Un mannequin part en guerre contre les faux ventres de grossesse dans les campagnes de pub

Famille

POUR DE FAUX - Toutes les femmes enceintes ont eu un jour envie de ressembler aux mannequins que l’on présente dans les magazines de grossesse. Sauf que parfois la version sur papier glacé est bien loin de la réalité : certaines marques n'hésitant pas à utiliser de faux ventres dans leur campagne de pub. Un diktat dénoncé par Louise Boyce, une jeune mannequin britannique.

Un jolie ventre rond et rien qui dépasse autour : voilà bien souvent l'image alléchante qui trône dans les magazines de grossesse. Le hic ? Bien souvent, les mannequins photographiés n'ont jamais été enceintes ! Elles ne sont pas sujettes aux kilos pris, aux sautes d'humeur, à la fatigue et aux fluctuations hormonales. Louise Boyce, si.

Cette jeune mannequin britannique, enceinte de son troisième enfant, a décidé de militer pour que les marques cessent d'utiliser des ventres artificiels dans leur campagne publicitaire. "J'ai vu des femmes qui prétendent avoir envisagé de suivre un régime et traverser une dépression à cause de leurs achats de maternité", dénonce-t-elle, lors d'un entretien pour la BBC.

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ASOS dans la tourmente

C'est une campagne lancée récemment par la marque de vêtements en ligne Asos qui a mis le feu aux poudres. Il faut dire que l'entreprise britannique a choisi une star de la télé-réalité outre-Manche, Arabella Chi, pour mettre en lumière ses vêtements de maternité. Et cette dernière n'attend évidemment aucun enfant. "Ce qui risque de culpabiliser les femmes et de les complexer", s'insurge Louise Boyce. Et de poursuivre : "Quand les femmes sont enceintes, il n'y a pas que le ventre qui s'arrondit : les hanches, les seins, les bras, le visage changent (...) Sauf qu'en matière de maternité, nous sommes coincées avec le modèle standard de taille 8 (l’équivalent britannique de la taille 36 française, ndlr)".

De son côté, la firme britannique tente de se défendre. "Nous utilisons des faux ventres de femmes enceintes afin de permettre aux clients de comparer plus facilement les produits", a-t-elle rétorqué, comme l’indique la BBC. Une explication qui ne satisfait pas Louise Boyce qui demandent à ces marques d'être plus honnêtes sur le fait de savoir si les mannequins de leurs campagnes sont enceintes ou non. Et pour mieux enfoncer le clou, la future maman a décidé de multiplier les poses sur Instagram, arborant fièrement son magnifique ventre rond.

"Une femme enceinte n'est pas assez bien ?"

A l'image de Louise Boyce, les internautes, et accessoirement les fans de la série Love Island dans laquelle joue l'égérie Asos, sont nombreux à avoir réagi sur les réseaux sociaux. Certains se posant la question suivante : "Alors Asos, dites-nous pourquoi une femme enceinte n'est pas assez bien ?" Quand d'autres, fatalistes, ont commenté : "Il est logique de comprendre pourquoi aucun de mes vêtements de maternité Asos ne m'allait bien". 

D'autres encore ont lancé : S'il vous plaît, embauchez des femmes enceintes pour modeler vos vêtements de maternité, plutôt que de coller un faux ventre sur des modèles minces. Si vos vêtements sont vraiment pour les femmes enceintes, montrez-nous qu'ils le sont. Simple". Enfin, une jeune femme a partagé une photo d'Arabella Chi, avec la légende suivante : "Etes-vous sûrs d'être proches de la réalité en utilisant des modèles non enceintes ?"

A chaque fois, Asos, a répondu sur Twitter avec le même argumentaire : "Les ventres de femmes enceintes changent chaque semaine, donc pour que vous puissiez comparer plus facilement nos produits, nous utilisons de faux ventres qui eux ne changent jamais de taille. L'entreprise britannique se targuant, par ailleurs, de s'assurer du bien-être de ses mannequins en ne voulant pas imposer à des modèles enceintes d'être debout toute la journée. Pas convaincus, les internautes ont continué à se moquer indiquant, par exemple que "ces faux ventres feraient plutôt de bons oreillers d'allaitement, voire un ballon d'accouchement. Ou même un repose pied !"

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