Les ados ayant des relations amoureuses seraient plus déprimés

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AMOURS CHAGRINS - Nombreux sont les parents qui, en voyant leurs enfants ados amoureux, imaginent qu'ils nagent dans le bonheur et connaissent un ravissant épanouissement. Détrompez-vous : selon une étude américaine, flirter à l'adolescence ne serait pas gage de bien-être.

Dans l'inconscient collectif, filer le parfait amour pendant l'adolescence aurait de sérieuses vertus : meilleure estime de soi, aptitudes sociales davantage développées, relations plus saines avec les parents... Or, ce ne serait pas le cas. Selon une étude menée par une équipe de l'University of Georgia sur 594 élèves suivis de la sixième à la terminale, il semblerait même que les ados "ne flirtant pas" soient moins déprimés que ceux ayant des expériences amoureuses.

Pour établir ce constat, chaque année, les scientifiques ont demandé à ces jeunes s'ils avaient eu des rendez-vous amoureux, tout en les interrogeant sur la qualité de leurs relations avec leurs amis, à la maison ou à l'école, et de noter s'ils avaient eu des idées suicidaires ou perçu des symptômes de dépression. Parallèlement, les professeurs devaient également remplir des questionnaires sur le comportement de ces jeunes, leurs aptitudes sociales, leurs qualités de meneur ou meneuse ainsi que leur niveau de dépression.

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Leurs résultats, repris par la version digitale de The Journal of School Health, ont montré qu'en classe de seconde, les professeurs des ados avaient donné de bien meilleurs résultats, en matière d'aptitudes sociales et sur le plan des qualités de meneur, aux ados ne flirtant pas. De plus, l'auto-évaluation de dépression était bien plus basse chez les jeunes ayant rarement ou jamais de rendez-vous galants. Idem du côté des enseignants, qui avaient noté des symptômes de dépression plus bas chez ceux qui rapportaient ne pas flirter. De là à dire que tomber amoureux réveille des pulsions destructrices ?

"La majorité des ados a eu quelques expériences romantiques entre 15 et 17 ans", révèle la professeure Brooke Douglas, en charge de l'étude. "Cette forte fréquence a entraîné certains chercheurs à avancer que le flirt au cours de l'adolescence était un comportement normatif. Autrement dit, les jeunes qui ont des relations romantiques sont considérés comme à un stade normal de leur développement psychologique". Mais pour autant, continue-t-elle, "cela signifie-t-il que les ados qui ne flirtent pas sont inadaptés d'une manière ou d'une autre ? Qu'ils sont marginaux ? Peu d'études ont examiné les caractéristiques des jeunes qui ne flirtent pas au cours de l'adolescence, nous avons donc décidé de le faire". Et de constater, en dépit des apparences, que "les étudiants qui ne flirtent pas vont bien et suivent simplement une trajectoire de développement différente et saine par rapport à leurs pairs", souligne la co-auteure Pamela Orpinas. A chacun son rythme, donc. 

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