Et si cette méthode anglo-saxonne était la solution pour aider votre enfant à mieux (s'en)dormir ?

Et si cette méthode anglo-saxonne était la solution pour aider votre enfant à mieux (s'en)dormir ?
Famille

FAIS DODO - Si vous demandez à de jeunes parents ce qui les préoccupe le plus durant les premiers mois de leur bébé, ils vous répondront à coup sûr son sommeil. Comment faire pour qu'il fasse ses nuits ? Comment réagir à ses réveils nocturnes ? Autant de questions qui restent souvent sans réponse. Et si vous essayiez la méthode "Sleep Sense" ?

"Dormir comme un bébé", l'expression pourrait faire bondir plus d'un jeune parent. Car la réalité est souvent tout autre : entre les problèmes d'endormissement difficiles à gérer et les réveils nocturnes où l'enfant ne va pas réussir à se rendormir, une souffrance peut rapidement s'installer dans les familles. Certains parents n'ont alors qu'une seule phrase à la bouche : "Je n'en peux plus !"

C'est dans cet état, au bord de la crise de nerfs, qu'ils atterrissent dans le cabinet de Juliette Moudoullaud, spécialiste et coach du sommeil des bébés et des enfants jusqu'à l'âge de 10 ans, qui a créé le site Fée de Beaux Rêves. Cette jeune maman a été à bonne école avec sa deuxième fille, sujette aux nuits blanches à répétition, et c'est la solution anglo-saxonne "Sleep Sense" qui l'a sortie de ce mauvais pas : "En France, les pédiatres disent souvent 'laissez-le pleurer' ou bien 'c’est pas grave, ça va passer', ou encore 'dormez avec l’enfant'. Mais comment fait-on quand on n'a pas envie d’utiliser ces méthodes ?", dit-elle à LCI à l'occasion d'une table ronde sur le sommeil et l'enfant organisée à l'occasion du salon Esprit Sommeil. 

Formée à son tour au programme "Sleep Sense", elle accompagne désormais les parents déboussolés, "car leur sommeil est aussi important que celui de leurs enfants". Mais attention, qu'on ne s'y méprenne pas, "ce n'est pas un truc magique, c'est plus une histoire de bon sens, prévient-elle. C'est juste une feuille de route, notamment parce que la solution ne sera pas la même pour un enfant de 4 ans et un bébé de trois mois". Voici, dans les grandes lignes, le mode d'emploi...

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Pour les bébés

• Premier principe, il faut mettre en place un rituel du coucher - histoires, chansons, séance d'hygiène (pas forcément un bain, cela peut être juste une douche ou une petite toilette), massages ou exercices de respiration -, car le point de départ, c'est de favoriser l'endormissement. "Un enfant qui sait s'endormir le soir seul, c'est aussi un enfant qui va pouvoir se rendormir la nuit, souligne Juliette Moudoullaud. Pour ce faire, il faut lui donner la possibilité d’apprendre à s’endormir de manière indépendante, dans son lit, sans s’appuyer sur une aide extérieure comme le sein de sa maman, ses bras, ou encore le mouvement de la poussette. Sinon, quand il va se réveiller la nuit et que cette aide extérieure ne sera pas disponible, il sera incapable de se rendormir par lui-même et va se mettre à pleurer (et si l'enfant a une tétine, ne pas hésiter à en mettre plusieurs dans son lit pour qu'il la retrouve à coup sûr quand il la perd).

• Pour être efficace, ce rituel ne doit pas être trop court, "d'une durée d'au moins 20 à 30 minutes", précise la coach. "Par ailleurs, la régularité est importante. Il faut  coucher l'enfant tôt, toujours à la même heure, afin qu'il trouve la possibilité de s'endormir par lui-même. Il est aussi important que le rythme de sieste soit bien calé. Avant 6 mois, c'est souvent chaotique, mais après la régularité s'installe", dit-elle.

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• "On fait ensuite attention à la lumière qui doit être plutôt douce et orangée", poursuit la jeune femme, qui préconise d'éviter la lumière électrique. Ainsi l'été on va fermer les volets pour donner une ambiance un peu tamisée. Exit aussi les veilleuses, surtout avant l'âge de deux ans, notamment celles qui diffusent une lumière bleue, car le bleu empêche la production de mélatonine qui favorise l'endormissement. "D'autant qu'un bébé n'a jamais peur du noir - comment cela se pourrait-il, lui qui sort du ventre de sa mère ? -, c'est plutôt une projection des parents", ironise-t-elle.

• "Enfin, il faut aider les bébés à faire la distinction entre le jour et la nuit. En principe avant l’âge de 5-6 semaines, c’est assez abstrait, car les cycles de sommeil 'jour' versus 'nuit' ont beaucoup de chance de se ressembler, souligne la spécialiste. Donc le jour, on ne minimise pas les bruits et on stimule bébé lors de sa phase d'éveil en lui parlant, par exemple. Au contraire la nuit, on opte pour un rythme plus calme, même s'il vous regarde avec ses grands yeux : on reste dans la pénombre, on ne parle presque pas ou tout bas, et on ne le stimule pas. Petit à petit, il va faire la différence".

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Pour les jeunes enfants

• A partir de 18 mois, il est maintenant temps de mettre en place des rituels plus évolués : brossage des dents, pipi... Tout en continuant à appliquer les conseils énoncés précédemment. Par ailleurs, on peut s'aider d'un compagnon sécurisant : le doudou, souvent représenté par une peluche. "C'est l'objet transitionnel par excellence, idéal pour aider l'enfant à se rendormir, confirme notre spécialiste. Mon conseil, c'est d'en choisir un et un seul, car bien souvent les parents en recouvrent le lit, ce qui est plus une stimulation pour l'enfant. Ensuite, il faut lui donner vie pour aider son bambin à bâtir une relation. En effet, poser une peluche dans le lit en se disant que la magie va opérer, c'est un peu utopique. Il faut par exemple que la peluche participe aux rituels du coucher ; elle peut se débarbouiller, lire une histoire.."

• Vers 4/5 ans, l'âge où l'enfant commence à avoir conscience de son corps, on peut désormais lui enseigner par le jeu quelques exercices de sophrologie. "Pour pouvoir s'endormir, il faut se relâcher et on a un super outil pour ça, notre corps, avance Amélie Duprez, sophrologue et fondatrice de l'application Be Yourself,  toujours lors de la table ronde sur le sommeil et l'enfant. Pour cela, un exercice marche très bien : il s'agit de prendre une profonde inspiration, de retenir sa respiration et de tendre son corps en contractant tous ses muscles. Avec les enfants, on va par exemple leur dire de faire la statue, et s'amuser à savoir qui va tenir le plus longtemps. Dès qu'on a besoin de respirer, on souffle l'air par la bouche. Et on se relâche. On fait ça 3, 4 ou 5 fois, et vous allez voir que votre enfant va commencer à bailler, il n'aura pas le choix. Parce que tension +  tension = détente", explique-t-elle.

• Ensuite, pour les enfants allant à l'école, attention à la sur-stimulation. "Par les écrans d'abord, qui créent une hyper-vigilance, ce qui met le corps en tension. Mais aussi par toutes sortes d'activités : l'école leur demande d'être assis pendant sept heures d'affilée, après il y a le cours de danse ou le judo, puis les devoirs, ensuite il faut manger à table... A aucun moment ils n'ont la possibilité de décharger les tensions accumulées au quotidien, indique Juliette Moudoullaud. Et lorsque l'enfant a emmagasiné beaucoup d'activités dans la journée, qu'il a appris beaucoup de choses, il peut faire des cauchemars, une des causes des réveils nocturnes. Il suffit donc de lever le pied. Et de rassurer l'enfant. On n'invente pas par exemple un 'spray anti-monstre', comme je l'ai déjà entendu de la part de certains parents. Je suis plutôt d'avis de dire que les monstres n'existent pas".

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• Côté pratique, un exercice de sophrologie est très utile pour calmer les tensions : "On s'allonge à côté de son enfant et chacun met une peluche sur son ventre. On inspire en gonflant le ventre, du coup la peluche monte. Puis on souffle par la bouche (= relâchement musculaire) sur la peluche. On peut faire ça pendant 5 minutes et vous verrez, ça marche !", conclut Amélie Duprez.

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