Le B.a.-Ba de la parole chez les bébés acquis dès... le dernier trimestre de la grossesse

Famille
CROISSANCE - Les premières notions de la parole ne viendraient en fait pas au cours des premiers mois de vie d'un enfant, mais lors des dernières semaines in-utero. Cette découverte, faite par des chercheurs autrichiens, pourrait permettre d'améliorer l'environnement acoustique dans les unités dédiées aux prématurés, afin de leur facilité l'acquisition du langage.

Les premiers balbutiements d’un enfant sont toujours source d’émerveillement. Ses premiers mots, une victoire. Car jusqu’ici, le mécanisme de leur acquisition reste un mystère. Grâce  à toutes sortes d’exercices et de techniques, les chercheurs tentent de le résoudre. Au laboratoire des bébés de la faculté de médecine de Paris, ils ont réussi à prouver que dès 6 mois, un enfant possède déjà des notions de phonétique et arrive même à détecter une erreur de prononciation dans un mot, alors qu’il ne sait pas encore le prononcer.


Une étude de l’université de médecine de Vienne, publiée le 30 juillet dans le journal Developmental Cognitive Neuroscience, vient apporter une pièce manquante au puzzle de la compréhension de l’acquisition de ces facultés. Selon l’équipe de neurolinguistes, qui a étudié l'activité cérébrale de quinze bébés nés à terme et de quinze autres nés prématurément, les zones du cerveau spécialisées dans la reconnaissance et le traitement des sons et de la parole se développent dès le dernier trimestre de la grossesse.

Une spécialisation de certaines zones du cerveau du foetus dès les trois derniers mois de la grossesse

À ce stade de développement, ont remarqué les scientifiques, les zones du cerveau spécialisées dans la reconnaissance et le traitement des sons et de la parole se développent. L'appareil auditif du fœtus, lui, est déjà fonctionnel, ce qui lui permet de distinguer les différents bruits qui filtrent à travers le liquide amniotique. C'est ainsi que, dès sa naissance, un enfant sait faire la différence entre les voix, la musique ou encore le brouhaha ambiant.


Les derniers mois sont donc essentiels à l'acquisition de cette faculté. Les enfants naissant prématurément ne peuvent d'ailleurs parvenir à distinguer les sons qu'à la date théorique de leur naissance, notent les neurolinguistes autrichiens dans leur étude. Les régions du cerveau dédiées à la reconnaissance de la parole et des bruits ne se sont en effet pas encore spécialisées.

Adapter les environnements pour permettre un meilleur développement

S'ils permettent de mieux comprendre la façon dont s'acquiert le langage, ces résultats soulignent également l'importance de l'environnement acoustique dans les unités de néonatologie dans les hôpitaux. "Un environnement bruyant similaire à celui rencontré dans le corps de la mère, incluant la voix des parents et la réduction du bruit ambiant, peut favoriser le développement des zones de parole dans le cerveau des prématurés, facilitant ainsi leur acquisition future de la parole", souligne dans un communiqué Bartha-Doering, l'auteure principale de ces travaux.

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