Les enfants mangent beaucoup trop de sucre selon l’Anses : les conseils d'une nutritionniste pour limiter leur consommation

Famille
ALIMENTATION - Gâteaux, biscuits, bonbons, sirop, sodas : les enfants dès 4 ans - et même avant - absorbent beaucoup trop de sucres, a alerté l'Anses cette semaine. Un constat que la nutritionniste Florence Foucaut dresse également. C'est "la faute des parents !", insiste-t-elle avant de livrer ses conseils...

"Je ne suis absolument pas étonnée", lance tout de go la nutritionniste Florence Foucaut quand on l'interroge au téléphone sur le constat dressé mardi par l'Anses, révélant que les enfants, dès 4 ans et même avant, absorbent beaucoup trop de sucres. Selon l'Agence sanitaire, cela concerne 75% des 4-7 ans, 60% des 8-12 ans et 25% des 13-17 ans. Des apports excessifs jugés "préoccupants" car c'est dans l'enfance et l'adolescence que s'acquièrent les bonnes ou mauvaises habitudes alimentaires qui risquent d'être conservées à l'âge adulte, favorisant l'obésité et le diabète.


"Et il n'y a pas que la prise de poids, renchérit la nutritionniste. Les dentistes sont affolés par le nombre de caries chez les enfants en bas âge, on en retrouve même sur des dents de lait ! C'est un fait, l'excès de sucre concerne aussi l'hygiène bucco-dentaire. D'où l'importance d'éduquer ses enfants dès le plus jeune âge", lance-t-elle, n'hésitant pas à pointer du doigt les parents. 


"Le comportement des parents joue effectivement un rôle très important sur le comportement alimentaire présent et futur de l'enfant, insiste également la professeure Irène Margaritis, cheffe de l'unité d'évaluation des risques liés à la nutrition de l'agence sanitaire. L'enfant observe ce que mangent les autres et les parents peuvent l'encourager à goûter sans forcer", dit-elle.

Attention aux "sucres ajoutés" des industriels

Sauf qu'à y regarder de plus près, on s'aperçoit que l'eau n'est désormais plus une priorité à table. Et c'est allègrement que les enfants consomment des boisson sucrées, soit gazeuses, soit fruitées. Pourtant, l'Anses recommande fortement de les limiter, jus de fruits compris. Là, notre nutritionniste émet une réserve : "Boire un verre de pur jus de fruits n'est pas un problème en soi, puisque cela correspond à une portion de fruit, sur les trois recommandées chaque jour. On n'a normalement que les glucides du fruit sans aucun autre 'sucre ajouté', comme le veut la réglementation. En revanche, attention à tous les à-côtés, que l'on va consommer en même temps, comme les gâteaux ou les céréales", prévient Florence Foucaut.


Les céréales du petit-déjeuner, parlons-en justement. Elles sont bien souvent la bête noire des nutritionnistes. Et pour cause... Des "sucres ajoutés" s'y trouvent parfois cachés et même quand certains produits affichent "sans sucre ajoutés", il faut rester méfiant "car ils peuvent contenir des ingrédients naturellement sucrés  - moût de raisin, extraits de jus de fruits concentré par exemple, et raisins secs - qui peuvent apporter au final plus de sucre qu'on ne l'imagine", indique l'Anses. Par ailleurs, "les emballages indiquent  les valeurs nutritionnelles pour une quantité recommandée, soit 40 g ou 60 g, mais ce n'est jamais ce que l'on retrouve dans les bols des adolescents. Ils en mettent beaucoup plus, et du coup ça fausse tout", souligne de son côté notre thérapeute. 

Privilégier le fait-maison et les goûters salés

Par ailleurs, "il faut que les parents comprennent qu'un goûter ne doit pas forcément être sucré, poursuit Florence Foucaut. La plupart des jeunes enfants ont souvent un goûter composé de compotes en berlingot et de crêpes en sachet. Or, du pain et du fromage, ou un fruit peuvent aussi bien composer leur quatre heures. Regardez à la maternelle, la recommandation est d'alterner un goûter sucré et un goûter salé, et ça ne déplaît pas aux enfants". 


Le fait maison doit aussi selon elle être privilégié, car cela permet de savoir quelle quantité de sucre on y met. Et puis,fait-elle valoir, ce n'est pas si contraignant : "une maman qui fait un quatre-quart le dimanche peut le conserver aisément jusqu'au mercredi. C'est juste une question d'organisation", insiste la nutritionniste.

Ne pas être dans l'interdit et faire preuve de bon sens

"Les sources de distraction qui détournent l'enfant de son assiette, comme la télévision, les portables ou les tablettes dans les mains des parents, voire du tout-petit lui-même, sont également à exclure", relève l'Anses. Ce qui fait dire à Florence Foucaut qu'on en revient toujours à l'éducation. "Le repas doit être avant tout un moment de partage. On prend ses repas à table en y consacrant le temps qu'il faut. Il ne doit surtout pas être expédié à toute vitesse", conseille-t-elle. 


Et ce moment de convivialité peut être entamé bien avant le repas, en faisant la cuisine avec ses enfants, par exemple. "On peut prendre ce temps-là le week-end, ne serait-ce que pour faire un gâteau, avance la nutritionniste".


En revanche, "pas question de tomber dans l'excès inverse, et de stigmatiser tous les produits sucrés", interpelle la thérapeute, qui insiste encore une fois sur l'éducation et le comportement des parents. "Il faut parler avec son enfant et lui expliquer par exemple qu'on peut très bien manger des céréales au petit-déjeuner, mais si c'est le cas, il est préférable de prendre un fruit au goûter. Inutile donc d'être dans l'interdit, il faut plutôt faire preuve de bon sens". 

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