Mon enfant fait encore "pipi au lit" : à partir de quel âge faut-il (vraiment) s'inquiéter ?

Mon enfant fait encore "pipi au lit" : à partir de quel âge faut-il (vraiment) s'inquiéter ?
Famille

TERREUR NOCTURNE - Votre enfant a beau être "propre" au quotidien et à l'école maternelle, il continue de "faire pipi au lit" la nuit et de mettre des couches. Est-ce grave et à partir de quel âge faut-il commencer à consulter ? Les réponses avec un psychologue spécialisée dans l'enfance.

Votre enfant a 3-4 ans et s’il est parfaitement "propre" la journée à l'école maternelle, il continue de porter des couches la nuit venue. Comme vous avez épuisé tout votre stock (et toute votre patience), vous êtes un tantinet au bout de vos moyens et commencez à vous poser de sérieuses questions sur cette perte de contrôle : "Si cela persiste dans le temps, au-delà de 5-6 ans, il faut faire des bilans neurologiques pour voir si tout va bien sur le plan médical et pour voir s’il ne s’agit pas d’une maladie rénale, d'un diabète ou d'une infection urinaire, nous confie le psychologue Jean-Luc Aubert. Mais avant cet âge, il n'y a pas lieu de s'inquiéter." 

Chez les enfants de 3-4 ans, le fait de s'oublier au lit est lié à quelque chose de régressif, amplifié par des facteurs psychologiques comme le changement des habitudes au sein de la famille, une séparation ou encore la naissance d'un petit frère ou d'une petite sœur : "C’est ce qui se passe lorsque l’enfant, un peu anxieux, ne verbalise pas cette angoisse" avoue le psychologue spécialisé de l'enfant. Et cette régression soudaine peut être assimilée au refus de dire au revoir au statut de bébé chéri par papa et maman. 

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La simple perspective de grandir peut se révéler profondément déstabilisante chez l'enfant- Jean-Luc Aubert, psychologue spécialiste de l'enfant

Que faire alors pour que la situation se résolve en douceur ? S'énerver ne résoudra rien, prendre des mesures très coercitives, non plus. Selon le psychologue, "cette incontinence urinaire est inconsciente, involontaire chez l'enfant", d'où la nécessité pour le parent de ne pas le culpabiliser et de poursuivre le port de la couche la nuit, pour éviter que l'enfant, à force de se retenir, ne développe des complications infectieuses : "Il faut surtout voir sur la distance, sur la fréquence, si l'enfant en souffre, si ces incidents se passent toutes les nuits, seulement pendant les vacances ou pendant l’année scolaire." 

Pour Jean-Luc Aubert, cette "incontinence urinaire" tient chez l'enfant des angoisses endogènes, ces angoisses qui trouvent leur origine à l'intérieur de la personne et qui concernent aussi bien le mal de ventre ou cet inconfort comme l'envie d'uriner. "La simple perspective de grandir peut se révéler profondément déstabilisante chez l'enfant", assure-t-il. 

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Comment réagir en tant que parent

Quels mots utiliser alors pour passer des nuits sereines et lui éviter de se réveiller dans un lit trempé ? "Le mieux, c’est de banaliser avec des mots simples et décomplexants, poursuit le psychologue. Dire que ce n'est pas grave et attendre que cela passe. Ne surtout pas imposer une trop forte pression psychologique. Neutraliser le plus possible cette situation, ne surtout pas en faire un psychodrame. Inventer un jeu avec le port de la couche. Rassurer l'enfant, c'est l'aider." 

Et si, en dépit de tous les essais et de toutes les manœuvres, la fuite continue ? "Au-delà de 5 ans, cette affection porte un nom : l'énurésie. "Elle est caractérisée par la survenue pendant le sommeil de mictions involontaires et inconscientes. On peut alors envisager un bilan urodynamique". Si votre enfant souffre d'énurésie, sachez en tous cas qu'il n'est pas un cas isolé : en France, on estime qu'environ 450.000 enfants sont énurétiques (15 % des enfants de 5 ans, 8 à 10 % des enfants de 8 ans, et 2 à 3 % des adolescents). Et que cette étape demeure transitoire : "Exactement comme le fait de sucer son pouce ou d’avoir toujours mal au ventre" conclut le psychologue.

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