"Nous avons décidé de faire un enfant sur fond de fin du monde" : l'émouvante lettre d'une maman "éco-anxieuse" à son bébé

Famille

URGENCE - Faire un enfant alors que la planète subit les affres du réchauffement climatique, comment lutter contre ce dilemme ? Dans une lettre touchante publiée sur Facebook, et relayée par la presse canadienne, une jeune maman québecoise explique "sa décision douloureuse" à son fils d’un an.

"Léon, l’avenir m’inquiète, et le présent me révolte. Mais je ne regrette pas de t’avoir mis au monde". Geneviève Dorval dit faire partie de ce que l'on appelle les "éco-anxieux". Un trouble de plus en plus répandu, surtout chez les jeunes, qui se caractérise par une anxiété envahissante (insomnie, crises de larmes, émotions à fleur de peau, difficulté à penser à quoi que ce soit d’autre qu’un avenir sombre...) face à l'état de la planète. Pour autant, cette jeune Québécoise de 32 ans a décidé de devenir maman. C'était il y a un an :  Léon est né le 1er août 2018. À peu près au même moment, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) publiait un nouveau rapport alarmant. "C’est à ce moment que l’ampleur et l’imminence de la catastrophe me sont apparues pour la première fois", avoue la jeune mère.

Alors pour expliquer "sa décision douloureuse, pas entièrement éclairée et totalement biaisée par son envie profonde d’avoir un enfant", cette anthropologue de formation a décidé de publier sur Facebook une lettre ouverte à son fils en forme de serment, relayée par la presse canadienne. "Mon Léon d'amour... Nous avons décidé de faire un enfant sur fond de fin du monde (...). Pour tout te dire, nous ne réalisions pas la gravité de la situation quand j’étais enceinte de toi. Nous étions évidemment conscients des changements climatiques, mais ça semblait encore une réalité assez lointaine. Ce serait peut-être pour le prochain siècle. Nous aurions le temps de changer notre mode de vie, de trouver des solutions, d’élever la prochaine génération dans un rapport au monde plus sain que celui qui nous a été inculqué. J’aimerais dire que nous ne savions pas, mais en fait nous étions aussi beaucoup dans le déni", lui écrit-elle.

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Dans cette lettre que la jeune maman donnera à son fils "quand il aura l'âge de comprendre", Geneviève Dorval dépeint la dure réalité qui nous assaille : "J’ai appris qu’au cours de ma vie, la moitié de la vie sauvage sur terre a été éradiquée, et à ce jour, un million d’espèces sont au bord de l’extinction. 80% des forêts de la planète ont été rasées. Des records de température sont continuellement battus un peu partout dans le monde, et des feux de forêt sans précédents font rage. Les glaciers fondent à vue d’œil, menaçant de faire monter le niveau des océans. Les émissions de gaz à effet de serre continuent d’augmenter en flèche", égrène-t-elle.

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"Comment en sommes-nous arrivés là ?", s'interroge-t-elle, avant de lui promettre de poursuivre ses efforts pour réduire son impact sur l'environnement. "Je vais poursuivre les choix quotidiens visant à réduire l’impact de notre famille, bien que je reconnaisse que les actions individuelles ne suffisent pas et n’ont jamais suffi. Je m’engage à ne jamais te cacher la réalité, et te donner l’éducation et les outils nécessaires pour que tu uses de tes privilèges sagement, que tu sois débrouillard, critique, responsable et guidé par la compassion. Je vais résister de mon mieux à la destruction du monde par la désobéissance civile. Et finalement, je me fais la promesse d’être pour toi le meilleur exemple possible de courage, d’activisme, de foi en l’humanité et de respect pour l’ensemble du vivant. Avec amour et rage, Ta maman", conclut-elle.

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