Cartable, valise à roulettes, sac à dos... Quel modèle est le mieux adapté au dos de votre enfant ?

Cartable, valise à roulettes, sac à dos... Quel modèle est le mieux adapté au dos de votre enfant ?
Famille

PRÉVENTION - A l'approche de la rentrée scolaire, c'est la course aux derniers achats de fournitures. Parmi eux, il y a le choix - ô combien crucial - du sac, sauf qu'on ne sait pas toujours quel format choisir. Un cartable, une valise à roulettes, ou un sac à dos ? Peu importe, répondent les ostéopathes. L'essentiel, c'est le poids.

Tous les professionnels de santé s'accordent à dire qu'un cartable ne devrait pas excéder 10% du poids d'un enfant. Soit, en moyenne, 3,4 kg pour un élève de 11 ans et 4,4 kg pour un élève de 13 ans. Sauf qu'en France, on dépasse largement cette recommandation. "En moyenne, un cartable d’élève de sixième pèse 7 à 11 kg !",  explique Claire Bouard, ostéopathe à Gargenville et membre des Ostéopathes de France. "C’est comme si on demandait à un adulte de porter deux packs d’eau tous les jours", compare la spécialiste.

Pour Rodrigo Arenas, co-président de la FCPE, "les enseignants doivent avoir conscience de cela quand ils dressent leurs listes de matériel scolaire. Il faut impérativement qu'elles soient adaptées au poids des enfants, martèle-t-il. Car au final, les séquelles dorsales s’avèrent dramatiques et la liste des maux se conjugue au pluriel : "chez les jeunes, ce sont principalement les cervicales, le dos et les épaules qui sont concernés car un sac trop lourd provoque un fléchissement vers l’avant combiné à un étirement du cou. Les muscles et ligaments forcent pour garder le dos droit et deviennent sensibles. Les hanches et les lombaires souffrent également d’une mauvaise posture et celle-ci peut causer un changement dans la démarche, suscitant quant à lui des douleurs aux genoux", détaille l'ostéopathe. 

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La FCPE recommande aux parents d’échanger avec les équipes éducatives afin de trouver des solutions pour alléger le poids des cartables. "Il faut faire en sorte que ce ne soit pas le matériel qui se déplace sur le dos des élèves. Donc ça veut dire avoir les livres à la maison et à l'école. C'est aussi permettre, à chaque fois que c'est possible, que ce soit les enseignants qui se déplacent dans les classes et non les élèves. On peut aussi autoriser d'avoir un livre pour deux, et faire le choix de plusieurs cahiers avec moins de pages qu’un seul très volumineux pour toute l’année, alors qu'on sait que les élèves n'en ont pas l'usage tous les jours, détaille Rodrigo Arenas. 

Quel modèle de sac choisir ?

Le cartable mieux adapté que le sac à dos

Pour Claire Bouard, "l’idéal est un sac simple, léger, centré et qui ne contient que des choses utiles". Vaut-il mieux un cartable ou un sac à dos ? Les deux conviennent "s’ils sont bien portés !", répond la spécialiste. "Si on est plutôt sac à dos, il vaut mieux en choisir un destiné aux enfants, car les lanières sont adaptées à leur taille et le matériau de fabrication est plus léger", explique-t-elle. Mais le cartable permet de répartir le poids des cahiers en les positionnant à l’horizontale. Il peut également être plus adapté à un enfant car il est porté plus haut : "cela garantit une meilleure posture pour les enfants étant tout juste sur la courbe de croissance ou en-dessous", précise Claire Bouard. 

Des valises à roulettes très mal pensées

Les sacs à roulettes, quant à eux, sont une fausse bonne idée ! "Heureusement, ils ne sont plus à la mode", se réjouit l’ostéopathe : porté toujours avec le même bras, ils entraînent une rotation du corps et créent un déséquilibre. Il faut aussi réfléchir en terme d'urbanité et la valise à roulettes n'est pas adaptée au chemin de l'école. "On en est bien loin, fustige Rodrigo Arenas. Parce que la plupart du temps, les dites roulettes ne roulent pas sur le sol. Quand on pense aux grandes villes, ça peut encore aller, mais dès que vous allez à la campagne, vous devez parfois passer par des chemins boueux, par des terrains où il y a du gravier, et là ce matériel ne convient plus du tout. Donc, in fine, les élèves le portent ! De plus, ces cartables sont très mal pensés. Ainsi les protections en mousse qui sont censées protéger les tiges métalliques s'abîment au fur et à mesure de l'année. Résultat, au bout d'un certain temps, ces tiges qui sont en contact avec le dos des enfants font très mal", poursuit-il.

Le sac à main, néfaste pour le dos

Autre risque pour les plus grands : au lycée, "les sacs à main sont néfastes pour les jeunes filles", s’alarme l’ostéopathe. "Ils sont portés avec un seul bras, tout est décentré, le corps travaille davantage pour compenser, et à cela s’ajoute la poitrine et le reste du corps qui se transforment et font travailler le dos. Mais il faut faire avec les modes et s’adapter aux besoins de son ado, nuance Claire Bouard, avant de préciser : "choisir un bon sac est utile, mais le plus important, c’est le poids !". Donc, si votre enfant insiste pour faire comme les copines, on choisit un sac à compartiments plutôt qu'un grand fourre-tout car il permet de répartir correctement le poids du contenu". 

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Comment porter son sac ? Les conseils des ostéopathes

"Le sac doit rester près du corps et être le moins espacé possible du dos, explique Claire Bouard. Idéalement, il doit faire la hauteur du torse et s’arrêter cinq centimètres au-dessus du bassin. Par ailleurs, pour que le haut du dos ne soit pas trop sollicitées, il est impératif de porter son sac sur les deux épaules pour éviter de diriger la pression sur un seul côté et de créer ainsi un déséquilibre. Enfin, organiser convenablement son sac est également utile pour prévenir les douleurs : tout ce qui est lourd doit être placé au plus près du dos".

 "Le collège est le moment crucial, souligne par ailleurs l'ostéopathe, car à partir du lycée les sacs s’allègent. Il est donc important que les parents assurent une mission de prévention pour la posture du jeune". Une autre piste est de solliciter davantage les infirmières et les médecins scolaires, mais aussi les professeurs d’éducation physique, qui peuvent jouer un rôle crucial en transmettant aux enfants les bonnes habitudes de redressement postural. 

La tendance "feignante" : les tablettes numériques

Passer au tout numérique, voilà bien une autre recette miracle qui fait florès aujourd'hui dans les écoles pour alléger le poids des cartables. Une tendance "feignante" pour Rodrigo Arenas, qui met en avant ses limites. "C'est plus facile de distribuer des tablettes que de doubler les livres, puisque les programmes changent régulièrement. Sauf qu'on prend le problème à l'envers, le choix de l'outil dépendant grandement de l'enseignant. Certains miseront sur l'outil numérique car ils seront plus à l'aise pour le manier, quand les plus réfractaires - et ils sont nombreux - garderont coûte que coûte le papier. Résultat, on sait que certaines écoles sont équipées de tableaux numériques et que les enseignants ne les utilisent pas, parce qu'il y a un problème de formation ou de résistance face à cet outil."

"Il y a aussi cette idée que si les gamins vont sur le numérique, ils vont arrêter de lire. Or, on sait aujourd'hui, les études le disent, que les enfants ne lisent pas moins parce qu'ils utilisent le numérique. Donc il y a une confusion entre l'équipement et l'usage, reconnaît le responsable de la FCPE. Ensuite, il y a aussi une question budgétaire. En fonction de la richesse des collectivités territoriales, les taux d'équipement des établissements seront plus ou moins bien adaptés et modernes".

Le casier, un problème culturel ?

Et pourquoi ne pas mettre des casiers à disposition des élèves, comme cela se fait dans les pays anglo-saxons ? "Ça existe déjà, mais cela n'est pas très développé car ce n'est pas dans notre culture, affirme Rodrigo Arenas. On a toujours peur de se faire voler ses affaires, donc c'est difficile d'aller vers ce genre de système, qui nécessite de mettre en commun l'espace. Cela est dû aussi au manque d'effectifs dans les établissements. Car on sait que plus la présence d'adultes est importante, plus ça rassure, et plus on peut mettre en place ce type d'outils". 

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