La charge mentale des mères : elle pèse tout autant (voire plus) pendant les vacances !

Famille
INÉGALITÉS - Choix des occupations et de la destination, gestion du planning ou du budget... les vacances sont loin d'être de tout repos pour les mères de famille. La charge mentale se ressentirait même plus en période de congés, selon une enquête réalisée par Opinium pour le site Groupon. Décryptage.

Vacances, j’oublie tout, plus rien à faire du tout... Pas pour les mères de famille, semble-t-il. Car même si les vacances d’été sont souvent synonymes de rires, de jeux et de copains pour les enfants, les parents quant à eux doivent gérer organisation, activités, garde et budget. Et face à ces enjeux, les hommes et les femmes ne sont manifestement pas sur un pied d’égalité. La charge mentale, ce syndrome d’épuisement provenant du fait de devoir penser à tout, frapperait  en effet les femmes plus lourdement encore pendant les vacances. C'est en tout cas ce qui ressort d'une enquête menée par Opinium pour le site Groupon. 


Première mission, et pas des moindres, il faut occuper les enfants pendant deux mois. Déjà, tout au long de l’année, les tâches ménagères et l’organisation du quotidien sont majoritairement réalisées par les femmes - ce qui vient bien souvent s'ajouter à une activité professionnelle. Eh bien, durant les vacances, c'est un peu la même chose. Ainsi, les mamans sont 47% à déclarer passer plus de 30 heures par semaine en famille contre 44% des hommes. Par ailleurs, elles sont seulement 40% à affirmer que leur partenaire s’occupe des enfants pendant les vacances, alors que les pères de familles sont 59% à déclarer l’inverse. 

Trop de pression, trop de stress

Face à cette charge mentale invisible, les mamans ressentent un grand désarroi à l’approche des vacances. Ainsi, elles ne sont que 20 % à penser que l’organisation des vacances est facile. Les autres trouvent l'opération difficile (22 %), stressante (28 %) voire écrasante (8%). Et cela va de soi, ce sentiment de stress est encore plus présent chez les personnes divorcées (36%). Résultat, plus d'un tiers des mamans (41%) va jusqu'à affirmer que l'organisation de la vie de famille pendant l'été est plus stressante qu'un déménagement, un mariage, un déménagement ou une demande de prêt. Et ce désarroi est si important qu’une maman sur trois préférerait faire sa déclaration d’impôt plutôt que de gérer les vacances des enfants ! 


Mais comment expliquer un tel mal-être ? Serait-ce un problème générationnel ? Pour 63% des femmes interrogées, les parents d’aujourd’hui subiraient en effet une pression plus importante que les générations précédentes quant à l’organisation des vacances. Cela est d’autant plus vrai pour la tranche d’âge 23-27 ans qui partage ce ressenti à 70%. La faute aux réseaux sociaux, pardi ! Pour ces parents, tous issus de la génération Millennials, l’injonction à une vie "instagrammable" et une course à la réussite à tout-va agiraient comme une véritable pression au quotidien, ajoutant un stress à un rythme déjà chargé. Conséquence, 26% des femmes interrogées se sentent globalement plus stressées à la fin des vacances scolaires. 

En vidéo

PARTI PRIS - charge mentale, égalité homme femme...comment changer les choses par la féministe Emma

Et chez nos voisins européens ?

Pour autant, si tant est que cela nous rassure, la mère de famille française ne semble pas être plus mal lotie que ses voisines européennes. En effet, si seules 6% des Italiennes considèrent l’organisation des vacances épuisantes, ce sont les mères britanniques qui semblent les plus stressées : pour 21% d’entre elles, la charge des vacances est éreintante. Au contraire, pour 40% des Allemandes et des Italiennes, la gestion des vacances est tout à fait gérable, voire agréable (pour 38% des Allemandes, et 35% des Italiennes). 


Leur secret ? Peut-être faut-il regarder du côté germanique pour le connaître : en effet, 80% des pères de familles allemands déclarent s’occuper eux-mêmes des enfants (contre 79% en Espagne, 69% en France et au Royaume-Uni, 68% en Italie). Les papas français n'ont plus qu'à en prendre de la graine. Après tout, les vacances ne font que commencer !

*Etude Groupon et Institut Opinium Research  réalisée auprès de 1.501 parents d’enfants de 5 à 16 ans, entre le 28 mai et le 6 juin 2019 en France, Allemagne, Italie, Espagne et Grande-Bretagne. 

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter