"Pour la première fois, il n'y aura pas de Noël chez moi par manque de moyens"

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La colère des Gilets jaunes

TÉMOIGNAGES - Alors que la fronde des Gilets jaunes se poursuit, vous serez nombreux cette année à ne pas pouvoir fêter Noël, faute de moyens. Et que dire quand il n'est même plus possible d'offrir un cadeau à ses enfants ? Vous avez été nombreux à nous livrer votre témoignage sur la page Facebook de LCI. Edifiant...

Noël, sa course aux cadeaux et ses repas de famille interminables... STOP !  Cette année, l'humeur n'est pas à la fête. La fièvre des grands magasins a laissé place à l'amertume car il n'y a plus rien à célébrer. "Alors c'est très simple, on est le 5 décembre, mon frigo est complètement vide, j'ai payé mon loyer et les factures, il me reste 117 euros pour finir le mois.  Alors le soir de Noël, ce sera une soupe et au lit, comme l'année dernière", explique sur la page Facebook de LCI Jean, un habitant de Poitou-Charentes.

Un témoignage, parmi les dizaines d'autres que nous avons reçus, et qui en dit long sur le malaise qui étreint bon nombre de familles. A l'image du mouvement des Gilets jaunes, né au départ pour dénoncer la hausse des carburants, mais qui exprime désormais une colère sociale beaucoup plus large. Alors qu'une étude Kantar TNS pour eBay dévoile que les Français  dépenseront pour Noël en moyenne 246 € - un chiffre en baisse par rapport à l'année dernière (261 €) - et offriront 9 cadeaux, que dire à ceux qui ne pourront même pas déposer sous le sapin un jouet pour leurs enfants ? Que le Père Noël subit lui aussi la crise ?

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Pour offrir un Noël à nos gosses, on fait un crédit à la consommation qu’on paye le reste de l’année.- Céline, une habitante d'Ajaccio

Murielle, originaire de Brignoles, témoigne ainsi : "Pour la première année, il n'y aura pas de Noël chez moi par manque de moyens et mon fils est triste de cette situation. Moi aussi de le voir comme ça." Et alors qu'un internaute lui conseille de faire quand même "un petit quelque chose s'il est triste, de lui acheter un jouet pas trop cher et de le payer en plusieurs fois", cette dernière lui répond, écœurée : "A peine la paye tombée, avec le loyer et les factures à payer, je suis déjà dans le rouge. On a déjà du mal à manger deux repas par jour, alors si je pouvais, croyez-moi je ferais en sorte que mon fils ait quelque chose pour Noël !"

Martine, qui habite Paris, explique de son côté : "Pas compliqué, pas de cadeau pour Noël... Comme les autres mois, on est dans le rouge le 20... On ira à l'église le 24 au soir, puis... Rien..." Ou encore Patricia qui se demande : "Comment expliquer à un enfant de 3 ans qui a fait sa lettre au père Noël qu il ne pourra pas avoir tout ça ?" Mais pour certains cette idée, trop inconcevable, les pousse à trouver coûte que coûte des solutions, comme Céline, une habitante d'Ajaccio : "Pour offrir un Noël à nos gosses, on fait un crédit à la consommation qu’on paye le reste de l’année... sans ça ils n’auraient rien". Ou Cécile, une Nantaise, qui cumule plusieurs boulots depuis 6 mois : "Je suis à bout, fatiguée, mais pour rien au monde j'enlèverai Noël à mes filles. Cette année encore elles auront des étoiles pleins les yeux". 

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Ce Noël va-t-il aussi perdre son caractère chaleureux et familial ? Cela se pourrait bien, à lire tous les témoignages reçus sur notre page Facebook. Ainsi, dans les Alpes-Maritimes, Sylvie n'y croît plus du tout : "Une fois que tout sera payé, je n'ai rien à mettre sous le sapin pour mes proches. Même le sapin est mort depuis le temps qu'on le traîne. Alors Noël et sa magie pour moi ça sera au boulot". Même son de cloche pour Myriam : "Elle est où la magie de Noël quand il n'y a plus d'argent ?", interroge-t-elle.

"J'ai 5 enfants, mon budget Noël, habituellement de 100 € par enfant, sera de 70 € cette année, et les repas de fêtes seront limités. Le 24, je ne ferais qu'un apéro dînatoire. Il en sera de même pour la fin d'année", avance quant à elle Christelle. Passant en revue ses soucis, Eloïse explique : "Nous vivons avec 1230€ pour 3, nous sommes déjà dans le rouge le 5 de ce mois. Nous venons de recevoir la taxe d’habitation, résultat, nous ne savons pas comment offrir son premier Noël à notre bébé de 6 mois. Nous n’avons même pas fini de payer toutes les charges mensuelles obligatoires". 

De son côté, Josselin avance : "Ma femme et moi avons tous les deux un CDI mais quand tout est prélevé (crédit, assurance, nounou, charges...) il ne reste pas grand chose. Du coup on fait juste un petit cadeau pour notre fille, mais pour ma femme et moi, c'est fini. Pareil pour mes  frères et soeurs et mes parents ! Et pour le soir de Noël, tout le monde participe au repas pour que ça revienne moins cher". Et de conclure, fataliste : "Mais je relativise en me disant qu'il y a pire que moi. Voilà, merci de m'avoir lu". 

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