Nos voisins sont "nos nouveaux meilleurs amis" et c'est leur fête ce vendredi

Nos voisins sont "nos nouveaux meilleurs amis" et c'est leur fête ce vendredi
Famille

FESTIVITES - Coronavirus oblige, la Fête des voisins ne se déroulera pas tout à fait comme les années précédentes. C'est sur les balcons et aux fenêtres que les habitants d'un même immeuble ou d'un même quartier sont invités à se réunir ce vendredi.

"Faire d'une contrainte un atout". Cette année, il n'y aura pas une mais deux "Fêtes des voisins" ! Premier rendez-vous, ce vendredi 29 mai, pour une édition un peu particulière liée à la crise sanitaire. "L'idée c'est de venir sur les balcons et aux fenêtres à 20 heures pour applaudir les soignants, et dans la foulée de sortir une bonne bouteille et de trinquer, de partager, d'échanger", indique à LCI Atanase Périfan, le créateur de l'événement.

Deuxième round le 18 septembre, dans sa version traditionnelle, qui sera rebaptisée "la Fête des voisins solidaires", pour célébrer les millions de Français qui ont été généreux entre eux durant les deux mois de confinement. "On veut les mettre à l'honneur. On voudrait que ce soit un grand rendez-vous de retrouvailles", précise-t-il.

Inventer une nouvelle fête

Il faut dire que pour Atanase Périfan, annuler cette édition 2020, il n'en était pas question. Pas après avoir dépensé tant d'énergie depuis 20 ans pour instaurer ce moment festif suivi chaque année par 10 millions de personnes en France. "Je pense que l'enthousiasme est une maladie contagieuse, mais je n'ai aucun mérite, c'est juste que j'aime les gens", dit-il. Alors plutôt deux fois qu'une, il fallait à tout prix que toutes les personnes qui avaient croisé le regard de leurs voisins aux fenêtres durant le confinement, esquissant dans les bons jours un sourire, puissent se rencontrer tout en respectant les normes sanitaires.

"Sachant que les personnes âgées, encore secouées par cette crise, n'avaient pas forcément envie de se retrouver dans les halls d'immeuble, la seule solution, c'était une nouvelle fois les balcons, ou un petit coin de pelouse quand c'est possible", explique-t-il. Et après aux habitants d'inventer une nouvelle fête ! "Ils n'ont pas manqué d'ingéniosité alors je leur fais confiance, lance-t-il. Pourquoi ne pas faire descendre, par exemple, du 5ème étage au rez-de-chaussée, un panier avec une tarte ou un gâteau que l'on aurait en temps normal déposés sur une table, et demander à chaque voisin de se servir ? Ces derniers pourraient en retour y déposer une bouteille, ou d'autres victuailles".

Avec le confinement, le voisin est devenu l'élément majeur de notre environnement quotidien.- Atanase Périfan

Car le fondateur de ces apéritifs géants en est convaincu, quelque chose est né durant le confinement. "Ce coronavirus a été une saleté avec près de 30.000 drames humains, mais il aura aussi heureusement eu une conséquence positive, c'est qu'on s'est mis à regarder différemment ses voisins", dit-il, reconnaissant que "c'est la première fois dans l'histoire de l'humanité que l'on a vidé nos écoles, nos entreprises, nos cafés, nos restaurants pour se retrouver concentré sur notre habitation". "C'est devenu le lieu de vie principale, et par la même occasion, le voisin est devenu l'élément majeur de notre environnement quotidien", analyse-t-il. 

Cerise sur le gâteau, les gens ont découvert qu'ils pouvaient être utiles aux autres. Et Atanase Périfan de se remémorer, encore touché, la chasse aux oeufs de Pâques, version confinée, qu'il a décidé de mettre en place en avril. "On l'a organisé dans les cours d'immeuble car c'était trop compliqué dans un appartement. Chaque famille est ainsi descendu à tour de rôle, à des horaires différents. Et ce qui s'est passé a été super : les habitants étaient aux fenêtres et quand un enfant ne trouvait pas les oeufs, les voisins étaient là pour lui indiquer la bonne direction. Et quand il les découvrait, tous applaudissaient. C'était que du bonheur", raconte-t-il. 

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La chasse aux œufs de Pâques s'adapte aussi au confinement

Et l'entraide ne s'est pas arrêtée là. Avec les ministres Jacqueline Gourault et Gabriel Attal, l'opération "Et si on s'organisait entre voisins ?" a vu le jour en plein coeur de la crise. "Le principe était simple : après avoir téléchargé sur le site Voisins solidaires une affiche à coller dans le hall de l'immeuble, chacun pouvait y inscrire ce dont il avait besoin. Comment aider par exemple la dame âgée du troisième étage qui ne peut plus sortir faire ses courses ? 2.000 mairies ont relayé cette opération et au final des centaines de milliers de Français se sont montrés solidaires".

Prolonger l'élan de générosité

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Aujourd'hui Atanase Périfan veut aller encore plus loin et prolonger ce vaste élan de générosité. "Bien sûr certains diront qu'on est de moins en moins nombreux aux fenêtres à 20h, ce n'est pas faux, car une fois qu'on a dit merci aux soignants, quel sens on donne à tout ça ?", s'interroge-t-il. D'où l'envie de proposer aux gens de devenir acteur d'un projet. "Le meilleur médicament contre la sinistrose dans notre pays c'est cette solidarité de proximité, c'est le lien, c'est la relation à l'autre. Ca ne coûte rien et ça fait du bien à tout le monde". 

Pour ce faire, un outil tout simple va être mis à disposition dans les prochains jours sur le site "Voisins solidaires", il s'agit de "l'heure civique". Chaque Français pourra donner une heure de son temps par mois pour une action de voisinage. "On se prépare à lever une armée de bonnes volontés, qui n'ont pas envie de s'engager dans la durée, qui n'ont pas envie de contraintes, mais qui veulent se rendre utile. Ainsi, on va mettre en ligne une sorte de boîte à idées avec plein d'actions de convivialité (aider une personne âgée, nettoyer une rue...) et  chacun choisira ce qu'il veut faire", explique Atanase Périfan. Et de conclure : "On connaît tous désormais les symptômes du Covid-19. Ce qu'on découvre aujourd'hui c'est que sur la nature humaine, ce virus a eu comme effet d'ouvrir le coeur des gens".

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