Les clefs pour réussir l'adaptation en crèche de votre enfant

Famille

SÉPARATION - Fin du congé maternité ou reprise du travail, l'heure est venue de mettre son enfant à la crèche. Pour que cette étape se passe au mieux, l’adaptation est un moment essentiel pour le bébé comme pour les parents. Afin de ne pas commettre d'impair, on a interrogé Gaëlle Converset, responsable de crèches chez Babilou. Elle nous livre ses secrets...

Vous avez réussi à décrocher une place en crèche ? Super ! Mais une inquiétude commence à vous envahir : votre bout'chou va-t-il se faire à sa nouvelle vie en collectivité ? Et vous, allez-vous supporter la séparation ? Heureusement, pour que cette étape se passe au mieux, il y a la fameuse période d'adaptation, plus ou moins longue selon les cas.

"Et ce moment n'a rien de superflu", nous confie Gaëlle Converset, responsable de crèches chez Babilou. "Cette transition, qui doit se faire progressivement, permet à chacun - le bébé, bien sûr, mais aussi ses parents - de s'habituer à ce nouvel environnement, ainsi qu'aux personnes qui vont prendre le relais". D'où l'importance de ne pas la rater. Voici donc les clefs pour ne pas commettre d'impair.

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Le jour J approche, il est temps pour les parents de s'organiser. Enfin, aux mères plutôt. Les crèches accueillant les bébés à partir de 10 semaines, ce sont encore elles en majorité qui s'y collent, puisque cela correspond à la fin de leur congé maternité.  "Mais les choses sont en train d'évoluer", prévient Gaëlle Converset. "Notamment quand les mamans ont repris leur travail ou qu'il y a déjà eu un mode de garde, on voit de plus en plus de pères prendre des congés pour passer du temps à la crèche. Ça s'équilibre donc de plus en plus et c'est tant mieux". 

L'adaptation ne se réduit pas à un planning

Première question qui taraude les parents : combien de temps va-t-il falloir consacrer à la période d'adaptation ? Chaque établissement a son propre mode de fonctionnement, mais généralement, cela se fait sur une ou deux semaines, avec des journées de garde sans les parents qui se rallongent de jour en jour (de 1h la première journée à une matinée entière à la fin de la première semaine). Toutefois, chez Babilou, "rien n'est figé, souligne notre responsable. D'ailleurs, au sein du groupe, on parle plutôt de période de familiarisation. Ce n’est pas un temps où l’enfant s’adapte à la crèche, c’est plutôt un temps de rencontre entre le professionnel, le bébé et ses parents, pour se connaître les uns les autres. Cela peut donc durer deux jours comme quinze, c'est vraiment à la carte". 

Du coup, "pas question de s'imposer un planning sur une semaine si on sait qu'on ne pourra pas être disponible à 100% ; cela vous évitera de devoir jouer les équilibristes entre la crèche et vos impératifs professionnels, poursuit Gaëlle Converset. Ainsi, j'ai déjà vu un papa arriver avec son ordinateur sous le bras, complètement angoissé, en nous disant qu'il allait devoir travailler tout en gardant un œil sur son bébé. Dans ces cas-là, aucune chance que l'enfant fasse le lien avec son nouveau lieu d'accueil. En revanche, si certaines familles demandent un calendrier précis parce que ça les rassure, pas de problème", dit-elle. 

C'est votre bébé qui donne le tempo

Seul cadre fixe, le premier rendez-vous avec la référente. C'est LA personne qui va s'occuper de manière privilégiée de votre enfant et c'est avec elle que vous serez en relation le matin et le soir. "Du coup, n’hésitez pas à lui transmettre les petites habitudes de votre bébé : ses horaires de sieste, sa position préférée pour dormir, ses goûts alimentaires, ses jeux préférés..., précise Gaëlle Converset. Cela vous rassurera de donner quelques clefs pour que l’on s’occupe au mieux de votre enfant. De plus, cet échange permet de créer une relation de confiance". 

Pour ce faire, on n'arrive pas à la crèche dans la précipitation : "Je conseille plutôt de parler quelques jours avant avec son enfant de ce moment à venir. De le familiariser, par exemple, avec le prénom de la personne qui va s'occuper de lui. C'est aussi en ayant cette conversation avec son bébé  que le parent va faire son cheminement. La séparation se fait dans les deux sens", explique-t-elle. 

Ne vous infligez pas une séparation trop rapide

Mais au-delà du rythme de l'enfant, il y a aussi celui des parents. Et la séparation se vit aussi difficilement de leur côté. "Premier conseil, écoutez-vous. Si ce temps de familiarisation est un temps de plaisir et que vous voulez le prolonger au maximum, pas de souci. La séparation interviendra de toute façon quand vous reprendrez votre travail, souligne Gaëlle Converset. En attendant, imprégnez-vous au maximum du mode de fonctionnement de la crèche, ça rassure beaucoup. Cela vous montre aussi comment on va s'occuper de votre enfant. Et cette confiance, vous allez la lui transmettre, ce qui va l'aider à anticiper le moment fatidique".

Par ailleurs, "profitez de cette période de transition pour préparer avec soin les affaires qui l'accompagneront. Par exemple, l'enfant a-t-il un doudou, cet objet transitionnel si important pour lui ? Si ce n'est pas encore le cas, on conseille aux parents d'utiliser un lange qu'on va pouvoir laisser à l'enfant, cela facilitera la séparation. Parfois, certaines mamans décident même de dormir avec, quelques jours avant, pour qu'il s'imprègne de leur odeur !", se rappelle notre professionnelle.

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Ne partez pas en catimini

Le premier jour de crèche, tant redouté, est arrivé, il est temps de se séparer. Premier conseil, "il ne s'agit pas juste de déposer son bébé et de s'en aller. Ce moment doit être une vraie prise de relais. On va donc d'abord se mettre à la hauteur de son enfant en s'asseyant à côté de lui car quand on reste debout, on a tendance à se déplacer et cela crée beaucoup d'agitation et de tension, ce qui risque de générer des pleurs. On ne répond pas non plus à son téléphone et si possible on coupe la sonnerie", insiste Gaëlle Converset. 

" Ensuite, on conseille aux parents de parler avec leur enfant. Expliquez-lui que vous allez devoir le confier à la crèche, et que sa référente va bien s'occuper de lui. Rien qu’à l’intonation – joyeuse et rassurante de préférence - il vous comprendra. Seulement après, on demande au parent de lui dire 'au revoir'. Beaucoup de familles pensent qu'il faut fuir sans se retourner mais c'est une bêtise. Cet 'au revoir' est très important et il doit se répéter durant les premiers jours. Résultat, on ne cale pas ces matins-là une réunion à 8h30 !", prévient notre responsable.

Enfin, ne soyez pas inquiet si votre enfant pleure quand vous le quittez, cela ne veut pas dire que la période d'adaptation n'a pas marché. C'est juste que votre enfant exprime son désaccord. Il n'a pas envie que son parent parte, et c'est normal, puisque c'est la personne qu'il aime le plus", conclut-elle.

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