Barbie veut inciter les petites filles à briser les stéréotypes sexistes (qu'elle a longtemps alimentés)

Barbie veut inciter les petites filles à briser les stéréotypes sexistes (qu'elle a longtemps alimentés)

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ENGAGEMENT - Barbie part en guerre contre les préjugés sexistes. Une initiative qui pourrait faire ricaner certains, tellement cette poupée star a souvent été critiquée à cause de sa représentation trop féminine des femmes. Mais ne pourrait-elle pas, bien au contraire, être la mieux placée pour véhiculer ce genre de message ?

Elle est mince, grande, avec de long cheveux et possède des mensurations parfaites. Tellement parfaites qu’elles sont complètement irréalistes ! Longtemps accusée de représenter le stéréotype de la femme idéale, pouvant du coup transmettre un message erroné aux petites filles, Barbie s'est émancipée. La poupée star est aujourd'hui déclinée en de multiples versions, bien loin de ce qu'elle représentait à sa création en 1959. 


Du coup, il ne manquait qu'une marche pour qu'elle se politise. Et c'est chose faite, le fabricant de jouets Mattel vient de l'annoncer solennellement : la poupée Barbie va collaborer avec des chercheurs travaillant sur la représentation des femmes et les stéréotypes sexistes. Le but de ce programme pluri-annuel, baptisé "Dream gap" ("le plafond des rêves" en France), est de sensibiliser le public sur les différents "facteurs qui empêchent les petites filles d'atteindre leur plein potentiel", a expliqué dans un communiqué la société basée à El Segundo (Californie).

A partir de 5 ans, les filles commencent à perdre confiance

Mattel décrypte ce phénomène en mettant en scène différentes petites filles dans une vidéo diffusée sur YouTube. "Le plafond des rêves, qu'est-ce que c'est ?", interpelle l'une d'elles. "Tout ce qui empêche les filles de réaliser leurs rêves", lui répond une autre. Une troisième intervient : "En fait, jusqu'à l'âge de cinq ans, les petites filles veulent devenir présidentes, scientifiques, astronautes, philosophes, ingénieures, chefs d'entreprise... Mais ensuite les choses changent". "Pourquoi ?", interroge une quatrième. "Parce qu'on nous autorise moins à rêver. Nous avons trois fois moins de chances que les garçons de recevoir un jouet scientifique. Sur Google, les parents recherchent deux fois plus : "Mon fils est-il surdoué ?" que "Ma fille est-elle surdouée ?" 


Des études, réalisées par des chercheurs de l'Université de New-York, de l'Illinois et de Princeton, ont en effet démontré qu’à partir de 5 ans, les filles commencent à perdre confiance en leurs compétences et ne pensent plus qu’elles peuvent être tout ce qu’elles veulent, contrairement aux garçons qui n'auraient pas ce genre de problème. Les stéréotypes culturels et les préjugés implicites contribuant à promouvoir cette idée. 

Sensibiliser la société aux stéréotypes et rassembler tous ceux qui soutiennent les petites filles.Lisa McKnight, directrice générale et vice-présidente de Barbie

Autant de "facteurs limitants" qui pèsent sur la façon dont les petites filles se perçoivent et que Barbie s'engage à combattre via le projet "Dream Gap" en "finançant la recherche, en mettant en valeur des modèles positifs et en créant une communauté d'entraide". La marque va notamment financer une chaire à l'université de New York, en collaboration avec le professeur Andrei Cimpian du département de psychologie, pour permettre de nouvelles études sur la question. Plus globalement, Barbie s'engage à travailler avec des scientifiques pour promouvoir ces recherches. "L’objectif du Projet 'Le Plafond des Rêves' est d’utiliser toutes les plateformes de communication de Barbie pour sensibiliser la société aux stéréotypes et rassembler 

tous ceux qui soutiennent les petites filles, car nous ne pouvons pas faire ça tout seuls", a déclaré Lisa McKnight, directrice générale et vice-présidente de Barbie.  

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