévote va faire ce qu’elle peut pour être gentille mais aura beaucoup de mal à cacher l’horreur que vous lui inspirez soudain (en même temps, elle était déjà convaincue qu’une place en enfer vous attendait après la vie terrestre). La grand-mère indigne ne va pas cesser de dire que c’est très amusant et racontera au dessert quelques moments coquins de l’époque où elle faisait ses études dans un pensionnat de jeunes filles". 

Comment on gère la situation ? "Ce type d’annonce peut parfaitement conduire à un Noël réussi, et surtout dont on se souvient longtemps. Car finalement, plutôt que de cumuler les agacements et les micro-disputes, mieux vaut mettre les pieds dans le plat", conclut l'auteur.

*Petit Guide de survie aux fêtes de famille à l’usage de ceux qui veulent se pendre à Noël, Axel Sarde (Editions Marabout, 9,90 euros)

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