Vous angoissez à l'idée de ranger vos placards ? Adoptez la méthode du "tri conscient" !

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TABLE RASE - L'arrivée du printemps donne des envies de rangement. L'occasion idéale pour plonger dans le tri de vos armoires, tiroirs ou penderies. Mais pourquoi est-ce si difficile de s’y mettre ? On a posé la question à Thomas Siceaux, auteur du livre "Ciao Bazar", et inventeur du concept de "tri conscient".

Comment sortir de l’enfer du bazar ? Chaque année à la même époque, c'est la même histoire, vous avez envie de faire le vide dans vos tiroirs. Mais vu le capharnaüm qui vous attend, vous chaussez des semelles de plomb et glissez inexorablement dans le découragement, voire le déni. Comme l'écrit Thomas Siceaux dans son livre "Ciao Bazar" (Le courrier du Livre), "vous vous êtes habitué à chercher vos affaires pendant des lustres, à vous cogner à un tas de choses qui obstruent le passage. Epuisé, vous regardez votre intérieur comme un adversaire, (...) et vous capitulez".

Mais d'où vient cet inexorable blocage ? Pour l'auteur, autoproclamé thérapeute par le tri et metteur en scène d'intérieur, la réponse est simple : le bazar qui s'accumule dans nos tiroirs n'est pas que d'ordre matériel. Il est aussi le reflet de nos émotions et de nos habitudes "polluantes". Résultat, pour vous aider à trier vos objets, et accessoirement à vous vider la tête de tout ce qui l'encombre, Thomas Siceaux a mis au point le tri conscient, ou comment "déménager sans déménager" ! Une méthode qui se veut différente de celle de Marie Kondo, la reine japonaise du rangement, auteure d'un best-seller sur le sujet et d'une série sur Netflix.

"On travaille tous les deux dans le même but : faire en sorte que les gens soient plus allégés après avoir rangé leurs maisons, nous explique notre thérapeute. Sauf que Marie Kondo s'attaque aux conséquences : qu'est-ce qu'on gagne à faire du tri ? Là où je m'occupe des causes : qu'est-ce qui fait que tel objet est encore chez vous alors qu'il est totalement obsolète ?" Pour tenter de répondre à cette question, il nous livre les 7 étapes à affronter...

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  • 1Regarder

    "Aussi étrange que cela puisse paraître, votre première action va consister à ne rien faire, plutôt à être dans l'observation", avance Thomas Siceaux. Car selon lui, on ne peut rien commencer si on ne saisit pas à quoi servent les objets qu'on accumule. Pour cela, le pro du rangement a une formule qu'il prend plaisir à répéter à chacun de ses interlocuteurs quand il visite un appartement ou une maison : "vous ne pouvez pas sortir d'une pièce dans laquelle vous n'êtes pas rentré". Alors, ouvrez les yeux. Vraiment. Et revisitez votre espace de vie comme si vous le découvriez pour la première fois !

  • 2Accepter

    "Accepter, cela ne veut pas forcément dire être d'accord avec son bazar, souligne Thomas Siceaux. C'est juste se dire : 'c'est ainsi, cela fait partie de moi'. Accepter, c'est aussi comprendre les  obstacles qui vous empêchent d'y arriver, comme la peur du vide, ou du gâchis. Quand ces peurs sont activées, elles vous disent attention danger : 'si tu ne gardes pas les affaires de mamie Suzanne, tu vas réactiver tes manques existentiels'". Autre frein, le découragement. "Cela arrive quand on n'a pas trouvé le sens de son tri, explique l'auteur. On a tous cette petite voix qui nous intime de laisser tomber. Mais quand on a clairement analysé ses besoins (par exemple, avez-vous vraiment besoin d'une télé dans toutes les pièces ?, ou de cette vingtaine de parures de draps pour l'unique lit de la maison ?), on sait pourquoi on va mouiller sa chemise."

  • 3Assumer

    Pour notre thérapeute par le tri, c'est l'étape capitale : il faut aller chercher à quoi vous sert tout ce bazar. "Vous ne pouvez rien faire si vous ne savez pas pourquoi c'est là, insiste-t-il. Tout ça n'est pas arrivé sans votre consentement. C'est ce que j'appelle : le "bazar bavard", c'est-à-dire que ça raconte quelque chose de vous. Et si vous ne l'écoutez pas, c'est un peu comme faire sa vaisselle dans une eau sale". Et le thérapeute de raconter une anecdote : "J'avais une cliente qui vivait dans un fatras sans nom. Quand je lui ai demandé à quoi tout ça lui servait, elle me répondit : 'à me sentir libre'. J'ai appris plus tard qu'elle avait reçu une éducation très stricte. Derrière son bazar se cachait la volonté de dire : 'désormais je fais ce que je veux'. Tout mon travail a consisté à lui montrer qu'elle pouvait être libre sans ce capharnaüm, que ce n'était qu'un leurre, car en fait, elle était prisonnière de son bazar".

  • 4Remercier

    "Remercier, c'est voir l'avantage du caillou dans la chaussure : grâce à mon bazar, j'ai détecté ce dont j'ai vraiment besoin. C'est quand j'ai un appartement dans tous les sens que je me dis que j'étouffe", analyse notre metteur en scène d'intérieur. 

  • 5Décider

    "A un moment donné, ces montagnes de bazar devant lesquelles vous passez sans réaction depuis des mois vont vous agacer, jusqu'à vous irriter, c'est le fameux déclic, poursuit Thomas Siceaux. Cette graine qui ouvre le processus de transformation, sans lequel aucun changement ne serait possible. Et cette question vous saisit subitement : 'comment ai-je fait pour supporter ça pendant tout ce temps ?".

  • 6Passer à l'action

    "Voilà enfin arrivé le temps du tri car aucun rangement ne peut se faire sans cela. Et pour sélectionner ce qui reste de ce qui sort de chez vous, vous devez vous posez 5 questions sur leur réelle utilité", conseille l'auteur. Les voici : Est-ce que ça sert ?, Est-ce que ça me sert ? A quoi vais-je m'en servir ? Quand et à quelle fréquence ? Vais-je penser à m'en servir ?  Si vous êtes toujours dans l'affirmative à la cinquième question, ce qui est devant vous est estampillé "ça reste", sinon c'est à donner ou à recycler. "Il faut oser jeter, prévient Thomas Siceaux. Mais je parle plutôt de faire confiance à la poubelle, ce qui est différent. Dans l'inconscient collectif, jeter, c'est le trou noir, ça ne sert plus à rien. Or, ce cycle devient de plus en plus vertueux. Aujourd'hui quand j'écris sur du papier, c'est grâce à des objets recyclés et non grâce à un arbre. L'idée c'est de retourner dans le cycle naturel des choses, d'apprendre à se délester et à faire le deuil".

  • 7Intégrer

    "Il est tentant de croire qu'après tout cela, l'espace fraîchement retrouvé le restera pour toujours. Il faut donc intégrer ce nouvel espace, trouver le rythme de soins qu'il demande pour le faire perdurer. Car l'un des pièges qui se présentent, c'est de vouloir figer ce beau résultat en ne voulant plus rien faire bouger. Ce qui finalement, vous amènerait au même point d'étouffement que lorsque vous étiez dans la saturation du surplus", conclut l'auteur.

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